Kelly Pasquon, lauréate Université Paris-Saclay du concours "ma thèse en 180 secondes"

Par Gaëlle Degrez / Publié le 5 mai 2017

Des mois voire des années de recherche. Et sur scène : 15 doctorants, 15 sujets de thèses et….une seule finaliste ! Kelly Pasquon, doctorante au Laboratoire GEOPS (Université Paris-Sud/CNRS) a remporté la finale "régionale" de Ma Thèse en 180 secondes le 27 avril 2017. Elle représentera l’Université Paris-Saclay lors de la finale nationale le 13 juin à Paris.


Kelly Pasquon, lors de sa présentation à la finale du concours "Université Paris-Saclay". © Angélique Gilson

Théâtre, médiation scientifique et planétologie sont ses trois grandes passions. Kelly Pasquon avait donc de bonnes cartes en main pour participer à cette nouvelle édition du concours "Ma thèse en 180 secondes". Et relever le défi de vulgariser ses travaux en un temps record. Soit trois minutes montre en main pour résumer ses trois années de travail sur son sujet de thèse : « Activités climatiques saisonnières sur Mars et leurs impacts sur la morphologie ».

MT180s : sur scène, une prestation comme au théâtre

« Quand j’ai eu 6 ans, je suis arrivée dans le salon de mes parents avec un casque de moto sur la tête et je leur ai dit : quand serai grande j’irai sur Mars ! 20 ans plus tard je suis doctorante et j’étudie cette planète Mars ».

En quelques mots, Kelly Pasquon a réussi à capter l’attention de son auditoire et à le séduire. Comme les autres candidats, elle ne disposait que d’une seule diapositive sur laquelle s’appuyer. « La plus grande difficulté consiste à trouver les mots justes, percutants, drôles, imagés pour intéresser le grand public. Cela prend énormément de temps. Heureusement nous avons eu une journée de formation notamment pour affiner notre écriture » explique la jeune femme. En la matière, Kelly bénéficiait d’une première expérience puisqu’elle avait participé à l’édition précédente. « L’année dernière j’avais choisi une approche plus scientifique de mon sujet alors que cette là j’ai privilégié le coté expérimental de mes travaux ce qui m’autorisait une présentation plus ludique, avec plus de folie »

Coté prestation, la jeune femme avoue être timide sur scène. Mais ce qui pourrait être un handicap, Kelly le transforme en une force : « je me suis mise dans les mêmes conditions qu’au théâtre. j’ai abordé ce concours comme une actrice et quand je joue j’essaie de tout donner ».

La thèse : dans un laboratoire, un travail de recherche

Alors certes, Kelly Pasquon a un vrai talent d’oratrice qui lui a valu non seulement le prix du jury mais également celui du public, mais c’est avant aussi et avant tout une scientifique.  C’est le cri du cœur de son directeur de thèse Julien Gargani, spécialiste en planétologie, chercheur au laboratoire Géophysique Paris-Sud - « En plus de faire « Ma thèse en 180s, elle fait réellement des travaux de recherches ! » souhaite-t-il rappeler avec humour tout en précisant : « Kelly peut déjà se prévaloir de plusieurs publications scientifiques, un article en premier auteur, un autre en co-auteur. Deux nouveaux articles dont elle est premier auteur sont à venir. Kelly est également impliquée dans des collaborations internationales ». Bref on l’aura compris, si la science peut être présentée de manière simple et ludique, le travail qui prévaut derrière, n’en reste pas moins un travail de recherche impliquant beaucoup de rigueur scientifique.

Pour l’heure, Kelly qui se prépare pour la finale nationale du 13 juin prochain avoue avoir un peu le trac. Ses conseils aux doctorants qui souhaiteraient participer aux prochaines éditions de Ma thèse en 180 secondes : « Se faire plaisir, transmettre sa passion, faire plaisir aux gens, faire en sorte qu’ils apprennent des choses en s’amusant ».

Enfin, dernière échéance cruciale pour la jeune chercheuse, la soutenance de sa thèse dont la date n’est pas encore fixée mais qui devrait advenir aux alentours du mois d’octobre.

Deux rendez-vous donc qui valent bien tous nos encouragements !

Contact : Kelly Pasquon – Laboratoire Géophysique Paris-Sud – GEOPS (UPSud/CNRS) – kelly.pasquon @ u-psud.frwww.geops.u-psud.fr

« Activités climatiques saisonnières sur Mars et leurs impacts sur la morphologie »
Depuis 2006, les images HiRISE (High Resolution Imaging Science Experiment) de la sonde MRO (Mars Reconnaissance Orbiter) permettent d’observer la surface de la planète Mars avec une grande précision (25-50cm/pixel) et de façon récurrente. De nombreux phénomènes saisonniers sont ainsi désormais observables à la surface de Mars. Certains disparaissent totalement d’une année sur l’autre alors que d’autres semblent pérennes.

Parmi les activités saisonnières les plus connues on trouve : (i)Les Dark Flows (écoulements sombres), (ii) les Dark Spots (taches sombres), (iii) les Dusts Devils (tourbillons de poussière), (iiii) les Bright Halo (trainées claires), (iiiii) les Perenial Flows/Rills (écoulements saisonniers qui ne disparaissent pas d’une année sur l’autre mais progressent) ; (iiiiii) les RSL (Recurring Slope Lineae) (écoulements sombres, étroits).

La plupart de ces phénomènes saisonniers sont encore inexpliqués et soulèvent de nombreuses questions. Les principales hypothèses de formation font entrer en jeu un ou plusieurs fluides : écoulements de CO2, de saumures. Le but de cette thèse est d’étudier et d’améliorer la compréhension de ces phénomènes saisonniers par une approche pluridisciplinaire combinant des analyses morphologiques, spectroscopiques et expérimentales.

Dernière modification le 5 mai 2017