Un colloque autour de la question du sacré

Par Guerric Meylan / Publié le 11 décembre 2014

Retour sur le colloque international Sacré –Responsabilité organisé par le centre de recherche Droit et Sociétés Religieuses de la Faculté Jean Monnet.


Les intervenants du colloque. © S. Karmous.

Le colloque international Sacré – Responsabilité, qui s’est déroulé sur deux journées les 21 et 22 novembre 2014, à la Faculté Jean Monnet, est emblématique des thématiques de recherche du centre Droit et Sociétés Religieuses.

À la croisée de la philosophie du droit et de l’histoire institutionnelle et juridique, il s’est proposé de préciser les contours d’une notion mal identifiée par la société française du XXIe s. L’approche interdisciplinaire de la question a permis de réunir, pour un total de 17 communications, des spécialistes qui ont accepté, dans leurs domaines de compétences respectifs, d’envisager la dimension technique du sacré.

L’effort de définition s’est accompli à partir du droit romain antique pour aboutir aux résurgences contemporaines du sacré telles qu’envisagées, notamment, par la Cour de Cassation réunie en Chambre plénière deux jours seulement avant la tenue du colloque.

Historiens du droit, philosophes et professeurs de lettres sont tombés d’accord, à l’issue de leurs échanges soutenus, pour reconnaître que le profane pouvait s’approprier le sacré, lequel ne doit donc pas systématiquement être associé au phénomène religieux. Il peut procéder de lois révélées ou établies mais, pour le juriste, se présente toujours sous la forme d’un faisceau de règles contraignantes.

Dans l’ancienne Rome, les lois sacrées étaient identifiées. Nos lois sacrées, celles de la Ve République, ne disent pas leur nom, mais procèdent des mêmes intentions. Il appartient seulement au citoyen éclairé de les identifier, parmi les lois ordinaires, et de découvrir ainsi la dimension du sacré au cœur de son propre espace institutionnel. Elles sont présentes dans notre ordre juridique pour encourager la communauté politique à considérer l’après. Leur but consiste à concevoir une dynamique collective de responsabilité afin de limiter l’excès, tantôt des gouvernants, tantôt de la société civile.

En droit de l’environnement, par exemple, elles conduisent à sanctuariser les espaces protégés, pour que chacun sache s’y comporter avec dignité, d’une part, pour que le corps civique puisse les transmettre aux générations futures, d’autre part.

Aussi, sans qu’il soit nécessaire d’opposer l’homme religieux et l’homme moderne, il devrait être possible d’envisager le sacré de manière constructive en insistant sur le caractère rationnel de l’action qu’il accomplit depuis la naissance des civilisations. Sur cette action nécessaire qui consiste en l’instillation d’une juste mesure d’altérité dans la conception comme dans la pratique de la norme.

Contact : Programme coordonné par Guerric MEYLAN (Université Paris-Sud, Centre Droit et Société Religieuses)

Dernière modification le 11 décembre 2014