L’écorce fait l’arbre !

Par le service Environnement et Paysages / Publié le 18 janvier 2017

Adoptant toute une palette de couleurs, l’écorce se déploie sur des camaïeux de marron, de gris, passant du rouge cuivré au vert serpenté. Une exposition digne des plus grands musées d’art que le Service Environnement et Paysages de l’Université Paris-Sud vous invite à découvrir dans les collections du jardin universitaire et botanique.

L’hiver arrivé, feuilles, fleurs et fruits ont pour la plupart déserté les branches des arbres. Pas de quoi cependant désarmer les botanistes amateurs ! Bourgeons et écorces dispensent encore d’appréciables indices pour la reconnaissance des espèces.


De gauche à droite et de haut en bas : Acer Griseum, Prunus Serrula, Betula Utilis Var. Jacquemont II, Pinus Nigra, Gleditsia Triacanthos, Quercus Robur, Platanus X Acerifolia, Metasequoia Glyptostroboides, Acer Davidii. © Service Environnement et Paysages/UPSud et DR

Un rôle primordial

Ensemble complexe assurant à la fois la protection de l’arbre et la circulation des sèves, l’écorce est composée de deux assises mérismatiques (couches de cellules) responsables de la croissance de l’arbre : le cambium et le phellogène.

Au sens vulgaire du terme, l’écorce correspond à la partie externe du tronc. Issus du phellogène, le phelloderme - produit vers l’intérieur - et le liège (ou suber) - vers l’extérieur- forment au fil des années un rhytidome, soit une accumulation de tissus morts. Ce dernier révèle une surface persistante, écailleuse (se détachant par petits morceaux, présence de fissures) ou annulaire (se desquamant par lambeaux) sous l’action des forces de croissance de l’arbre.


Coupe transversale d'un tronc d'arbre. © DR

Une richesse visuelle, un habitat de choix

Propre à chaque espèce, l’apparence de l’écorce varie également avec l’âge de l’individu, son emplacement géographique ou encore son exposition offrant à l’œil du naturaliste un monde d’une grande richesse esthétique. Si certaines prennent un aspect lisse (Betula utilis var. jacquemontii), à lamelles papyracées (Acer griseum) d’autres peuvent présenter des plaques (Platanus x acerifolia), des fissures ou encore des crevasses (Quercus robur, Pinus nigra). Leur texture se fait fibreuse (Metasequoia glyptostroboides) et même parfois épineuse (Gleditsia triacanthos). Des infractuosités particulièrement appréciées de la petite faune corticole (êtres vivant la plus grande partie de leur vie sur ou sous les écorces) qui y trouve un habitat de choix.

 

Cet article est publié dans le Numéro 5 de l’Échappée Verte, le journal de Service Environnement et Paysage (également téléchargeable sur la page du jardin botanique de Maunay, jardin universitaire). Au sommaire : conseils et témoignages autour du paillage et de ses particularismes, découverte de l’utilisation « artistique » de tuteurs transformés en « fleurs de métal » ou encore zoom sur l’Eucalyptus Dalrympleana observés au sein de notre Jardin Botanique Universitaire.

Dernière modification le 19 janvier 2017