Jean-François Le Gall à l’Académie des Sciences

Par Gaëlle Degrez / Publié le 20 juin 2014

Jean-François Le Gall, Professeur de mathématiques à l’Université Paris-Sud, a été accueilli mardi 17 juin avec les seize autres nouveaux membres de l’Académie des Sciences. 


Jean-François Le Gall (à gauche) en compagnie de Bernard Meunier, vice président de l'Académie des sciences, qui lui remet sous la Coupole sa médaille de membre, en argent, portant son nom et sa date d'élection. © Brigitte Eymann - Académie des sciences

Une cérémonie de réception de dix-sept nouveaux académiciens a eu lieu mardi 17 juin en séance solennelle sous la Coupole de l'Institut de France. Parmi les nouveaux élus , Jean-François Le Gall, Professeur de mathématique à l’Université Paris-Sud. Jean-François Le Gall est spécialiste de la théorie des probabilités. Ses travaux visent à mieux comprendre les propriétés des processus aléatoires, dont le célèbre mouvement brownien, et celles d’autres objets mathématiques choisis au hasard, notamment les graphes aléatoires.

Pour Jean-François Le Gall, « la recherche mathématique est la découverte de mondes virtuels inexplorés, avec souvent le grand plaisir d’y trouver une harmonie inattendue et remarquable. » Ses recherches se placent dans le cadre de la théorie moderne des probabilités, qui a connu des développements très importants dans les quarante dernières années. Ses travaux sur le mouvement brownien, et notamment sur la géométrie de la courbe brownienne dans le plan, lui ont permis de découvrir certaines propriétés surprenantes des points visités plusieurs fois par le mouvement brownien, et d’obtenir une estimation très précise de l’aire de l’ensemble des points dont une courbe brownienne plane s’approche à une distance inférieure à un petit nombre fixé.

Jean-François Le Gall s’est ensuite intéressé aux processus aléatoires qui décrivent l’évolution de populations de particules soumises à un double phénomène de reproduction aléatoire et de déplacement brownien dans l’espace. Grâce à un nouveau processus aléatoire, le serpent brownien, il a établi des liens profonds entre cette étude probabiliste et un autre domaine des mathématiques, la théorie des équations aux dérivées partielles. Depuis, il consacre l’essentiel de ses travaux aux propriétés de grands graphes aléatoires dessinés dans le plan, qui consistent en des sommets (ou « villes ») dont certaines paires sont reliées entre elles par des arêtes (ou « routes ») : l’objectif est de comprendre leur géométrie, par exemple la distance maximale entre deux sommets. Ces travaux l’ont conduit à définir un nouvel objet mathématique aux propriétés fascinantes, la carte brownienne, qui fournit un modèle de géométrie aléatoire dans la théorie physique de la gravité quantique en dimension deux.

Cette présentation est extraite de la plaquette "Les académiciens élus en 2013" que nous reproduisons avec l’aimable autorisation de l’Académie des Sciences.

Dernière modification le 23 juin 2014