Rosetta : du suspens, de la joie et... des rebondissements

Par Gaëlle Degrez / Publié le 13 novembre 2014

C’est une première à jamais gravée dans l’histoire de l’Humanité. Hier, mercredi 12 novembre à très exactement 16h34 heure française, le petit robot Philae s’est posé sur la comète Tchoury. Si son ancrage au sol ne s'est pas déroulé comme prévu, son bilan de santé s'avère plutôt rassurant.

 

16h hier sur le campus d’Orsay. Le public se rallie en nombre dans les locaux de l’Institut d’Astrophysique Spatiale (IAS – CNRS/UPSud) ou dans l’un des deux amphis équipés pour suivre en direct la retransmission de l’atterrissage du petit robot Philae sur la comète 67P/Churyumov-Geraminenko, surnommé Tchoury par la communauté. Jean-Pierre Bibring (IAS - CNRS/UPSud), responsable scientifique de Philae intervient depuis l’Esoc, le centre de contrôle des opérations en vol de l’ESA à Darmstadt (Allemagne). A l’Université Paris-Sud, le directeur adjoint de l’IAS Hervé Dole accueille la foule venue en nombre. « A travers ses missions, telles que Rosetta, l’IAS contribue à repousser les limites de la connaissance » s’enthousiasme-t-il. François Poulet, John Carter et Cédric Pilorget, trois astrophysiciens membres de l’équipe en charge de l’instrument CIVA prennent le relais et rappellent les grands objectifs de la mission Rosetta mais aussi les difficultés inhérentes à l’atterrissage prévu et espéré du petit robot Philae. On y apprend par exemple que pour alléger au maximum le poids utile de Philae, la puissance électrique a été limitée à 5 watt, soit l’équivalent d’une lampe dans un réfrigérateur lambda… sauf que pour Philae, cette puissance devrait être suffisante pour alimenter pas moins de 10 instruments scientifiques de pointe.

#AccrocheToiPhilae
Le ton est badin au départ mais la tension se fait palpable au fur et à mesure que le temps s’écoule. Sur les réseaux sociaux, les mots clés #Rosetta, #Philae, puis le très populaire #PoseToiPhilae enflamment la toile. Le premier signal est attendu vers 17h05 heure de Paris. Les astrophysiciens s’agitent de plus en plus jusqu’à la délivrance : à 17h03 exactement, l’info tombe : « Philae is talking to us » confirment les scientifiques de l’Esoc, le centre de contrôle des opérations en vol de l’ESA à Darmstadt (Allemagne). L’annonce est suivie d’un tonnerre d’applaudissements, le soulagement est patent, la sphère twitter s’enflamme. Après une chute libre de 7 heures, le petit robot Philae s’est posé sur la comète Tchoury, à 510 millions de kilomètres de la Terre. C’est déjà une première, un exploit.

Une histoire à rebond


En rose la zone où Philae a d'abord atterri comme prévu, en bleu celle où il se trouve actuellement. ©ESA/Rosetta/Philae

C’est l’histoire de la science. Après la joie, l’inquiétude. Les images tardent à arriver. Il semble que les 2 harpons tirés sous Philae n’aient pas permis de l’ancrer solidement au sol. Les investigations se sont poursuivies toute la nuit pour les scientifiques.
On en sait plus ce jeudi 13 novembre et les nouvelles sont plutôt rassurantes : Philae est toujours opérationnel et il a passé la nuit à travailler. Parmi les principales informations apportées ce jour : hier, Philae s'est bien posé mais il a rebondi deux fois et se trouve coincé dans une «zone de falaises». Cette zone est en outre moins ensoleillée que celle initialement prévue, ce qui rend  plus compliqué mais pas impossible la recharger des batteries. Enfin, tant que le robot n’est pas stabilisé (il a pour l’instant deux pieds au sol et un dans l’espace), le forage est repoussé. Pour autant la communauté est très enthousiaste devant la moisson de données et les premières images déjà recueillies. Il y a fort à parier que les équipes scientifiques vont peu dormir dans les jours qui viennent. L’aventure continue !

Dernière modification le 13 novembre 2014