Une équipe enseignante du LAL à la première école d’hiver en Palestine

Par Gaëlle Degrez / Publié le 10 janvier 2017

Entre le 13 et 17 novembre 2016, s’est tenue la première édition de l’école d’hiver en Palestine dédiée à la physique des hautes énergies (WISHEPP). Cette école est le fruit d’une collaboration entre le Laboratoire de l’Accélérateur Linéaire – LAL (CNRS/UPSud) et l’Université An-Najah à Naplouse.


Une vue de l’université An-Najah - © F. Robinet

C’est sous l’impulsion de deux anciens étudiants du Master 2 Noyaux Particules Astroparticules Cosmologie (M2 NPAC), Ahmed Bassalat et sa femme Hadil Abualrob, que cette école a vu le jour. Hadil Abualrob a effectué une thèse portant sur la mise en forme du faisceau du synchrotron Soleil. Ahmed Bassalat a, quant à lui, rejoint le LAL et son travail de thèse a été mené au sein du groupe ATLAS. Après la soutenance de leur thèse en 2015, Hadil Abualrob et Ahmed Bassalat sont retournés en Palestine et enseignent aujourd’hui à l’université de Naplouse. Forts de leur expérience européenne, ils ont souhaité offrir cette école à leurs étudiants et leur ouvrir une porte vers l’occident.


L’équipe enseignante de la première l’école d’hiver lors de la soirée grand public : de gauche à droite, le Professeur Jaber Sami, et pour le LAL, Florent Robinet, Marie-Hélène Schune, Achille Stocchi et Frédéric Machefert. © F. Robinet

Près de 120 participants

C’est dans ce contexte que Marie-Hélène Schune, Achille Stocchi, Frédéric Machefert et Florent Robinet, sont partis en Palestine, à l’Université An-Najah  où ils ont découvert un campus gigantesque flambant neuf construit à flanc de colline dans la pierre blanche locale.

Après une cérémonie d’ouverture dans le grand théâtre en présence de nombreux officiels et journalistes, l’heure fut à la rencontre avec les étudiants.

L’annonce de l’école avait remporté un très grand succès et ce sont ainsi près de 120 étudiants, tous niveaux confondus (2e, 3e, et 4e année), qui ont suivi les cours. En Palestine, les cursus scientifiques sont dominés par les étudiantes, les garçons préfèrent les écoles d’ingénieurs. Aussi, l’auditoire était presque exclusivement féminin, à l’exception d’une poignée de garçons. Étant donné les effectifs, l’école fut partagée en deux groupes et les professeurs enseignèrent deux fois chaque cours.

Un programme ambitieux

Achille Stocchi et Marie-Hélène Schune proposaient un programme ambitieux : une introduction aux forces fondamentales permettant de décrire les particules élémentaires et menant à la construction du Modèle Standard.

Dans ce cadre, le mécanisme de Higgs et son boson associé découvert en 2012 sont présentés. Frédéric Machefert retrace l’histoire instrumentale liée à la physique des hautes énergies. Le principe des détecteurs composant les expériences du LHC au CERN est exposé. Enfin, Florent Robinet présente la physique des ondes gravitationnelles. En particulier, une grande partie du cours est consacrée au premier signal d’ondes gravitationnelles associé à un système double de trous noirs détecté en 2015.

En parallèle, plusieurs événements furent organisés pour donner de la visibilité à l’école : plusieurs séminaires étaient programmés pour les universitaires et les lycéens. Le grand public fut convié pour une soirée mêlant exposés scientifiques, danses et musiques traditionnelles.


Dans l’amphithéâtre, avant la cérémonie d’ouverture © F. Robinet

L’école plébiscitée, rendez-vous est d’ores et déjà pris pour novembre 2017

Remportant un véritable succès, l’école a été plébiscitée par les enseignants, les étudiants ainsi que les organisateurs. Il a donc été décidé de pérenniser l’expérience. La deuxième édition de WISHEPP aura lieu lors la semaine du 12 novembre 2017.

Au-delà des cours, cette école avait également pour objectif de tisser des liens forts avec les étudiants et le corps enseignant local. Plusieurs accords entre l’Université Paris-Sud et l’Université An-Najah vont se mettre en place. Il est ainsi prévu d’accueillir plusieurs étudiants palestiniens en France pour leur offrir une formation universitaire de pointe. Le LAL souscrit fortement à cette initiative.

Dès février 2017, le LAL accueillera quatre étudiantes palestiniennes qui viendront effectuer un stage de plusieurs mois dans les groupes de physique.

Florent Robinet s’est exprimé au nom de ses collègues du LAL : « Nous sommes revenus en France après avoir passé un séjour inoubliable en Palestine. Nous avons découvert des paysages typiques et une nourriture locale délicieuse. Malgré la situation difficile dans cette région du monde, nous avons été reçus avec beaucoup d’hospitalité, de chaleur et de générosité. Le rendez-vous est pris pour l’année prochaine. Nous y serons, sans hésiter».

Contact : Florent Robinet – Laboratoire de l’Accélérateur Linéaire – LAL (CNRS/UPSud) - robinet@lal.in2p3.fr

Le site web de l'école

Dernière modification le 12 janvier 2017