Roches volcaniques dans le sous-sol anglais

Par Kalidiouma Sidibé / Publié le 5 décembre 2018

Du 29 septembre au 6 octobre 2018, 23 étudiants du M1 Sciences de la Terre et des Planètes, Environnement (STePE) encadrés par quatre enseignants, ont participé à un stage de terrain en Angleterre avec des étudiants des universités d’Edimbourg (Royaume-Uni) et de Münster (Allemagne).


Photo de groupe.

Depuis près de 30 ans, les départements de Sciences de la Terre de l’Univers de l’Université Paris-Sud, de l’Université d’Edimbourg (Royaume-Uni) et de l’Université de Münster (Allemagne) organisent un stage de terrain géophysique à destination des étudiants de master. A l’origine de cette collaboration, une idée d’un professeur de Paris-Sud, Piotr Tucholka, de mettre en commun des instruments utilisés en prospection géophysique avec d’autres universités.

Chaque année l’une de ces trois universités est chargée de l’organisation du stage et choisit un terrain d’étude en fonction de son intérêt géophysique c’est-à-dire de la possibilité de découvrir des structures géologiques dans son sous-sol. Un même lieu de stage est visité 3 fois en 9 ans afin d’en acquérir une connaissance complète.


La topographie doit être connue avec précision

Le Peak District choisi comme lieu d'analyse

En 2017, le stage s’est déroulé en Gironde et avait pour objet d’étude la limite entre l’eau salée et l’eau douce dans une zone côtière et de la structure interne d’une dune avec des sols de l’époque glacière recouverts maintenant par les sables de la dune.

Cette année, l’Université d’Edimbourg a choisi la région des hautes terres du Peak District à proximité de Tideswell dans le centre-nord de l’Angleterre. Cette région se caractérise par une très ancienne activité volcanique (à peu près 350 millions d’années) similaire à celle de La Réunion aujourd’hui. Des traces en sont encore présentes dans le sous-sol (comprenant des coulées de lave et des gisements de plomb exploités depuis l’âge de fer jusqu’à la fin du 19ème siècle) et forment l’objectif de recherche des stagiaires.

Pendant 5 jours, les 50 étudiants des 3 universités ont été répartis en 5 groupes de 10 étudiants en mélangeant les différentes nationalités. Ils ont expérimenté différentes méthodes de prospection géophysique comme la mesure des variations de la pesanteur et du champ magnétique, de la sismique, du radar ou encore des mesures de la conductivité électrique des roches afin de découvrir ce que recèle le sous-sol du Peak District. Les groupes ont présenté leurs résultats le sixième et dernier jour de stage. Leurs recherches ont notamment permis de délimiter les anciennes coulées de lave et de localiser une zone de probables gisements de plomb pas encore exploités.


Les étudiants provoquent des ondes sismiques en tapant avec une masse au sol

Témoignages d'étudiants

Hermann Zeyen, responsable du stage :
« Les étudiants peuvent appliquer les méthodes apprises en Licence à un terrain géologique complexe et en découvrir de nouvelles. Ce stage met les étudiants en situation pratique comme ils les rencontreront plus tard dans des bureaux d‘étude ou dans des entreprises de prospection minière et de pétrole. C’est aussi l’occasion de pratiquer l’anglais dans un contexte professionnel ».

Virgile MALAREWICZ, étudiant :
« Mon master implique de se familiariser avec les outils et techniques d'imagerie géophysique abordés dans ce stage, donc ce fut une occasion parfaite. De plus, le cadre international de ce stage est idéal pour appréhender de nouvelles techniques présentées par des enseignants étrangers et rencontrer des étudiants d’autres universités.

J'étais déjà parti à l’étranger à l'occasion d'un stage d'observation au Japon pendant une semaine l'année dernière, mais cette fois j’ai vraiment travaillé avec des étudiants de tous horizons.
Ce fut également l'occasion d'apprendre et d'utiliser un vocabulaire professionnel en anglais. Tout cela m'a bien évidement donné envie d'avoir d'autres expériences de ce genre, ainsi d'éventuellement suivre un stage à l'étranger l’année prochaine ».


Les mesures de pesanteur présentées par le responsable du groupe anglais, Hugh Pumphrey

Contacts :
Sylvain Bouley, Responsable du M1 STePE : sylvain.bouley @ u-psud.fr
Hermann Zeyen, Responsable du stage et coordinateur mobilité internationale du département Sciences de la Terre : hermann.zeyen @ u-psud.fr

 

En 2019, le volcanisme sera encore au rendez-vous avec un stage dans l’Ouest de l’Allemagne, dans la région de l’Eifel qui présente un volcanisme récent similaire à celui du Massif Central.

Les étudiants du M1 STePE qui ont pris part à ce stage sont issus des 4 parcours ci-dessous :
- Hydrologie, Hydrogéologie et Sols
- Bassins sédimentaires, Ressources et Paléoclimats
- Planétologie et Exploration spatiale
- Environnement, Génie Géologique

Dernière modification le 6 décembre 2018