Deux étudiants de l’UFR STAPS racontent leur année d’études en Russie

Par Yves Drothier / Publié le 14 janvier 2018

Anciens étudiants en Master 2 Management des évènements et des loisirs sportifs (MELS) à l’UFR STAPS de l’Université Paris-Sud, Nathan Musset et Théo Rogge ont été les premiers de ce cursus à bénéficier d’une poursuite d’étude à l’Université internationale olympique de Russie (RIOU à Sotchi) dans le cadre d’un partenariat établi entre l’UFR STAPS et la RIOU.


Nathan Musset et Théo Rogge devant le bâtiment d'enseignement de l'UFR STAPS où ils étaient venus raconter leur année en Russie. © UPSUD

Partis vivre pendant un an à Sotchi grâce à un système de bourse, en vue d’obtenir le Master of Sport Administration de l’Université internationale olympique de Sotchi, ils sont revenus en France à l’occasion des congés scolaires et ont pu présenter leur retour d’expérience à la promotion 2018/2019 d’étudiants en master MELS.

Très enthousiastes après trois mois de vie sur place, Nathan et Théo ont d’abord mis en avant la dimension internationale du master à Sotchi. « Les gens viennent de partout. On n’intègre pas une communauté locale, mais bien un collectif international. Les professeurs changent régulièrement et viennent de pays différents ce qui donne un nouvel éclairage sur les différentes manières de travailler. »

Si beaucoup de cours portent sur l’olympisme étant donné que l’école est née des jeux olympiques de Sotchi (2014), le Master of Sport Administration ne se limite pas à ce seul domaine. « Les connaissances qui nous sont transmises sont bien complémentaires de celles que nous avons acquises pendant notre formation M2 MELS. On s’aperçoit de de nos points forts en matière de marketing et de communication et on complète nos connaissances notamment sur la politique et la gouvernance. Cela nous ouvre une vraie dimension internationale pour notre projet professionnel ».

Le témoignage de Nathan Musset

Qu’est-ce qui vous a poussé à partir à Sotchi pour vivre cette année de master ?

En 2017, Michel Desbordes et Christopher Hautbois[ndlr : responsables du master MELS à l’UFR STAPS] nous ont parlé de cette possibilité de partir à Sotchi, mais l’année se faisant on avait déjà nos cours, la préparation des examens, puis le stage… bref d’autres choses à penser à ce moment. J’avais gardé l’idée en tête et pendant mon stage, j’ai commencé à y repenser car on avait reçu un mail concernant cette possibilité. Mon stage se passait plutôt bien, et on m’avait d’ailleurs proposé un CDI à l’issue dans le domaine que j’aime. C’était une chance en or, surtout connaissant la situation de l’emploi en France pour les jeunes diplômés.

Il y a donc eu une période de maturation et d’hésitation pendant laquelle j’ai consulté tout mon entourage et finalement j’ai pris la décision de partir et aujourd’hui je ne la regrette pas une seule seconde.

Qu’est-ce qui a pesé dans cette décision ?

Je me suis toujours senti prêt à travailler durant mes études et même avant, mais curieusement, au moment où on m’a proposé ce CDI, et donc de rentrer dans la vie active, j’ai été pris d’un doute. Je me suis dit que partir à Sotchi était une opportunité que je n’aurais probablement plus une fois engagé dans la vie active. Je voulais m’offrir avant une aventure personnelle.

Le volet international a également beaucoup pesé dans la décision, je voulais renforcer mon aisance en anglais et sur ce point c’est d’ores et déjà une réussite.

Quels sont les points sur place que vous avez découvert et le plus apprécié ?

Je m’étais plutôt préparé pour ce voyage en regardant avant comment ça allait se passer une fois sur place. Je n’ai donc pas été particulièrement surpris ou dépaysé. Par contre la vraie surprise là-bas, c’est l’ouverture et la sympathie des gens. On forme vraiment une petite famille de 27 personnes dans notre promotion, où chacun est très bienveillant. D’ailleurs avant d’y retourner il faut que l’on achète avec Théo du fromage pour leur faire en rentrant un diner 100% français. Et ça marche aussi dans l’autre sens, là-bas nous avons déjà mangé indien car certains étudiants viennent d’Inde. On s’aperçoit avec un collectif international que l’échange entre les gens n’a pas de limites.

Quelles sont les différentes nationalités représentées dans votre promotion du Master of Sport Administration de l’Université internationale olympique de Russie à Sotchi ?

Allemand, français, russe, biélorusse, ougandais, swaziland, indien… ce sont en plus des nationalités qu’on ne rencontre pas forcément en France, c’est très enrichissant aussi pour cela.

Avez-vous trouvé facile de vous insérer dans la vie locale à Sotchi ?

Oui, mais j’avais déjà vécu 3 ans à Moscou avec mes parents. Je ne partais pas en terre inconnue en Russie. Je savais qu’en tant qu’expatrié, il faut rester modeste sur tous les points :  la barrière de la langue, la manière de se comporter avec la population locale. On ne vient pas pour assener ses vérités sur le monde et la vie, mais en étant bienveillant et ouvert.

En plus, A Sotchi, la culture locale est sans doute particulière et différente du reste de la Russie car finalement Sotchi c’est un peu la station balnéaire russe. La vie locale se rapproche de la culture occidentale. J’ai trouvé le contact facile avec les russes, qui m’ont régulièrement dit qu’ils aimaient la France et Paris. On s’échange des mots, on discute des coutumes de chaque pays.

Aimeriez-vous poursuivre cette expérience là-bas une fois diplômé ?

J’adore personnellement la Russie et si je peux y rester après cette expérience je le ferais. C’est quelque chose que je n’envisageais pas forcément avant, mais si les conditions sont réunies pour avoir une vie agréable là-bas, dans un secteur qui me plait, je n’y vois pas d’inconvénient. La France n’est pas très loin, en avion il suffit d’une demi-journée pour revenir.

Quels sont les arguments que vous mettriez en avant pour d’autres jeunes qui voudraient comme vous, tenter cette aventure ?

Je peux comprendre qu’on ait des appréhensions, je suis moi-même un peu casanier. Je n’avais pas eu d’échanges internationaux dans mon cursus, et je dirais en premier lieu que ce type d’expérience est une excellente occasion d’améliorer son anglais. On le fait naturellement et simplement pour échanger avec son voisin. Les rencontres également sont une bonne raison de se lancer, et c’est d’une valeur inestimable.

Le témoignage de Théo Rogge

Qu’est-ce qui vous a amené à prendre la décision de faire ce master à l’Université internationale olympique de Russie à Sotchi après ton M2 MELS à l’UFR STAPS (Université Paris-Sud) ?

Tout au long de mon cursus d’études, je n’avais pas eu la possibilité de partir à l’étranger alors que c’était une envie personnelle. Je me suis dit que c’était maintenant ou jamais quand on me l’a proposé.

Je n’avais pas d’objectif ou de projet professionnel, c’était surtout une envie personnelle mais qui guide aussi mes rencontres et crée des opportunités professionnelles.

Sotchi et la Russie vous ont-ils attirés en particulier ?

Pas forcément, je serais aussi parti si ça avait été une autre destination. Je voulais expérimenter de nouveaux lieux, une nouvelle culture. Et à Sotchi il y a des à cotés qui me plaisent : en plus de la qualité de l’enseignement, il y avait autour une station de ski, la mer…

Etiez-vous déjà allé en Russie ?

Non, j’ai eu la chance d’avoir beaucoup voyagé dans ma vie avec mes parents, mais je n’étais jamais allé en Russie, ni parti vivre dans un pays étranger. J’avais déjà rencontré et dialogué avec des russes en revanche, donc je connaissais un peu la situation locale et je n’avais aucune inquiétude à m’y trouver à mon aise une fois sur place.

Tout est intriguant, c’est un pays très vaste et on est vite dérouté par les distances. Les russes considèrent par exemple que vivre à 2500km d’une ville, c’est vivre à côté. Il nous manque le temps et les moyens financiers pour tout visiter et faire, mais ça donne envie de visiter plus encore ce pays.

Quels points forts retirez-vous de ce premier trimestre de cours à l’étranger ?

L’environnement dans lequel on est reçu. Tout est pris en charge, une personne est derrière nous et nous facilite les choses, notamment le logement.

Deuxième point la ville en tant que telle. J’adore Sotchi. Je suis sorti de l’hôtel le premier jour pour voir la mer, les palmiers… le tout en t-shirt avec 25 degrés dehors fin septembre.

Enfin les russes qui sont très sympathiques au quotidien et toujours prêt à aider, même s’ils ne parlent pas anglais et ne sont pas forcément très démonstratifs.

Et puis il y a aussi l’expérience de la colocation avec Nathan, le fait de vivre ensemble à l’étranger ça rapproche nécessairement.
Le fait d’être à l’international fait perdre ses repères et oblige à en retrouver ou même ne pas en reconstruire. Ça ouvre l’état d’esprit et permet de se rendre compte que même en France, nous sommes très influencés par la vision américaine du monde.

On découvre aussi avec quels pays on a des affinités pour travailler et ceux avec lesquels c’est plus difficile.

Envisagez-vous depuis cette expérience de travailler à l’étranger ?

Oui, plus le temps passe et plus je me vois travailler à l’étranger à l’issue de mes études. Ça va dépendre des rencontres et des opportunités bien sûr mais pour le moment je me verrais bien aller travailler au Quatar.

Vous sentez-vous bien intégré dans la vie locale à Sotchi ?

La vie russe, on ne la voit pas vraiment car on évolue dans un environnement international. On a rencontré des habitants locaux en allant au supermarché ou lors de nos loisirs mais la barrière de la langue fait que nos échanges sont plus limités qu’avec les étudiants de notre promotion.

Quelle source de motivation donneriez-vous aux autres étudiants qui hésitent à partir ?

Si votre crainte première porte sur les démarches administratives et les chances d’être reçu, ne vous en faites pas. Je pensais personnellement que les échanges internationaux à l’université étaient compliqués et long à mettre en place. 

Mais dans notre cas, tout a été pris en main et simplifié. Nous avons été très bien accompagnés. 

D’un point de vue culturel : c’est l’occasion de rencontrer énormément de nationalités différentes, dans une région différente pour échanger et devenir amis. Ce genre d’opportunité n’arrive pas tous les jours. Je dirais aussi que le diplôme qu’on obtient à la fin est très intéressant à valoriser sur le marché du travail.

Un mot de la fin Nathan et Théo ?

Un grand merci à Michel Desbordes et Christopher Hautbois de nous avoir permis de vivre cette aventure et de suivre cette formation internationale.

Dernière modification le 16 janvier 2019