Eye-Sat : un projet vraiment très spatial pour ces étudiants de l’IUT de Cachan

Par Auberi André / Publié le 13 novembre 2019

Le 17 décembre 2019, le Cubesat Eye-Sat décollera à bord d’une fusée Soyouz depuis le centre spatial guyanais. Système spatial développé par des étudiants en stage au CNES, Eye-Sat est un cubesat 3U, soit un triple cubesat d’un volume de 3 cubes de 10 cm de côté superposés les uns aux autres, d’un poids total de 4,150 kg.


Eyesat

Depuis septembre 2012, ce sont plus de 250 étudiants qui se sont relayés pour travailler sur ce projet de Cubesat porté par le programme pédagogique JANUS du CNES (JANUS pour Jeunes en Apprentissage pour la réalisation de Nanosatellites des Universités et des écoles de l’enseignement Supérieur).

Dans le but de promouvoir les sciences et le spatial auprès des étudiants des écoles et universités françaises, JANUS permet d’intégrer à un cursus universitaire le développement de systèmes spatiaux composés de nanosatellites, ayant une masse comprise entre 1 et 10 kg et équipés d’instruments de mesures et d’un segment sol (contrôle mission, télémesures, …).

Le projet JANUS respecte également la loi française sur les applications spatiales afin de ne pas laisser de déchets dans l’Espace qui pourraient être préjudiciables à d’autres missions car même petit, à 26 000 km/h, un cubesat peut faire de sacré dégâts.

CubeSat désigne un format de nano-satellites défini en 1999 par l'Université polytechnique de Californie et l'université Stanford (États-Unis) pour réduire les coûts de lancement des très petits satellites et ainsi permettre aux universités de développer et de placer en orbite leurs propres engins spatiaux.

Les étudiants de l’ISAE-SUPAERO et de l’ENAC, mais également de nombreuses autres écoles et universités (ESTACA, ICAM, Mines de Nantes, INSA, SUPELEC, Centrale Paris, Polytechnique, Paul Sabatier Toulouse, Université Paris-Sud / IUT de Cachan, Université de Montpellier, …) ont ainsi développé Eye-Sat et son segment sol de contrôle et de mission. L’assemblage s’est terminé en mai 2019.


Modèle de qualification

Les objectifs du projet Eye-Sat

  • Réaliser un triple CubeSat par des étudiants à des fins de formation dans les métiers de l’ingénierie spatiale.
  • Exploiter en orbite Eye-Sat, avec une durée de vie en orbite d’au moins un an.
  • Tester en orbite des nouvelles technologies réutilisables dans le monde des Cubesats, avec notamment un premier vol pour la plupart des composants de Eye-Sat.
  • Mettre en place des nouvelles méthodes de développement et de management applicables à JANUS.

La mission d’Eye-Sat en orbite

Positionné sur une orbite à 530 km d’altitude, Eye-Sat permettra l’observation de la lumière zodiacale (lumière solaire diffusée par les poussières interplanétaires) et prendra des images de la voie lactée, pour aider à mieux comprendre le système solaire.

En vol, Eye-Sat réalisera 14 orbites par jour, avec 4 scènes de prises de vues de 20 min et 4 passages station pour transfert des données récoltées. Pour le reste de la journée, Eye-Sat entrera dans une phase de veille, permettant également le rechargement des batteries.

Le montage du satellite


Le téléscope IRIS

Entre janvier et avril 2019 a eu lieu au CNES de Toulouse le montage des différents étages du satellite. Des essais fonctionnels et des essais d’environnement (thermique, mécanique et magnétique) ont été réalisés tout au long du montage du satellite, puis sur satellite complet, pour valider la bonne santé d’Eye-Sat avant son départ pour Kourou.

A l’intérieur d’Eye-Sat, on retrouve un empilement de cartes électroniques surmontées de 4 roues à inertie et d’un magnéto-coupleur qui contrôlent l’attitude du nanosatellite. Un petit télescope à détecteurs CMOS, IRIS, capable de détecter des étoiles de magnitude 10.4, c’est-à-dire de très faible luminosité, invisibles à l’œil nu, représente quant à lui la charge utile du satellite.

Le lancement d’Eye-Sat

Pour son lancement, Eye-Sat sera embarqué à bord d’un lanceur Soyouz, de même que le satellite chasseur d’exoplanètes Cheops de l’ESA (Suisse), le satellite d’observation radar SkyMed SG1 (Thales Alenia Space – Italie), et un second nanosatellite du CNES, Angels, instrument de collecte et de localisation des signaux et messages du système Argos.

Et l’IUT de Cachan dans tout ça ?

L’IUT de Cachan, au travers ses départements GEII et GMP, a travaillé notamment sur :

  • Conception et fabrication de 24 Maquettes distribuées aux étudiants des grandes écoles qui ont participé aux projets.
    Etudiants : Maxence MONTORO et Charles HAETTEL
  • Conception mécanique de l'instrument d'observation IRIS sauf l'optique de série. La roue à filtres  permet de faire défiler devant l’objectif de la caméra haute résolution (2048 pixels x 2048 pixels) des filtres permettant de faire des photos dans le visible et le proche infrarouge.
    Etudiants : Matthieu HAUTEM et Camille DEMASSON.
  • Conception et réalisation de la carte de commande d'IRIS.
    Etudiants : Camille DEMASSON, Quang Viet NGUYEN, et Ozan GOKDEMIR.
  • Conception et réalisation de la carte de gestion d’énergie.
    Etudiants : Julien GALLINELLI, Adrien DECAUP, Guillaume CANARD-LUQUE et Alexandre DESLANDES.
  • Conception du système de montage des cellules solaires.
    Etudiant : Ayoub BOUNOUARA.

Dernière modification le 13 novembre 2019