Une start-up, lauréate du concours i-Lab2016

Par Gaëlle Degrez / Publié le 8 juillet 2016

La start-up BioKawthar Technologies créée sur la base d’une technologie issue de l’Institut Galien Paris-Sud (UPSud/CNRS) est lauréate du Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes, organisé par le MENESR et Bpifrance. Les prix ont été décernés le 6 juillet 2016 par Monsieur Thierry Mandon, Secrétaire d'État chargé de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.


Les lauréats du 18e concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes, i-LAB. © MENESR/X.R.Pictures

BioKawthar Technologies SAS (BKT) a été fondée en 2014 pour valoriser les applications pharmaceutiques d'une plateforme technologique permettant la fabrication d’une nouvelle génération de particules (voir encadré en bas de page). Grâce à un procédé de fabrication original, il est possible d'obtenir des micro- ou des nano-plaquettes pouvant être mises en œuvre dans de nombreuses applications thérapeutiques. Alors que jusqu'à présent la plupart des systèmes particulaires pharmaceutiques sont de forme sphérique, la capacité de manipuler la géométrie des objets offre de nouvelles possibilités d'interactions au niveau biologique.

L'institut Galien Paris-Sud, un environnement exceptionnellement favorable à la création de start-ups

Déjà lauréate de la bourse French tech « Emergence » en 2013, cette technologie a bénéficié de nombreux soutiens venant de l’Université Paris-Saclay (AAP Prematuration IDEX 2013), de la région Ile de France et du CNRS qui ont permis de mieux caractériser d’un point de vue physico-chimique ces plaquettes, d’apporter les preuves d’efficacité biologiques, de déposer trois nouveaux brevets d’application et de signer une licence exclusive d’exploitation de la technologie pour BKT.

« L’environnement de l’Institut Galien Paris Sud est exceptionnellement favorable pour la création de start-ups de technologies innovantes dans le domaine pharmaceutique » a confirmé Kawthar Bouchemal, inventeur de la technologie, Maître de Conférences à l’Institut Galien Paris Sud (CNRS UPSud 8612), et membre junior de l’Institut Universitaire de France.

Le concours i-Lab permettra à BKT de créer un premier emploi dès septembre 2016. Ce premier employé sera un pharmacien jeune docteur spécialisé en formulation galénique. Le programme d’innovation lauréat du Concours i-Lab2016 correspond aux phases de développement préclinique et réglementaire du premier candidat médicament. BKT, qui est incubée chez Paris Biotech Santé (Campus de l’Hôpital Cochin), bénéficie d’un environnement propice pour la poursuite de développements précliniques et cliniques.

L’exploration de nouvelles applications est poursuivie par BKT et ses partenaires.

Contact :

Kawthar Bouchemal - Institut Galien Paris-Sud (UPSud/CNRS) - kawthar.bouchemal @ u-psud.fr 

Une nouvelle génération de particules

Les micro- et nano-plaquettes sont constituées de polysaccharides greffés par un acide gras et mélangés à une solution d’α-cyclodextrine dans l’eau. La cohésion des plaquettes est basée sur un mécanisme de type « clé-serrure » en formant des complexes d'inclusion entre les lipides greffés sur le polysaccharide et l'α-cyclodextrine. Ces complexes d’inclusion vont par la suite s’empiler entre eux grâce à des liaisons non-covalentes suffisamment fortes pour permettre une stabilité au cours du temps et dans différents milieux biologiques. Les caractérisations aux rayons-X ont montré que ces plaquettes présentent une structure cristalline. Pour former un cristal, plusieurs couches de complexes d’inclusions entre l’acide gras et l’α-cyclodextrine sont nécessaires. Ainsi, les plaquettes agissent comme des CLUSTERS hautement chargés en polysaccharide.

A l’inverse des méthodes actuelles pour préparer des microparticules de polysaccharides, cette technologie n’utilise pas de tensioactifs, de monomères ou de modifications de pH, et ne nécessite pas d’étapes de purification, ni de consommation d’énergie importante.

Ce procédé est applicable à tous les polysaccharides quelles que soient leurs propriétés physico-chimiques (masse molaire, solubilité, hydrophobie) et adressable à un large champ d’applications selon le polysaccharide utilisé. Voici quelques exemples de polysaccharides obtenus par cette technologie : acide hyaluronique, dextrane, amylose, amylopectine, pullulane, chitosane, héparane-sulfate, héparine, carraghénanes et chondroïtine sulfate. En fonction du polysaccharide utilisé, des activités biologiques variées peuvent être envisagées telles que la capacité à accélérer la cicatrisation des plaies, la prévention d’infections virales ou encore le traitement des infections fongiques et parasitaires.

Dans le cas du chitosane, un biopolymère d'origine naturelle, l’association avec l’amphotéricine B, un agent antifongique et antiparasitaire, permet une action synergique entre les plaquettes et la molécule active qui se traduit in vitro par une augmentation d’un facteur 5 de l’activité antifongique et in vivo par le traitement complet de l’infection.

« C’est cette particularité d’agent boosteur d’efficacité antifongique qui permet d’envisager le développement d’un premier candidat médicament, le BKT001, pour le traitement des candidoses oropharyngées. Ces résultats ont été obtenus grâce à une collaboration de longue durée avec l’équipe du Professeur Philippe Loiseau, du laboratoire BioCis » a déclaré Kawthar Bouchemal.

Dernière modification le 11 juillet 2016