Elles sont intervenues lors de la dernière édition du TedX Saclay : portraits et retour en vidéo

Par Léa Rémaud, Anaïs Vergnolle, Olivier Kahn / Publié le 5 février 2018

Le 30 novembre 2017, trois membres de la communauté Paris-Sud faisaient partie des intervenants d’exception invités à participer à la 3ème édition de TedX Saclay centrée sur le thème “Au Service du Vivant”. A l’occasion de la publication des vidéos de leurs interventions, nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir leur portrait.

Blockchain et santé - Portrait d’Anca Petré

Une étudiante très curieuse…

Anca Petre est une étudiante en 5ème année industrie à la Faculté de Pharmacie de Châtenay-Malabry, Université Paris-Sud. Après le concours de la PACES, Anca choisi la filière pharmacie. Elle commence alors à se renseigner sur toutes les opportunités qu’offre cette filière, c’est ainsi qu’elle développe un fort intérêt pour les nouvelles technologies. En effet, charmée par le concept des Hackathons  qui abordent le thème de la santé connectée, elle décide de participer à celui organisé par la startup Weekend à l’Institut Imagine. Elle renouvelle l’expérience à Strasbourg lors de laquelle elle assiste à une présentation d’IBM au sujet de la « blockchain ».

Vous avez dit blockchain ?

En faisant le lien entre blockchain et santé, Anca étudie une technologie qui permet de stocker tracer et gérer des données de manière très sécurisée.

Désireuse d’en apprendre toujours plus, Anca intègre un programme de management à l’INSEEC Business School et se spécialise en santé digitale dès le début de sa troisième année. Après un mois passé à Londres aux côtés d’un de ses professeurs expert en blockchain qui l’a mise sur la voie, elle revient en France avec un précieux conseil : « si tu enquêtes plus sur la question, dans six mois tu seras une superstar ».

Anca est aujourd’hui une influenceuse de référence sur la scène internationale dans ce domaine : elle donne des cours dans d’autres facultés de pharmacie (comme celle de Grenoble) et a participé à l’organisation de RespirHacktion, un Hackathon créé à l’initiative de Caroline Mascret, enseignante et directrice du Master Marketing Pharmaceutique au sein de la Faculté de Pharmacie de Paris-Sud.

Une motivation sans faille

Motivée par le désir de prendre part à la révolution numérique et à la construction du système de santé de demain, elle s’est d ‘abord beaucoup impliquée dans ses recherches, conférences et dans l’écriture. Il y a trois mois, elle a cofondé une société, 23 Consulting, qui travaille avec des acteurs de la santé pour leur expliquer les possibilités qu’offre la blockchain et développer des projets avec eux. Anca se lance désormais dans des projets de grande envergure et a déjà accompagné quelques entreprises vers la santé connectée.

Actuellement, elle travaille sur un projet de E-consentement pour les essais cliniques. En effet, aujourd’hui, il est difficile d’estimer les imprécisions au niveau du consentement des patients pour les essais cliniques et de s’assurer que toutes les informations leur ont été données. L’on constate une augmentation de la crainte d’aller participer à des essais cliniques. Grâce à la blockchain, Anca veut montrer que l’enregistrement du consentement du patient sera enregistré de façon plus sécurisée et fiable, l’objectif étant d’instaurer un réel rapport de confiance.

Le TEDxSaclay ? « C’est la cerise sur le gâteau »

Intimidée de participer à cet événement auprès d’autres orateurs comme Cédric Villani, elle espère pouvoir utiliser cette plateforme pour démocratiser la blockchain : « C’est comme un livre que l’on ouvre et qu’on ne peut plus refermer. C’est tellement intéressant, on ne se rend pas compte de toutes les possibilités. »

De part son jeune âge et sa détermination sans faille, Anca met à l’honneur l’image de la femme à la pointe de l’innovation. Par la suite, elle souhaite continuer à développer la société qu’elle a créée car elle « s’éclate dans ce qu’elle fait, c’est passionnant mais si c’est beaucoup de travail. »
Pour tous ceux qui souhaitent se lancer également dans leur propre aventure, Anca vous dira ce que les personnes de confiance qui travaillent avec elle lui ont toujours dit : « Si vous avez un projet, préparez-vous bien, faites le travail qu’il faut en amont et lancez-vous ! C’est une aventure passionnante. Parlez de vos projets autours de vous ! »

Notre étoile, le soleil - Portrait de Miho Janvier

Miho Janvier, jeune astronome et chercheuse à l’institut d’Astrophysique Spatiale (UPSud/CNRS), est spécialiste du Soleil, des tempêtes solaires et de leur influence sur les planètes environnantes. Intervenante au « TEDGlobal 2017 » en Tanzanie, elle a ensuite participé au « TEDxSaclay : Au service du vivant » le 30 novembre dernier. La vidéo de son intervention, ainsi que celles de tous les autres intervenants est disponible sur le site de l’événement.

Une vocation de longue date

Fascinée depuis toujours par le ciel et les étoiles, Miho Janvier voulait devenir à l’âge de 9 ans ufologue (chercheur d’OVNI) ou exobiologiste (chercheur de vie extraterrestre). Après une enfance passée en Afrique, elle étudie au Japon et en France, où elle se tourne rapidement vers l’astrophysique. À l’institut polytechnique de Grenoble (Grenoble INP), Miho s’intéresse aux plasmas et à la magnétohydrodynamique. Durant ses stages de master et sa thèse à l’Université de Kyoto au Japon, elle travaille sur des instabilités qui changent la structure du champ magnétique au sein de plasmas, phénomènes importants pour comprendre les éruptions solaires, les aurores boréales et autres phénomènes énergétiques de l’univers. Après sa thèse, elle poursuit son rêve d’enfance en se dirigeant vers la physique solaire et spatiale et devient post-doctorante au LESIA (Observatoire de Paris). En 2015, Miho est recrutée à l’Institut d’Astrophysique Spatiale (IAS) en tant qu’astronome adjointe.

Un statut particulier d’astronome

Le métier d’astronome est l’un des plus vieux du monde. Il consiste à observer les astres et à étudier leurs mouvements et structures. Louis XIV, au XVIIème siècle créé ce corps spécifique afin d’effectuer des mesures quotidiennement et collecter des données expérimentales

Ce corps existe encore aujourd’hui, les astronomes sont au nombre de 280 en France.

Les activités d’astronome de Miho Janvier se concentrent principalement sur la recherche en physique solaire et en physique du milieu interplanétaire, ainsi que sur la participation française à la mission Solar Orbiter de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), dont l’IAS est référent. Conçue pour étudier en profondeur le Soleil et l’héliosphère interne, cette mission doit permettre de mieux comprendre le comportement de cette étoile. L’IAS étant un centre de données spatiales du Soleil, Miho assure ainsi la gestion et la mise en valeur des données recueillies et est également membre de l’équipe qui gèrera les opérations d’un instrument sur cette mission, SPICE. Elle s’intéresse notamment à la nature des éruptions solaires et à leur devenir dans le milieu interplanétaire.

Un partage avec le plus grand nombre

Parallèlement à ses activités, Miho Janvier développe des projets de communication scientifique, alliant réalité virtuelle et recherche. Persuadée que ces nouvelles technologies peuvent toucher tout le monde et être un vecteur de réduction des inégalités, elle a déjà participé à de nombreuses actions de médiation telles que la Fête de la science. Grâce aux ressources de la réalité virtuelle elle a ainsi mis en place un dispositif qui plonge le public au cœur du Soleil : un voyage en réalité augmentée et réalité virtuelle de notre Soleil.

L’émerveillement au cœur de la conférence TEDxSaclay

Lors de sa participation au TEDGlobal en mai 2017, Miho Janvier avait déploré la séparation entre « artiste » et « scientifiques » de la programmation. Pour elle, chaque sujet scientifique cache une émotion particulière. À travers sa présentation au TEDxSaclay, elle a donc souhaité partager sa passion et transmettre au public son émerveillement pour les étoiles et le Soleil.

Dans son intervention intitulée « Sur le soleil, il pleut aussi », Miho rappelle les enjeux du Soleil, étoile source de la vie sur Terre. Elle analyse les tempêtes solaires et les conséquences dramatiques qu’elles pourraient avoir sur nos réseaux de télécommunication ou nos réseaux énergétiques.

Ordinateurs bio-inspirés – Portrait de Julie Grollier

Ses collègues de la communication regrettent qu’il ne soit pas plus spectaculaire. C’est vrai qu’à vue d’œil, on pourrait le prendre pour un simple circuit imprimé. Et pourtant ! Cet objet qui tient dans la main a des capacités de calcul phénoménales. Présentation des recherches de Julie Grollier, directrice de recherches à l’Unité Mixte de Physique CNRS/Thalès de Palaiseau associée à l’Université Paris-Sud.

Des ordinateurs économes en énergie

De nos jours, l’industrie de l’information et de la technologie consomme beaucoup d’énergie malgré les formidables avancées technologies de ces dix dernières années. Dans un ordinateur, la mémoire, le lieu de stockage des données, est séparée du processeur, le lieu de calcul. Pour être efficace, les transferts de l’un à l’autre doivent se faire de manière ultrarapide, ce qui demande beaucoup d’énergie. Or, nous avons tous sur nous un système qui peut calculer en consommant une faible quantité d’énergie : le cerveau où synapses et neurones sont interconnectés. Le but de Julie Grollier est de construire des ordinateurs écologiques inspirés des principes de la nature en créant des synapses et des neurones artificiels.

S’inspirer de la nature

L’Unité Mixte de Physique CNRS/Thales (Université Paris-Sud, Université Paris-Saclay, CNRS, Thales) étudie, entre autres, les propriétés de certains composants, les spins des électrons, qui peuvent être utilisés pour imiter les fonctions des synapses et des neurones. Après une publication dans Nature [https://www.nature.com/articles/nature23011], Julie Grollier et ses collaborateurs ont réalisé, il y a à peine quelques mois, le premier nano-neurone capable d’effectuer des tâches cognitives. En injectant un courant électrique, l’aimant supérieur du nano-neurone se met à tourner.

A chaque rotation, il émet une impulsion électrique, comme le font les neurones dans le cerveau. Pour l’instant, le nano-neurone a pu reconnaître des chiffres prononcés par différentes personnes et son développement pourrait permettre de grandes avancées notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Une unité de recherche dans une entreprise

Si elle a un parcours très axé sur la recherche fondamentale avec une thèse dirigée par Albert Fert et un an de post-doctorat avec Claude Chappert à l’Institut d’Électronique Fondamentale (Université Paris-Sud, CNRS avant qu’il ne devienne le C2N, Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies), Julie Grollier a, de son propre aveu, « un goût pour les applications ». Elle reconnaît que « les discussions de couloir » avec ses collègues de Thales sont « très utiles ». Elle aime se poser une question, la tester et en tirer des conclusions. Si le nano-neurone en est encore au stade de la manipulation, elle espère pour pouvoir bientôt collaborer avec des chercheurs qui utilisent des dispositifs CMOS.

L’aventure TEDx Saclay

La présentation qu’elle a faite à TEDx Saclay en 2017 n’était pas une première pour Julie Grollier, qui avait déjà été sélectionnée pour faire un exposé sur son projet ERC au Forum mondial de Davos. Cette présentation a convaincu les responsables de la communication de Thales de lui proposer de participer à TEDx Saclay ; ils avaient remarqué sa capacité à expliquer avec des mots simples et des images parlantes des sujets de recherche très complexes qui mobilisent des notions de physique qui peuvent paraître obscures aux néophytes. Par cette participation à TEDx Saclay, Julie Grollier souhaitait également montrer « une femme qui réussit dans la recherche » pour susciter des vocations chez les lycéennes, « voire avant » et engager aussi une réflexion chez les étudiantes en thèse qui ont tendance à ne pas suivre le même parcours que leurs homologues masculins.

Gageons que vous ne serez pas insensible à son intervention très imagée à TEDx qui s’adresse même aux amoureux de la ratatouille !

Dernière modification le 6 février 2018