Europan : repenser l’urbanisme du Campus d’Orsay de Paris-Sud

Par Marie Beuneu / Publié le 13 mai 2014

Le 30 avril 2014, au Bâtiment des Colloques, les lauréats du concours d’urbanisme et d’architecture Europan ont présenté leur projet pour l’entrée ouest du Campus d’Orsay de l’Université Paris-Sud.

« La ville adaptable, insérer les rythmes urbains »

En 2012, l’Établissement public Paris-Saclay, en partenariat avec l’Université Paris-Sud, la mairie de Bures-sur-Yvette, la CAPS et le CROUS, proposait un site du campus d’Orsay à l’étude pour le concours Europan. Bi-annuel, ce concours d’idées permet à de jeunes architectes et urbanistes d’étudier des situations urbaines concrètes dans une vingtaine de pays européens. Cette année, le thème portait sur « la ville adaptable, insérer les rythmes urbains ».


La présentation des lauréats du concours le 30 avril 2014 © Marie Beuneu

Située à l’entrée ouest du campus d’Orsay et à proximité du centre-ville de Bures-sur-Yvette, la parcelle proposée à l’étude présentait de nombreux défis, allant de la valorisation des paysages naturels aux relations entre ville et université en passant par l’insertion du site dans le Campus Paris-Saclay. Parmi les 46 équipes ayant choisi de travailler sur ce site, deux projets ont été désignés lauréats et l’un d’entre eux a reçu une mention spéciale lors du jury final en décembre 2013.

Le 30 avril 2014, les trois équipes ont présenté leur projet devant une soixantaine de personnes, parmi lesquelles le Président de l’Université Paris-Sud, Jacques Bittoun, le Vice-Président Jean-Michel Lourtioz, le maire de Bures-sur-Yvette, Jean-François Vigier, le Directeur Général Délégué de l’EPPS, Guillaume Pasquier, ainsi que des représentants des partenaires du projet.

Des projets valorisant la mixité et les paysages naturels

Le projet de Maia Tüür et Yoann Dupouy, « Reversing the grid », s’axe sur le dialogue entre ville et nature et sur les liens entre plateau et vallée. En réponse aux projets du paysagiste Michel Desvigne sur le plateau de Saclay, l’équipe propose de calquer ce modèle dans la vallée en inversant la grille urbanisme / paysage. Pour cela, ils imaginent une « grille naturelle », l’implantation de « clairières universitaires » et des zones de « ville intermédiaire ».

Le projet restructure les espaces verts avec une grille d’allées piétonnières, épousant les particularités du paysage et intégrant des équipements sportifs. Les clairières universitaires relient les bâtiments autour d’espaces publics et les zones de ville intermédiaire propose des lieux de mixité (logements, commerce…).


La carte du site étudié. Copyright les contributeurs d'OpenStreetMap

Le projet du Collectif George, «  Lieu(x) de négociation(s) », s’attache à la fédération de publics différents (étudiants, chercheurs, enseignants-chercheurs, riverains…), à la mutualisation d’équipements et à la mobilité sur le campus. Il prévoit des plateformes-paliers parallèles aux courbes de niveau et proposant des programmes différents : la plateforme du centre rassemble par exemple logements et commerces tandis que celle du petit plateau contient des équipements mixtes ville-université (centre sportif, co-résidence). Chacune de ces plateformes, réunissant des partenaires différents, appelle à négociation.

Le projet propose également des axes de mobilité nord-sud pour relier vallée et plateau, grâce à des cheminements piétons, des voies pour les bus, voire la mise en place d’un tramway.

Enfin, le projet de Suzanne Jubert, « Concentrer – morceler », réorganise l’entrée ouest du campus vallée avec de grandes cours ouvertes depuis les bâtiments existants sur l’Yvette et des lanières structurant le paysage. Les cours, sur plaques minérales, correspondent à une fonction précise (cours-campus, cours-résidences) et concentrent les fonctions principales de l’université. Ouvertes sur l’Yvette, elles s’intègrent au paysage en valorisant le cours d’eau. Les lanières sont des bandes de paysage axées nord-sud, de 24 mètres de large, intégrant des équipements sportifs, des cheminements piétons, des serres ou des jardins mutualisables avec la ville voisine. Elles permettent ainsi de morceler des équipements de proximité en plus petites entités.

Europan, et après ?

Alors que les projets présentés par les lauréats du concours Europan ne sont encore qu’au stade d’idées, les partenaires présents se sont tous montrés intéressés par la poursuite du travail et de la réflexion autour de cette parcelle du campus d’Orsay. Au sein du Campus Paris-Saclay, l’EPPS envisage d’ailleurs de soumettre d’autres sites à l’étude pour les prochains concours Europan.

Dernière modification le 13 mai 2014