Quatre chercheurs de Paris-Sud, distingués par l’Académie des sciences

Par Gaëlle Degrez / Publié le 23/11/2016

Quatre chercheurs de l’Université Paris-Sud figurent parmi les lauréats distingués lors de la remise des prix 2016 de l’Académie des sciences qui s’est tenue le 22 novembre 2016 sous la coupole de l’Institut de France.

L’Académie des sciences distingue chaque année, lors de la séance solennelle de remise des prix, des chercheurs qui, à travers l’originalité et la qualité de leurs parcours professionnels, contribuent au progrès de la connaissance et aux avancées de la recherche scientifique. Pour cette édition 2016, 28 grands prix et 28 prix thématiques ont été attribués. Zoom sur les quatre lauréats de l’Université Paris-Sud.


Rodolphe Fischmeister lors de la remise de son prix, en présence de Sébastien Candel, vice-président de l'Académie des sciences. © Juliette Agnel - Académie des sciences

Rodolphe FISCHMEISTER, lauréat du grand PRIX LAMONICA DE CARDIOLOGIE (Fondation pour la recherche biomédicale P.C.L.)

Directeur de l'Institut Paris-Saclay d'Innovation Thérapeutique (UPSud/Inserm/Cnrs), directeur du LabEx LERMIT, et vice-doyen recherche de l'UFR de Pharmacie de l’Université Paris-Sud, Rodolphe Fischmeister est un scientifique d’excellence et un grand organisateur au charisme fédérateur.

D’emblée attiré par l’électricité appliquée à la biologie, ses fondamentaux d’électrophysiologie cardiaque ont été acquis au cours de sa thèse de science au contact d’Édouard Corabeuf à la faculté des Sciences de l’Université Paris-Sud.

Ses principales découvertes portent sur la régulation des courants calciques par les nucléotides cycliques, AMP et GMP cycliques, puis sur le métabolisme de ceux-ci par les phosphodiesterases dans les cardiomyocytes.

Ses projets sont de translater ses connaissances biologiques en applications thérapeutiques à l’insuffisance cardiaque.


Yasmine Amhis lors de la remise de son prix, en présence de Sébastien Candel, vice-président de l'Académie des sciences. © Juliette Agnel - Académie des sciences

Yasmine Amhis, lauréate du grand PRIX JACQUES HERBRAND (Physique)

Chargée de recherche CNRS au laboratoire de l’Accélérateur Linéaire – LAL (UPSud/CNRS), Yasmine Amhis. Elle a contribué de façon essentielle à l’expérience LHCb au CERN qui a trait à la physique des quarks lourds. Ce domaine est prometteur pour l’étude des déviations par rapport au modèle standard et aussi pour la compréhension du mécanisme responsable de la violation de la symétrie matière-antimatière CP.

Ses apports majeurs dans les domaines de l’instrumentation et de l’analyse des données lui ont permis d’effectuer des mesures importantes sur la violation de CP et les désintégrations des mésons B formés de quarks lourds.

Arrivée en France pour ses études universitaires, elle a très tôt fait preuve d’une grande motivation pour la recherche, qui s’est concrétisée par un parcours scientifique remarquable lui conférant une reconnaissance internationale pour son expertise et sa capacité de coordination de groupes d’analyse.


Marie Dutreix lors de la remise de son prix, en présence de Sébastien Candel, vice-président de l'Académie des sciences. © Juliette Agnel - Académie des sciences

Marie Dutreix, lauréate du grand PRIX GUY LAZORTHES

Marie Dutreix est responsable d'équipe au sein de l'UMR3347 / U1021 (UPSud/CNRS/INSERM) – Signalisation normale et pathologique : de l’embryon aux thérapies innovantes des cancers installée à l'UFR des Sciences de l’Université Paris-Sud. L’ensemble de sa carrière a porté sur l’étude des mécanismes de réparation et de recombinaison de l’ADN et leur rôle dans le maintien de l’information génétique.

La particularité de ses travaux est que tout en focalisant ses travaux de recherche cognitive sur les modifications de l'ADN induits par l'environnement, elle a choisi depuis une vingtaine d'années de faire évoluer ses travaux de laboratoire jusqu'aux applications de ses recherches aux traitements des patients cancéreux.

En collaboration avec des chimistes et des cliniciens, elle a développé de nouvelles molécules qui accroissent l'efficacité de la radiothérapie. Ces molécules agissent comme des leurres qui séquestrent les systèmes de réparation de l'ADN des cellules tumorales. Lorsque les cellules malignes sont soumises aux radiations en présence de ces nouveaux agents elles ne peuvent réparer leur ADN, les mécanismes de défense sont perturbés et elles sont détruites plus efficacement.

Ces recherches fondamentales ont permis la mise en œuvre d'essais cliniques très prometteurs qui se poursuivent en collaboration avec les radiothérapeutes et les oncologues en partenariat avec une société de biotechnologie dont Marie Dutreix est co-fondatrice.


Elias Fattal lors de la remise de son prix, en présence de Sébastien Candel, vice-président de l'Académie des sciences. © Juliette Agnel - Académie des sciences

Elias Fattal, lauréat du PRIX DU Dr ET DE Mme HENRI LABBE (2 500€)

Professeur à l’université Paris-Sud et directeur de l’Institut Galien Paris Sud à Chatenay-Malabry, Elias Fattal mène une recherche pluridisciplinaire à l’interface de la chimie, de la physico-chimie et de la biologie autour de la découverte de micro et nanotechnologies pour l’administration locale ciblée de molécules actives et d’agents de contraste.

Il a notamment développé des systèmes hydrides (nano/micro) pour l’administration intraoculaire ou intra pulmonaire d’acides nucléiques ou de petites molécules et réalisé l’étude de la nanotoxicité associée à ce type d’administrations.

Il a aussi envisagé l’utilisation des systèmes hybrides pour réduire la capacité des antibiotiques résiduels dans le colon à induire des résistances.

Source : Académie des Sciences

Plus d’informations sur la page dédiée à la cérémonie sur le site de l'Académie des sciences:
http://www.academie-sciences.fr/fr/Ceremonies/seance-de-remise-des-prix-de-l-academie-des-sciences-pour-les-350-ans.html

Dernière modification le 24 novembre 2016