Don d'organes : une avancée majeure

Publié le 24 juin 2016

Début mai 2016, des équipes des Hôpitaux universitaires Paris-Sud (UPSud/AP-HP), en collaboration avec le Centre chirurgical Marie-Lannelongue, ont réalisé à l’hôpital Bicêtre un prélèvement d’organes chez un patient décédé après confirmation par ses proches qu’il était donneur d’organes et après l'arrêt des thérapeutiques.

Après le décès du patient pris en charge à l’hôpital Bicêtre, une circulation extra-corporelle a été mise en place afin de protéger les organes de l’ischémie chaude, correspondant au moment où les organes, encore à la température corporelle, ne sont plus irrigués. Avec la collaboration de l’équipe de coordination hospitalière de prélèvement, le prélèvement des poumons a été réalisé par l’équipe de chirurgie thoracique de Marie-Lannelongue, celui du foie par l’équipe de transplantation hépatique de l’hôpital Paul-Brousse, des reins et des tissus par l’équipe d’urologie de l’hôpital Bicêtre. Tous les organes ont ensuite été greffés à des patients inscrits sur liste d’attente.

Une première en France

C’est la première fois en France que des poumons sont prélevés dans les conditions du protocole Maastricht III. La classification de Maastricht identifie différents types de décès. Le type III correspond au décès qui survient après une décision de limitation ou d’arrêt des thérapeutiques prise en raison du pronostic péjoratif du patient. Les équipes réalisant ce type de prélèvements ont reçu en amont une autorisation de l’Agence Régionale de Santé après avis de l’Agence de la biomédecine.

Les Hôpitaux universitaires Paris-Sud, AP-HP, ont participé à la phase pilote de ce programme sous l’égide de l’Agence de la biomédecine. Un bilan est prévu après un an de fonctionnement [1].

« Ce type de don est aujourd’hui rendu possible grâce à l’évolution des lois de Bioéthique et aux apports des techniques innovantes telles que la circulation régionale normothermique ou la réhabilitation des organes en ex-vivo », explique le Docteur Gaëlle Cheisson, responsable médicale de la coordination de prélèvement des Hôpitaux universitaires Paris-Sud.  « Déjà pratiqué dans de nombreux pays comme la Belgique, le Canada ou l’Espagne, le prélèvement « Maastricht III » devrait  contribuer à l'amélioration de l'accès à la transplantation pour les malades en attente de greffe » précise le Dr Cheisson.

Notes :

[1]. Les hôpitaux de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP et du CHU de Nantes ont également été retenus par l’Agence de la biomédecine ainsi que le Centre hospitalier Annecy Genevois et le Centre Hospitalier de La Roche-Sur-Yon.

Dernière modification le 24 juin 2016