FRIPON, la chasse aux météorites est ouverte !

Par Cécile Pérol / Publié le 31 mai 2016

Mardi 31 mai 2016 marque le lancement officiel de FRIPON, un réseau connecté, unique au monde, de recherche de météorites. Né de l’expertise d’un trio scientifique parmi lesquels un chercheur du Laboratoire Geophysique Paris-Sud – GEOPS (UPSud/CNRS), ce maillage vise à détecter les chutes de météorites, et à organiser des campagnes de recherche sur le terrain. À terme constitué de 100 caméras implantées sur tout le territoire français, FRIPON inaugure une surveillance du ciel, de jour et de nuit, à 360°.

On estime qu'il tombe une dizaine de météorites par an en France, cependant on constate qu'actuellement, on n'en retrouve qu'une tous les 10 ans. Étonnamment ce taux était cinq fois plus important au XIXe siècle. On peut expliquer ce fait de nombreuses façons, mais une chose est claire : la très grande majorité des météorites tombant en France sont à jamais perdues !

Sur ce constat, trois chercheurs, Sylvain Bouley, enseignant-chercheur à l’Université Paris-Sud, François Colas chercheur CNRS à l’Observatoire de Paris et Brigitte Zanda enseignant-chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle, œuvrent depuis 2013 à la mise en place du dispositif FRIPON, acronyme pour « Fireball Recovery Interplanetary Observation Network » (en français : Réseau de recherche de bolides et de matière interplanétaire).

Ayant bénéficié d’un financement de 550 000 euros par l’Agence nationale de Recherche (ANR), ce dispositif de grande ampleur consiste en un déploiement sur tout le territoire français d’un détecteur qui comprendra à terme 100 caméras et 25 récepteurs radio. Les données des radars météo et des sismographes seront également utilisées pour repérer les bolides.

Avec plus d'une soixantaine de caméras installées à ce jour et actives en France, FRIPON est déjà opérationnel. Son déploiement à l’étranger a également commencé. On peut obtenir les images en temps réel sur le site www.fripon.org.

Des informations d’une valeur inestimable


Comparaison des météorites découvertes en France aux XXe et XIXe siècles. © MNHN

Cette surveillance à l’échelle nationale a de multiples enjeux : le but est de déterminer l’origine et le flux de matière extraterrestre sur Terre et de retrouver des météorites afin de mieux connaître le Système solaire.

La collecte de ce matériau brut en provenance de l’espace apporte des informations d’une valeur inestimable sur la composition du Système solaire à son origine, sur celle des planètes et leur évolution, notamment la Terre.

Dans les faits, le dispositif FRIPON sera relayé sur le terrain par le réseau Vigie-Ciel, piloté par le Muséum national d’Histoire naturelle et qui sera lancé en 2017. Ce programme de science participative va permettre d'organiser des recherches sur le terrain rapides et efficaces. Des battues seront organisées avec la participation de bénévoles chercheurs de météorites, formés grâce au projet Vigie-Ciel.

Le principe

Trois à neuf caméras sont implantées en moyenne par région, à des distances de 50 à 100 kilomètres. Toits d’observatoires, d’universités, de muséums, d’associations de culture scientifique… les lieux d’implantation sont multiples et mobilisent à ce jour au total près de 150 acteurs.

Simples d’installation et d’utilisation, ces caméras sont dotées d’un objectif fisheye, permettant une vue très large à 360° de la voûte céleste, sur une seule image. Elles sont raccordées à des ordinateurs munis d’un logiciel développé spécialement pour analyser les images et détecter les événements lumineux. Lorsqu’une détection survient, une alerte est transmise au calculateur central situé à l’Université Paris-Sud, qui recueille les données de tout le réseau en temps réel. Toute la chaîne de calcul est opérationnelle. Sur la base d’une observation il est ainsi possible de déclencher une campagne de recherche de l’impact sur le terrain en 24 h environ.

 

Contact : Sylvain Bouley – Laboratoire de Géophysique Paris-Sud – GEOPS (UPSud/CNRS)

 


Caméra FRIPON implantée sur le toit de l’Observatoire de Paris. © François Colas / Observatoire de Paris / IMCCE


Implantation des 60 caméras actives fin mai 2016, le réseau sera complété courant 2016. On peut noter qu'une caméra est installée à l'observatoire de Turin, c'est la première du futur réseau Italien. © FRIPON

Pour en savoir plus : www.fripon.org

Dernière modification le 31 mai 2016