Bourses L’Oréal-Unesco : félicitation aux lauréates de l’Université Paris-Sud

Par Gaëlle Degrez / Publié le 9 octobre 2018

Farsane Tabataba-Vakili, doctorante au Centre De Nanosciences et de Nanotechnologies (C2N - UPSud/CNRS), Sarah Antier-Farfar, Post-doctorante au Laboratoire de L’accélérateur Linéaire (LAL - UPSud/CNRS) et Sophie d'Ambrosio, Post-doctorante dans l'unité mixte CNRS-Thales-Université Paris-Sud / Paris-Saclay figurent parmi les 30 lauréates des Bourses L’Oréal-Unesco  « Pour les Femmes et la Science » dont le palmarès a été dévoilé ce lundi 8 octobre.


© Carl diner pour la Fondation L'Oréal

Lundi 8 octobre 2018, dans le cadre de la semaine de la Fête de la Science, la Fondation L’Oréal a dévoilé les 30 jeunes chercheuses lauréates de son programme L’Oréal UNESCO sélectionnées cette année pour la France parmi près de 900 autres candidates. Elles se voient décerner une bourse de recherche et bénéficient également d’un programme de formation complémentaire à leur parcours scientifique, afin d’avoir les moyens de briser le plafond de verre.

Ces bourses récompensent les travaux de recherche de jeunes scientifiques particulièrement talentueuses. En soutenant la place des femmes dans la recherche, et en mettant en avant les portraits de ces chercheuses, ce programme a aussi pour objectif d’inciter plus de jeunes filles à se tourner vers les sciences.

L’Université Paris-Sud peut de réjouir d’avoir trois lauréates : Farsane Tabataba-Vakili est lauréate dans la catégorie « De l’Infiniment petit », Sarah Antier-Farfar est lauréate dans la catégorie « à l’infiniment grand » et Sophie d'Ambrosio est lauréate dans la catégorie "améliorer notre quotidien, grâce aux mathématiques et à l'informatique".

De l’Infiniment petit….


© Carl diner pour la Fondation L'Oréal

Farsane Tabataba-Vakili
Doctorante au Centre De Nanosciences et de Nanotechnologies (UPSud/CNRS)
« Optimiser l’éclairage par leds grâce aux micro et nanotechnologies »

L’efficacité énergétique des diodes électroluminescentes (LEDs) à luminosité modérée les ont rendues incontournables dans notre quotidien.

Cependant, utilisées à forte luminosité, leur rendement s’effondre du fait des propriétés intrinsèques des matériaux qui les composent(1), les rendant ainsi moins pertinentes. Ce phénomène peut être évité en utilisant des microlasers comme source de lumière bleue.

Les recherches que Farsane Tabataba-Vakili mène dans le cadre de sa thèse visent ainsi à améliorer ces rendements à forte brillance.

Au Centre de nanosciences et de nanotechnologies de l’Université Paris-Sud et du CNRS, la jeune scientifique cherche à démontrer expérimentalement une technologie d’éclairage innovante, qui utilise des microlasers en nitrure(2), produisant de la lumière bleue qui excite des phosphores jaunes.

« La micro et nanofabrication en salle blanche, c’est-à-dire la salle la plus propre possible pour pouvoir travailler avec des matériaux à l’échelle de dizaines de nanomètres, constituent mes principales activités. »

Les aboutissements attendus de ces recherches sont d’une part, l’optimisation énergétique et la longévité des LEDs, notamment à forte brillance, afin de faciliter l’éclairage portatif ou autoalimenté en zones reculées ; et d’autre part, l’amélioration du traitement de l’information grâce à la lumière, dans de nouvelles puces d’ordinateurs qui utilisent les technologies quantiques.

A l’Infiniment grand


© Carl diner pour la Fondation L'Oréal

Sarah Antier-Farfar
Post-doctorante au Laboratoire de l’Accélérateur Linéaire (UPSud/CNRS)
« En route vers l'astronomie des ondes gravitationnelles »

En août 2017, les interféromètres LIGO (aux États-Unis) et Virgo (en Italie) ont observé pour la première fois une coalescence d’étoiles à neutrons grâce à la détection de fluctuations de l’espace-temps ou ondes gravitationnelles.

De manière indépendante, les observatoires spatiaux INTEGRAL et Fermi ont repéré une contrepartie lumineuse de l’événement, un sursaut gamma court, bouffée de photons de très haute énergie, qui, dans certains cas, ne dure qu’une fraction de seconde. Une intense campagne d’observations de l’événement a alors été initiée, mobilisant de nombreux observatoires, sur Terre et dans l’espace. Elle a notamment permis d’en savoir plus sur l’origine des sursauts gamma courts et sur la formation des noyaux lourds dans l’Univers.

Les recherches de Sarah Antier-Farfar, post-doctorante au sein du laboratoire de l’Accélérateur linéaire (LAL) de l’Université Paris Sud, sont à l’avant-garde de cette astronomie multi-messagers, qui combine aussi bien les informations véhiculées par les ondes gravitationnelles que celles transmises par la lumière.

« Mes recherches sont centrées autour de la préparation de la prochaine campagne de la collaboration LIGO/Virgo. Pour cela, nous sommes en train de mettre en place un réseau de télescopes répartis dans le monde entier du nom de GRANDMA(3), préparatoire à la mission spatiale franco-chinoise SVOM. »

L’objectif scientifique de Sarah Antier-Farfar est de tirer des informations aussi bien du signal d’ondes gravitationnelles que de l’émission électromagnétique, afin d’en savoir plus sur les faces violentes et méconnues de l’Univers. L’ensemble des informations recueillies permettra d’avoir une meilleure connaissance des phénomènes parmi les plus cataclysmiques de l’Univers.

Améliorer notre quotidien, grâce aux mathématiques et à l’informatique

Sophie d’Ambrosio
Post-doctorante dans l’Unité mixte, CNRS-THALES -Université Paris-Sud / Paris-Saclay
« Au-delà des supercalculateurs, les supra-supercalculateurs, plus puissants et plus écologiques »

Simulation du réchauffement climatique, prédiction des tsunamis, élaboration de nouveaux médicaments, ou encore amélioration de dispositifs industriels à haute performance : autant d’opérations et d’applications qui ont été bouleversées et accélérées par les supercalculateurs.

Devenus indispensables dans un grand nombre de secteurs d’activité grâce à leur puissance de calcul parvenant au million de milliard d’opérations par minute, les supercalculateurs atteignent aujourd’hui leurs limites du fait de leur importante consommation d’énergie. Comment relever ce défi tout autant technologique qu’économique et écologique ?

L’une des options envisagées par Sophie D’Ambrosio, post-doctorante à l’Unité mixte CNRS-Thales – Université Paris-Sud/Paris-Saclay, est l’utilisation de supraconducteurs (4)  dits « à haute température critique », plus froid que froid. La chercheuse travaille ainsi à l’élaboration de dispositifs électroniques alternatifs à base d’un des supraconducteurs à haute température les plus prometteurs : l’oxyde YBa2Cu3O7.

« Possédant une résistance nulle en dessous de 100 Kelvin (5) en moyenne, ils pourraient réduire la consommation énergétique par un facteur d’ordre quatre (c’est-à-dire 10 000). »

Ce nouveau matériau permettrait d’augmenter la puissance de calcul des futurs supercalculateurs pour toujours accroître notre compréhension du monde, tout en assurant le transport et le stockage d’informations à très faible coût énergétique. Une réponse écologique aux challenges technologiques de demain.

Notes :

1. Les LEDs blanches sont constituées d’une puce de semi-conducteurs dits de nitrure (composés constitués d’azote et d’un métal du groupe III comme le gallium ou l’aluminium), émettant de la lumière bleue, et de phosphore émettant une lumière jaune
2. Ces microlasers intégrés dans un circuit photonique sont fabriqués à partir de microdisques nitrures (composés constitués d’azote et d’un métal) avec des guides suspendus et des réseaux de découplage aux deux extrémités des guides.
3. https://grandma.lal.in2p3.fr/
4. Les supraconducteurs sont des matériaux qui exhibent le phénomène de la supraconductivité (ou supraconduction), c’est-à-dire l’absence de résistance électrique, en dessous d’une certaine température critique Tc
5. Le Kelvin est l’unité de température thermodynamique (système international).

Dernière modification le 11 octobre 2018