CURIOSITas, c’était sensas !

Par Olivier Kahn / Publié le 27 octobre 2014

Du 4 au 9 octobre 2014, la deuxième édition du Festival Curiositas a, une fois encore, permis au public de découvrir des créations hybrides réalisées par des artistes et des étudiants scientifiques.


Festival Curiositas - © M. Lecompt / UPSud

Crée à l’initiative du service Arts et Culture de la Maison des études, le festival CURIOSITas est organisé par la Diagonale Paris-Saclay qui est en charge de favoriser le dialogue sciences et société au sein de la FCS Campus Paris-Saclay. Il propose de découvrir des œuvres arts et sciences inédites nées d’un travail entre étudiants et artistes. Cette année, le festival avait lieu sur le campus d’Orsay de l’Université Paris-Sud : au musée Sciences ACO, au Proto204, dans les restaurants universitaires des marais de Bures et des cèdres, mais également à l’Ecole polytechnique, à l’Institut d’optique (IOGS), au CEA et à la Crypte Saint-Laurent à Orsay.

Un festival placé sous le signe de la science-fiction

Le festival CURIOSITas avait choisi le thème « Science-fiction et fiction de la science ». Après le spectacle d’improvisation « Impr’Hollywood » donné autour de l’univers de la télévision et du cinéma par l’association Tips, la table-ronde proposée le mardi soir se demandait si le genre artistique de la SF reposait encore sur des bases scientifiques. Animé par Eric Henriet, président de la Fondation Paris-Sud Université et grand amateur de science-fiction et d’uchronie, la table-ronde réunissait Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA et président des Utopiales, Frédéric Lebas, sociologue à l’Université Paris Descartes, qui étudie l’écologie des dispositifs d’immersion sensorielle et fictionnelle et Armelle Rancillac, neurobiologiste à l'INSERM et auteure de science-fiction.

Entré dans le langage courant, le mot « robot » vient d’une pièce de théâtre de 1920. Formé à partir du terme « robota » qui signifie « corvée » en tchèque, le mot a été utilisé pour la première fois par Karel Čapek dans « Rossum’s Universal Robots » dont l’introduction était présentée par l’association Mise en pièce.

Présenté à Sciences ACO, le court métrage « Cent de physique et de magie » de Daniel Suchet et David Elghozi imaginait comment la communauté scientifique réagirait si les phénomènes magiques devenaient courants.

Dans l’amphi Poincaré de l’école Polytechnique, l’orchestre du Plateau de Saclay invitait à pénétrer dans l’univers des films de science-fiction par leurs musiques. Le scientifique Roland Lehoucq et le chef d’orchestre Emmanuel Calef proposaient un éclairage vivant et plein d’humour sur des classiques du cinéma SF.

A travers des extraits du « Voyage dans la lune » de Georges Méliès, « Mars Attack » de Tim Burton et « Avatar » de James Cameron, Ninon Maillard, historienne du droit à l’Université de Nantes et Nathalie Goedert, historienne du droit à l’Université Paris-Sud, s’intéressèrent aux droits - ou plutôt aux non-droits - de l’ « alien », dans le cinéma fantastique.

En clôture du festival, le Proto204 accueillait une projection de « Ghost in the Shell »,film d’animation japonais de Oshii Mamoru. Dylan Germain, membre de l’asso Cul’ de Jap, et Sylvie Catelin, maître de conférence à l’UVSQ, revinrent sur cette œuvre qui anticipa de manière prodigieuse sur les avancées technologiques de ses vingt dernières années et qui continue de poser une question cruciale : doit-on s’attendre à voir apparaître d’autres technologies que Ghost in the shell a imaginé?

Les créations arts et sciences bousculent souvent la communauté scientifique et l’obligent à s’interroger sur ses pratiques notamment quand elle s’intéresse au vivant. Animée par Alexandre Peluffo, doctorant en génétique et biologie de l’évolution à Paris Diderot, la table-ronde « Le Bio-art à la lumière de l’éthique » réunissait Marion Laval-Jeantet, artiste au sein du collectif Art-orienté-objet et marraine du festival, et les représentants des trois équipes parisiennes d’IGEM, concours international en biologie de synthèse qui comporte un volet Bio-art et éthique.

Une porte ouverte sur un autre univers

Les visiteurs qui se rendirent à Sciences ACO pouvaient avoir l’impression de pénétrer dans un autre univers. Le scénographe Thomas Bénard avait donné des airs de vaisseau spatial au bâtiment abritant l’un des tous premiers anneaux de collision de particules.

Sciences ACO accueillait également quatre installations réalisées par des étudiants de l’Université Paris-Sud et financées en partie par le fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE).

Avec « Tout passe » de Florian Focone et Ismael Konate, une structure en forme de cœur permettait de faire la rencontre de son avatar.

« Temps mou » de Tom Giraud, Luce Aknin et Félix Aknin proposait de prendre le temps de vivre au rythme du Laos à travers un dispositif vidéo et sonore. L’installation située à Sciences ACO était complétée par une exposition de photos et d’objets présentés à la crypte d’Orsay dans le cadre de la Nuit blanche.

« Miroir / metamorphy » d’Alexandros Bokaris et Scenocosme invitait à interagir avec une toile qui produisait des effets visuels et sonores quand on la touchait.

« Ping-pong virtuel » de Dimitri Belopopsky et Alexandre Dazzoni interrogeait la frontière entre réel et virtuel avec un jeu où chaque rebond de balle modifiait l’environnement graphique et sonore.

Le musée Sciences ACO accueillait également un premier module de « Matière noire » réalisation de Scenocosme et Sébastien Descotes-Genon du Laboratoire de Physique théorique d’Orsay (LPT6UPSud/CNRS).

Le dimanche, les spectateurs assistèrent à un concert de piano pas comme les autres. Dans « Wired Harmony » de Robin Morier et Christophe d’Alessandro, un dispositif informatique transformait en temps réel les sons produit par un piano.

Enfin, dans le restaurant des cèdres, la physique quantique se donnait à voir sous un angle complétement inédit à travers une exposition de dessins réalisés par des étudiants de l’Ecole Estienne en collaboration avec le Laboratoire de physique des solides.

 

Contact : Olivier Kahn – service Arts et Culture de la Maison des études – olivier.kahn @ u-psud.fr – www.curiositas.fr

Dernière modification le 27 octobre 2014

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