D’où il ressort que le petit poussin sait se faire comprendre (de ses parents)

Par Cécile Pérol / Publié le 30 août 2016

Lorsqu’ils sont stressés, les poussins de la famille des diamants mandarins, de petits oiseaux australiens produisent des cris plus aigus qui incitent leurs parents à intensifier leur effort de soin. C’est le résultat d’une étude impliquant des chercheurs  de l’Institut des neurosciences Paris-Saclay, (CNRS/Université Paris-Sud) basés à l’Université de Saint-Étienne*.

* en collaboration avec des chercheurs du laboratoire CarMeN (Inserm/INSA de Lyon/Université de Lyon/Inra) et de la Macquarie University à Sydney, Australie (Griffith Ecology lab).


Un diamant mandarin en observation. © Emilie C. Perez

Cette découverte, issue du travail de thèse d’Emilie Perez sous la direction de Clémentine Vignal et en collaboration avec deux équipes internationales est une avancée importante dans la compréhension de la communication parents-jeunes. En effet, bien qu’il soit connu que les oiseaux répondent aux cris de quémande de leurs poussins en leur apportant de la nourriture, les caractéristiques de ces cris qui permettent de renseigner les parents sur les besoins de leurs jeunes, étaient une question ouverte.

Les diamants mandarins sont de petits passereaux grégaires australiens formant des couples monogames fidèles à vie et partageant les soins aux jeunes. Dans cette étude, les chercheur-ses ont travaillé dans le désert australien sur une population sauvage naturellement présente en Nouvelle Galles du Sud.

Le stress les fait monter dans l’aigu

En administrant de l’hormone de stress à des poussins et en enregistrant leurs cris de quémande avant et après administration, l’équipe s’est aperçue que les poussins stressés émettaient des cris plus aigus. Afin de mesurer l’effet de ces cris sur le comportement des parents, leurs allées et venues ont été suivies grâce à des puces radiofréquences fixées à leur bague d’identification.

Cette technique a révélé que les parents des poussins stressés passaient non seulement plus de temps à chercher de la nourriture mais également plus de temps au nid auprès de leur progéniture. Le bénéfice de ce changement de comportement des parents pour les poussins est mesurable puisqu’en fin d’étude, les poussins aux cris plus aigus avaient pris plus de poids que ceux des nids qui n’avaient pas reçu d’hormone.

Une technique qui permet d’ajuster les soins

Ces résultats montrent ainsi pour la première fois que le stress est une information présente dans les cris de quémande des poussins qui peut permettre aux parents d’ajuster leur soin à la progéniture. Cette communication du stress pourrait être une caractéristique commune à l’ensemble des espèces dont les adultes prodiguent des soins aux jeunes, mais ceci reste à être exploré.

Références : Perez, E. C., Mariette, M. M., Cochard, P., Soulage, C. O., Griffith, S. C., & Vignal, C. (2016). Corticosterone triggers high-pitched nestlings’ begging calls and affects parental behavior in the wild zebra finch. Behavioral Ecology, arw069. Site web de la revue internationale : http://beheco.oxfordjournals.org/content/early/2016/06/22/beheco.arw069.abstract

Dernière modification le 30 août 2016