Les bactéries, des amies qui vous veulent du bien

Publié le 7 mars 2016

Par Gabriel Perlemuter, Professeur en Hépato – gastro – entérologie à l'Université Paris-Sud et chef de service à l'hôpital universitaire Antoine-Béclère et Anne-Marie Cassard chargée de recherche INSERM dans l'Unité mixte de recherche Inflammation, Chimiokines et Immunopathologie – UMR 996- (Inserm/UPSud)


La couverture du livre. © Editions SOLAR

Et si on vous disait que notre intestin est l'endroit sur la Terre où la densité est la plus élevée ? Et si on vous disait que ces 100 000 milliards de bactéries qui peuplent notre tube digestif sont des amies qui nous veulent que du bien ? Après la théorie hygiéniste du tout propre, il est urgent aujourd'hui, comme nous le démontrent deux éminents spécialistes des bactéries, de réhabiliter ces mal-aimées, de choyer, préserver ces amies qui contrôlent toute notre santé.

L'intestin, ce « deuxième cerveau »

Nous naissons stériles, mais sommes envahis dès notre toute première seconde de vie par des bactéries qui resteront en nous définitivement. Fort heureusement, nous vivons en parfaite symbiose avec elles. Nos bactéries sont heureuses en nous et elles nous le rendent bien car, malgré leur mauvaise réputation, elles sont bienveillantes et nous protègent de nombre de maladies.

L'intestin, surnommé « deuxième cerveau », nous contrôle grâce à elles : nos amies les bactéries nous aident à digérer, à nous protéger des microbes malveillants et à les combattre, mais surtout elles nous défendent contre l'obésité, les allergies, les douleurs du ventre et les maladies digestives. Mieux encore, elles parviennent à nous protéger des maladies cardiaques ainsi que de certains cancers, et peuvent même modifier notre comportement, nous rendre sensibles ou nous protéger vis-à-vis de la consommation d'alcool.

L'évolution de l'humanité a entraîné avec elle l'évolution des bactéries, mais c'est surtout ces dernière années que notre société s'est transformée, et très vite : modifications de notre alimentation (régime trop gras et/ou trop sucré, additifs alimentaires, édulcorants), augmentation des voyages et migrations humaines, apparition des antibiotiques. Nous avons perdu certaines bactéries, et cela a entraîné des conséquences, d'abord insoupçonnées, mais maintenant mieux comprises : notre déséquilibre bactérien, appelé dysbiose, participe à l'obésité, au diabète, aux douleurs et aux maladies cardiaques ou du tube digestif, à l'augmentation de certains cancers et même au développement de troubles psychiatriques, comme le stress ou l'autisme.

Comment nos bactéries nous contrôlent-elles ? Comment protéger notre capital bactérien dès notre plus jeune âge et retrouver une flore bactérienne normale en cas de déséquilibre, de dysbiose ? Peut-on se soigner en agissant sur nos bactéries bienveillantes ? Que penser des antibiotiques qui détruisent les bactéries ?

Cet ouvrage, réalisé par deux spécialistes des bactéries digestives, permet de comprendre que les bactéries doivent être dédiabolisées. Certaines nous rendent malades, mais celles avec qui nous vivons quotidiennement sont un gage majeur de notre bonne santé, et ce dès la naissance.

Solar Editions – Mars 2016 -19,50 € - 320 p.

Les auteurs

Gabriel Perlemuter est professeur des universités  en Hépato – gastro – entérologie. Il enseigne à l'Université Paris-Sud et dirige une équipe de recherche à l'INSERM sur le microbiote intestinal et le foie. Il est chef du service  d'hépato – gastro – entérologie et nutrition à l'hôpital universitaire Antoine Béclère, A Clamart. Il est membre de plusieurs sociétés savantes. Il est l'auteur de nombreuses publications scientifiques et didactiques et donne régulièrement des conférences dans le monde entier.

Anne-Marie Cassard est chargée de recherche INSERM dans l'Unité mixte de recherche Inflammation, Chimiokines et Immunopathologie – UMR 996- (Inserm/UPSud). Elle étudie les mécanismes par lesquels le microbiote intestinal est impliqué dans les maladies du foie et les maladies du métaboliques. Elle est l'auteur de nombreuses publications scientifiques nationales et internationales. Elle dirige de nombreux travaux de recherche et donne régulièrement des conférences scientifiques sur l'implication de nos bactéries digestives dans notre santé.

Dernière modification le 7 mars 2016