Parce qu’elles le valent bien !

Par Gaëlle Degrez / Publié le 16 décembre 2014

Deux chercheuses de l’Université Paris-Sud, l’une doctorante, l’autre post-doctorante, figurent parmi les lauréates distinguées lors de la cérémonie de remise des bourses L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science qui s’est tenue le 4 décembre dernier.

Depuis 2007, la Fondation L’Oréal soutient de jeunes chercheuses prometteuses. A travers son programme de Bourses L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale française pour l’UNESCO, elle distingue des chercheuses qui ont en commun la qualité et le caractère novateur de leur projet scientifique, l’excellence de leur niveau académique et le désir de transmettre aux plus jeunes leur passion.

Cette année, le jury, présidé par le Professeur Philippe Taquet, Président de l’Académie des sciences, a sélectionné 10 doctorantes et 10 post-doctorantes en sciences du vivant et en sciences de la matière, parmi les 561 candidatures reçues.

Parce qu'elle n'est pas enfermée dans sa bulle


Lorène Chamougny, une des lauréates, est actuellement en thèse à l'Université Paris-Sud. © L'Oréal

« Source d’émerveillement et d’inspiration poétique, la beauté éphémère des bulles de savon recèle des questions scientifiques complexes et toujours actuelles », s’émerveille Lorène Champougny, actuellement en troisième année de thèse au Laboratoire de Physique des Solides (LPS- UPSud/CNRS),

De quoi dépend l’épaisseur d’un film de savon ? Quels sont les moyens d’influencer sa stabilité ? Autant de questions fondamentales qui ont de nombreuses répercussions pour des applications de la vie courante (alimentation, cosmétique, détergence, etc.) mais aussi à l’échelle industrielle, notamment pour la récupération du pétrole.

À l’aide d’une approche pluridisciplinaire, cette jeune doctorante cherche à comprendre le lien entre la vie d’un film de savon et les propriétés physico-chimiques des molécules qui le stabilisent. Pouvoir l’expliquer permettrait de contrôler la structure des mousses solidifiées, matériaux omniprésents dont les applications vont de l’isolation des chocs et de la chaleur (mousses solides des emballages, matériaux d’isolation) à la culture de tissus biologiques. « Lorène Champougny s’attaque à un problème très difficile, constate Dominique Langevin, directrice de recherche au Laboratoire de Physique des Solides.

Cela peut surprendre, mais personne ne sait encore prédire quand et pourquoi une bulle de savon va éclater. Lorène est ainsi en train de mettre à profit son esprit de synthèse pour devenir la meilleure spécialiste de son sujet de thèse ».

Parce qu'elle a un rayonnement pacifique


Immaculada Martinez-Rovira, post-doctorante à l'Université Paris-Sud. © L'Oréal

Pluridisciplinaire et international, le travail du Dr Immaculada Martínez-Rovira, Post-doctorante au Laboratoire d’imagerie et modélisation en neurobiologie et cancérologie (IMMC-UPSud/UPD/CNRS) au sein de l’équipe « Nouvelles Approches en Radiothérapie », consiste à élaborer de nouveaux traitements des tumeurs réfractaires à la radiothérapie conventionnelle. Les recherches de cette scientifique espagnole concernent également les tumeurs situées à proximité d’organes sensibles ou encore de certaines tumeurs pédiatriques.

Immaculada Martínez-Rovira, expérimente des radiothérapies par mini-faisceaux (MBRT), une technique consistant à fractionner les rayons X afin de retarder la croissance des tumeurs agressives tout en préservant les tissus sains. Combinée à la thérapie par nano-particules (Nps) – stratégie utilisant de minuscules particules permettant de transporter avec précision des agents jusqu’aux cellules tumorales – cette approche pourrait induire une amplification de la mort cellulaire uniquement dans la tumeur concernée.

Toutefois, les processus physiques et biochimiques en cause sont encore mal compris. Les recherches du Dr Martínez-Rovira visent donc à mettre au point une approche à la fois physique, biologique et chimique permettant d’apprécier les effets impliqués dans ces techniques innovantes et prometteuses. « Pour réaliser cette étude, précise le Dr Immaculada MartínezRovira, je fédère une collaboration internationale entre la France, la Jordanie, l’Espagne et le Royaume-Uni ». Une façon efficace et humaniste de briser d’autres résistances.

Dernière modification le 16 décembre 2014