Un forum des métiers qui rassemble étudiants et diplômés de la filière bio-industries et biotechnologies

Par Sabine Ferrier / Publié le 14 mars 2019

Le Samedi 2 février 2019, le DEUST (1) et la Licence Professionnelle de bio-industries et Biotechnologies qui depuis 2015 est co-portée par l’Université Paris-Sud et l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines, organisaient leur forum des métiers. Celui-ci se tenait de 14H à 18H à la Maison des Parisudiens (MAPS) et rassemblait les étudiants de la licence 1 à la licence 3 et une trentaine de diplômés des promotions précédentes. L’objectif du cursus est de former des techniciens de laboratoire en biologie, capables d’intégrer efficacement une équipe de recherche, fondamentale ou appliquée, et/ou de développement d’un process.


Crédit photo : Sylviane Liotenberg

Le forum offre un panorama sur l’insertion professionnelle après la licence

Le forum a lieu chaque année. Dimitri GORGE-BERNAT, diplômé de la Licence Professionnelle en 2004, aujourd’hui ingénieur de laboratoire en cancérologie chez SANOFI, explique « J’ai toujours eu des nouvelles et gardé le contact avec l’équipe de la Licence Professionnelles de Bio-industries et Biotechnologies. Pour ma venue au Forum des métiers, c’est un peu une évidence d’y participer car nous devons beaucoup à nos professeurs qui ont vraiment tout fait pour que nous réussissions ; cela doit être au moins la cinquième fois que je m’y rends ».

Pour les étudiants, le forum est l’occasion de rencontrer les diplômés, d’échanger avec eux et de poser leurs questions. La licence a la chance d’avoir des diplômés travaillant dans des secteurs et des métiers très différents. Le forum est donc un panorama intéressant sur les insertions professionnelles possibles après le diplôme. Juliette OLIVRÉ ingénieur au sein de l’Institut Imagine, le centre de recherche de l’Hôpital Necker, et auparavant chez DANONE le souligne « la licence m’a permis de travailler dans l’agroalimentaire et désormais dans les thérapies géniques pour l’enfant. Notre parcours offre une grande diversité de carrières mais, en effet miroir, cela requiert aussi de l’adaptabilité ».  


Crédit photo : Sylviane Liotenberg

Un après-midi d’échanges à forte valeur ajoutée entre étudiants et diplômés

Lucile HOET étudiante en Licence Professionnelle après avoir suivi les options de biotechnologies de L1 et le DEUST de Bio-industries et Biotechnologies avait fait le déplacement. Elle a découvert cette formation grâce à sa mère qui travaille chez SANOFI et qui a recruté plusieurs fois des alternants issus de ce cursus dont elle était à chaque fois très satisfaite. « On a pensé toutes les deux que ce serait une bonne formation puisque je voulais travailler dans les biotechnologies ». Elle a été agréablement surprise car il y avait des diplômés des dernières promotions mais aussi de celles de 2007 et 2008. « C’était vraiment intéressant d’échanger avec des jeunes diplômés comme avec des diplômés qui ont déjà une carrière derrière eux. Les intervenants étaient issus d’entreprises très différentes ce qui permet d’avoir un panorama assez large des débouchés professionnels. Pour ma part, j’ai pu avoir des informations concernant l’évolution de la carrière car je souhaite travailler directement après la licence sans pour autant me priver d’être un jour cadre. Certains diplômés s’étaient retrouvés face aux mêmes questionnements, j’ai donc pu échanger avec eux ».

Pouvoir orienter, conseiller, aiguiller en donnant les bonnes informations aux étudiants est vraiment important, d’autant plus que les étudiants peuvent parfois se faire de fausses idées. Pour Dimitri GORGE-BERNAT, il faut « rassurer sur l’entretien d’embauche ». De son point de vue « les étudiants ont tendance à se sous-estimer en arguant qu’ils n’ont pas d’expérience mais ils n’ont pas conscience que leur jeunesse offre de belles qualités : la motivation, la disponibilité, la réactivité ou encore une aisance avec certains outils numériques. Ils perçoivent souvent l’entretien comme un grand oral où ils seront jugés mais en réalité c’est surtout une rencontre entre une personne et une entreprise et chacun doit chercher à voir s’il correspond à l’autre ! »

Les questions sont très diverses, concernent le secteur privé comme le secteur public et souvent très concrètes comme celles qui portent sur les salaires. Pour Juliette OLIVRÉ « les étudiants doivent être tenus informés du marché et des prix. Ils doivent être correctement armés pour se défendre dans une négociation surtout les femmes ! C’est assez terrible de le constater mais elles ont tendance à être payées en moyenne 20% de moins que les hommes ».


Crédit photo : Sylviane Liotenberg

Le réseau professionnel passe par le réseau des diplômés

Tous les diplômés ont insisté sur l’importance du réseau professionnel qui passe aussi par le réseau des diplômés. Juliette OLIVRE rappelle l’importance d’entretenir son réseau. « Pour ma toute première expérience professionnelle, j’étais en alternance chez DANONE et j’ai été recrutée par le groupe plus tard grâce aux liens que j’avais gardés avec mon ancienne équipe ».

LinkedIn est aussi un très bon outil, Juliette OLIVRÉ l’utilise pour souhaiter ses vœux de nouvelle année, pour envoyer une offre d’emploi qui pourrait correspondre à quelqu’un qu’elle connait. « Il ne faut pas attendre que le réseau nous « donne » pour donner en retour ».

Depuis sa création, l’équipe pédagogique et les responsables de la formation Sylviane Liotenberg et Michèle Reisdorf-Cren entretiennent le réseau des diplômés de cette licence professionnelle. L’idée est d’avoir un annuaire qui permet de contacter les diplômés tout en suivant leurs carrières professionnelles. C’est en effet très galvanisant pour les professeurs de connaitre les parcours de chacun, d’autant plus que la licence offre les meilleures conditions pour une orientation professionnelle réussie.

Ce suivi permet une proximité avec les diplômés qui trouvent au sein de l’équipe pédagogique, une oreille toujours attentive. « On a le cas de diplômés qui sont revenus vers nous car ils souhaitaient reprendre leurs études pour compléter la licence et qui souhaitaient avoir notre avis ». Dimitri GORGE-BERNAT est revenu sur les bancs de son université 10 ans après l’obtention de sa licence pour obtenir un Master 1 en pharmacie par VAE puis un Master 2 spécialisé en cancérologie. « Grâce à cette dernière formation équivalent à 4 mois de cours, j’ai pu évoluer sur mon poste chez SANOFI ».


Crédit photo : Sylviane Liotenberg

 

Dernière modification le 14 mars 2019

Portraits de diplômés de la licence professionnelle Bio-industries & Biotechnologies

Juliette OLIVRÉ, une ingénieure chez Imagine, le centre de recherche de l’Hôpital Necker des enfants malades

Juliette OLIVRÉ est originaire de Menton, elle est arrivée en région parisienne pour suivre la Licence professionnelle Bio-industries et Biotechnologies de l’Université Paris-Sud qui connait alors déjà d’un très bon classement. Elle est aussi enthousiasmée par la possibilité de l’apprentissage, l’occasion de s’offrir 6 mois d’expérience professionnelle avant de se lancer. Aujourd’hui elle est ingénieure à l’Institut Imagine, autrement dit l’institut de recherche des maladies génétiques sur le site del’Hôpital Necker. Nous avons pu échanger avec Juliette à l’occasion du Forum des métiers de la Licence Professionnelle Bio-industries & Biotechnologies qui réunit étudiants et diplômés pour parler insertion professionnelle.

Originaire de Menton, comment êtes-vous arrivée à Paris-Sud ?

Comme vous dites, je suis originaire de Menton. Après mon BTS en bio-analyses et bio-contrôle à Grasse, j’ai recherché une licence qui pouvait me correspondre. La Licence Professionnelle Bio-industries & Biotechnologies de Paris-Sud me plaisait bien et j’avais vu dans le journal L’Etudiant que l’université était bien classée.

La licence a été très complémentaire de mon BTS pour la partie « théorie » et j’ai beaucoup apprécié les sessions « Travaux pratiques » qui s’étalaient à chaque fois sur des périodes de 3 semaines.

Enfin j’étais surtout très enthousiaste à l’idée de pouvoir faire un apprentissage car cela permet de justifier sur son CV de 6 mois d’expérience professionnelle dans le secteur au sein duquel on a envie de travailler.

Justement où avez-vous réalisé votre apprentissage ?

J’ai eu la chance d’être apprentie chez Danone Research où j’ai pu travailler sur la mise en place de techniques de quantification spécifique de bactéries lactiques dans les produits laitiers. Dit plus simplement, j’ai travaillé sur les effets bénéfiques des probiotiques et la dimension « alicament » qui tient à cœur à Danone.

Après votre apprentissage, avez-vous poursuivi votre parcours professionnel chez Danone ?

Oui mais pas tout de suite ! A la fin de mon apprentissage, il n’y avait pas de recrutement sur mon poste chez Danone. J’ai eu la chance d’être embauchée par InnaVirVax une start-up du Genopole à Evry. Cela a été très instructif de passer d’un grand groupe à une start-up, les cultures sont très différentes. J’y suis restée 6 mois  et j’ai travaillé sur le suivi immunologique (notamment les réponses vaccinales) pour la guérison des personnes porteuses du VIH.

Finalement Danone m’a rappelée car j’avais gardé contact avec eux et je les ai rejoints pour le montage d’une plateforme de cytométrie. La plateforme permet d’avoir plus de précision dans les qualifications applicables et elle est adaptable à des projets très différents et à des matières laitières très différentes.

Aujourd’hui vous travaillez chez Imagine, l’institut de recherche de l’Hôpital Necker, pouvez-vous nous en dire plus ?

L’Institut Imagine regroupe les équipes de recherche de l’Hôpital Necker qui travaillent sur les maladies génétiques notamment chez  l’enfant. Je suis ingénieure et je gère la mise en place d’un protocole de thérapie cellulaire. J’assure la transition de la recherche vers l’application thérapeutique d’un protocole permettant l’accélération de la reconstitution d’un système immunitaire chez l’enfant immuno-déficient,  dans le respect de la réglementation. C’est une mission passionnante mais il y a de vrais enjeux de santé, il faut donc être très vigilant.

Que pensez-vous de l’utilité d’un réseau alumni ?

A échelle de la Licence Professionnelle Paris-Sud, j’ai bénéficié des avantages du réseau alumni. J’ai toujours été en contact avec les professeurs, pour échanger, pour être informée, comme par exemple de la tenue du forum des métiers.

J’ai aussi reçu une oreille très attentive quand j’ai eu le projet de compléter ma licence par un master. Jusqu’à présent, j’étais technicienne supérieure de laboratoire mais l’Institut Imagine m’a encouragée à obtenir un BAC+5 pour pouvoir aller sur un poste d’ingénieur. J’ai donc suivi une formation au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) avec le parcours hors temps de travail (cours du soir). Cela a été un vrai effort mais je ne regrette pas, je vais bientôt être diplômée !

Qu’avez-vous pensé du Forum des métiers de la Licence Professionnelle Bio-industries et  Biotechnologies ?

C’est vraiment un évènement que je recommande car il y a un vrai échange entre les étudiants et les diplômés ainsi que les professeurs.

Pour ma part, j’ai pu présenter mon parcours et faire passer 3 messages qui sont pour moi les plus importants :
-    La Licence Professionnelle de Bio-industries & Biotechnologies permet d’accéder à des métiers et des secteurs assez divers. Mais à cette diversité il y a en retour une exigence d’adaptabilité. Dit très simplement, les biotechnologies permettent de passer du yaourt aux thérapies de l’enfant.
-    Le réseau professionnel est important et il faut l’entretenir. C’est grâce aux liens que j’avais gardé avec Danone que j’ai pu y revenir après mon alternance par exemple.
-    La réalité des salaires. De mon point de vue les étudiants doivent être tenus informés du marché et des prix. Ils doivent être correctement armés pour se défendre dans une négociation surtout les femmes ! C’est assez terrible de le constater mais elles ont tendance à être payées en moyenne 20% de moins que les hommes.

Comment entretenez-vous votre réseau ?

Personnellement, je pense que pour entretenir un réseau il faut donner et prendre des nouvelles. J’utilise beaucoup le réseau social professionnel LinkedIn. J’envoie un mail à l’occasion de la nouvelle année, lorsque je vois une offre qui me fait penser à quelqu’un je la lui transfère, je « like » ou je partage les contenus intéressants des entreprises ou des personnes. Il ne faut pas attendre que le réseau nous « donne » pour donner en retour.

Dimitri GORGE-BERNAT, ingénieur de laboratoire en cancérologie chez SANOFI

Dimitri GORGE-BERNAT est diplômé de la Licence Professionnelle Bio-industries & Biotechnologies. Il travaille aujourd’hui à la recherche en cancérologie chez SANOFI. 10 ans après sa licence, il est revenu sur les bancs de son ancienne université, mais cette fois-ci du côté de la Faculté de Pharmacie pour obtenir un Master 1 (par VAE) ainsi qu’un Master 2 en cancérologie. Nous avons pu échanger avec Dimitri à l’occasion du Forum des métiers de la Licence Professionnelle Bio-industries & Biotechnologies qui réunit étudiants et diplômés pour parler insertion professionnelle.

Quel est votre parcours avant la Licence Professionnelle Bio-industries & Biotechnologies à l’Université Paris-Sud ?

Après mon bac technologique, je suis rentré en BTS Biotechnologies à l’Ecole Supérieure des Techniques de Biologie Appliquée (ESTBA) et j’ai rejoint l’Université Paris-Sud pour la licence.. Mon choix était motivé par deux points,  j’avais vu que l’Université était d’une part bien classée et d’autre part, j’avais envie de rejoindre le milieu universitaire car je cherchais plus d’autonomie et d’indépendance, à l’ESTBA on évolue dans une ambiance  « lycéenne ».

Quels ont été les points forts de la Licence Professionnelle Bio-industries & Biotechnologies ?

On a eu beaucoup de chance d’avoir des professeurs motivés qui aimaient leur métier et qui mettaient toujours énormément d’énergie pour nous offrir la meilleure formation. Je me souviens notamment des journées visites entreprises & start-up. A l’époque on avait eu la chance de visiter le Genopole à Evryet d’en découvrir les coulisses, cela m’avait beaucoup plu.
La licence a été l’accomplissement de mon BTS, ce sont deux formations qui se sont parfaitement complétées, d’ailleurs je n’ai jamais eu de problème pour trouver un travail.

Où est-ce que vous aviez effectué votre stage / votre alternance durant la licence ?

A mon époque, on ne pouvait faire qu’un stage car il n’y avait pas la possibilité d’alternance. J’ai donc été stagiaire dans une start-up parisienne spécialisée dans la recherche sur les mutations des cellules tumorales. 6 mois est d’après moi la bonne durée. D’une part l’étudiant s’offre une véritable immersion dans le monde professionnel et d’autre part, l’entreprise peut former le stagiaire tout en ayant assez de temps pour suivre sa montée en compétences. C’est vraiment gagnant-gagnant.

Quelle a été la suite de votre parcours professionnel ?

Après mon stage, j’ai rejoint l’Institut Pasteur où j’ai travaillé en laboratoire technique de recherche sur les thérapies virales. J’y suis resté quelques mois. En 2005, j’ai été « chassé » par une agence qui souhaitait me recruter chez SANOFI. J’y travaille désormais depuis 14 ans comme technicien de laboratoire en oncologie. J’avance sur la recherche en cancérologie, mon travail consiste à mimer les pathologies et à reproduire les molécules des médicaments afin de vérifier la pertinence des traitements.

En 2014, autrement dit 10 ans après ma licence, j’ai souhaité me spécialiser en cancérologie et je suis revenu sur les bancs de l’Université Paris-Sud où j’ai obtenu un Master 1 & 2 en cancérologie à la Faculté de Pharmacie. Pour le Master 1, je l’ai obtenu par Validation des Acquis et de l’Expérience (VAE), qui est un dispositif valorisant l’expérience professionnelle. Pour le Master 2 j’ai préféré un parcours traditionnel pour développer mes compétences. J’ai suivi les cours sur mon temps de congés SANOFI (équivalent à 4 mois) et j’ai pu faire mon stage chez SANOFI tout en conservant les droits liés à mon poste et mon statut de salarié. Depuis je suis redevenu un salarié « classique » mais je suis désormais ingénieur de laboratoire. La formation continue est un vrai avantage, tout salarié devrait pouvoir en bénéficier au moins une fois dans sa vie professionnelle.

Que pensez-vous du réseau des diplômés ?

J’ai toujours eu des nouvelles et gardé le contact avec l’équipe de la Licence Professionnelle Bio-industries & Biotechnologies . Pour ma participation au Forum des métiers, c’est un peu une évidence d’y participer car nous devons beaucoup à nos professeurs qui ont vraiment tout fait pour que nous réussissions ; cela doit être au moins la cinquième fois que je m’y rends. J’ai présenté très rapidement SANOFI, mon parcours, avec un focus sur la reprise d’études qui est toujours possible.

Pouvoir orienter, conseiller, aiguiller en donnant les bonnes informations aux étudiants est vraiment important, d’autant plus que certains peuvent parfois se faire de fausses idées sur certains secteurs ou certains métiers.

Enfin, il est nécessaire de lesrassurer sur l’entretien d’embauche. Les étudiants ont tendance à se sous-estimer en arguant qu’ils n’ont pas d’expérience mais ils n’ont pas conscience que leur jeunesse offre de belles qualités : la motivation, la disponibilité, la réactivité ou encore une aisance avec certains outils numériques. Ils perçoivent souvent l’entretien comme un grand oral où ils seront jugés mais en réalité c’est surtout une rencontre entre une personne et une entreprise et chacun doit chercher à voir s’il correspond à l’autre !

Pour toute information sur le réseau des diplômés de l’Université Paris-Sud, vous pouvez contacter Sabine Ferrier, chargée des relations diplômés à la Direction Orientation Professionnelle et Relations Entreprises : alumni.parisudien @ u-psud.fr, 01 69 15 33 29 (Bâtiment 330 campus d’Orsay).

Dernière modification le 14 mars 2019