Un Certificat d’excellence pour le magistère de physique fondamentale d’Orsay

Par Gaëlle Degrez / Publié le 29 septembre 2017

Les équipes pédagogiques du Magistère de physique fondamentale d’Orsay ont eu le plaisir de faire partie des lauréats des prix PEPS (Passion Enseignement et Pédagogie dans le Supérieur), attribués le 26 septembre 2017 à l'occasion des Journées nationales de l'Innovation Pédagogique dans l'Enseignement Supérieur (JIPES).


A droite de l'image, Patrick Puzo, responsable du Magistère de physique fondamentale, lors de la remise du prix. © MESRI/X.R.Pictures.

Lancé en décembre 2015 par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, les  prix PEPS ont pour vocation de reconnaître, soutenir et promouvoir les initiatives portées par les établissements dans le champ de la transformation pédagogique. 171 candidatures ont été reçues pour cette deuxième édition. Le jury international, sous la Présidence de Daniel Peraya, Professeur honoraire de l'Université de Genève (Suisse), a distingué 8 projets emblématiques, décerné un prix spécial du jury et 12 certificats d'excellence dont l’un a été remis au Magistère de Physique Fondamentale de la Faculté des Sciences d'Orsay dans la catégorie Pédagogie Innovante. Ce prix vient récompenser les « Pratiques pédagogiques innovantes en physique : recherche, créativité et réussite » mises en œuvre par les équipes de la filière de physique fondamentale de l’Université Paris-Sud.

Une formation de pointe

Adossée au Magistère de Physique Fondamentale d’Orsay dont elle constitue le socle, la filière de Physique Fondamentale de l’Université Paris-Sud offre une formation de pointe en Physique d’une durée de trois ans (L3, M1 et M2), associée à une initiation à la recherche et à une préparation à l’entrée dans la vie professionnelle. En effet, cette filière universitaire de haut niveau forme les étudiants aux fondements de la physique aussi bien qu’aux développements les plus modernes.

« Chaque année nous accueillons une centaine de nouveaux étudiants, recrutés à l’issue d’une deuxième année de Licence ou d’une Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles (CPGE). Parmi ceux-ci, 80% proviennent d’établissements hors Ile-de-France - ce qui est très atypique au niveau français - et près de 40% sont boursiers de l’enseignement supérieur » précise Claire Marrache, enseignant-chercheur à l’Université Paris-Sud et co-porteuse du projet déposé.

Des expérimentations pédagogiques encouragées

« Alors que la physique est encore souvent enseignée de manière académique, nous avons développé des innovations pédagogiques pour intégrer un esprit de recherche et de créativité au cœur même de nos enseignements, tout en apportant une attention aiguë à la réussite des étudiants » poursuit l’enseignante.

Les expérimentations pédagogiques ont été encouragées. Ainsi, certains cours sont enseignés en classe inversée. Tous les cours de L3 sont proposés en français et en anglais, permettant aux étudiants qui le souhaitent de se préparer à une année à l’étranger, aux nombreux M2 de physique dont les enseignements sont dispensés en anglais, ou plus largement à leur carrière de scientifique où l’anglais est indispensable. Une option de décryptage d’articles scientifiques a été proposée, de même que des cours de sciences humaines et sociales en rapport avec la physique. Dans le même esprit, les travaux pratiques, essentiels dans des filières de sciences dures, ont été intégralement revisités afin d’encourager l’autonomie des étudiants sur les bancs expérimentaux.

« Renouveler les enseignements, engager des innovations pédagogiques, inciter les étudiants à acquérir un savoir-faire expérimental, à pratiquer la science plutôt que la recevoir passivement, tout cela est essentiel pour l’attractivité des sciences dures ainsi que pour donner une formation de qualité à nos étudiants ». Ces initiatives sont complétées par des dispositifs de suivi personnalisé et d’aide à l’intégration professionnelle dont l’efficacité est démontrée par le taux élevé de réussite aux diplômes.

« Le meilleur témoignage de la réussite de ces initiatives innovantes provient sans doute des questionnaires de satisfaction que les étudiants nous renvoient chaque année : à la question “Referiez-vous ou recommanderiez-vous la Filière de Physique Fondamentale d’Orsay ?”, les étudiants nous répondent chaque année “Oui!” à plus de 90%. » peut se réjouir Patrick Puzo, responsable du Magistère.

Contact : Claire Marrache – Magistère de physique fondamentale d’Orsay – claire.marrache @ csnsm.in2p3.fr

Faire de la physique autrement
Depuis 2012, Julien Bobroff et Frédéric Bouquet, enseignants-chercheurs à l’Université Paris-Sud, ont développé une option de Vulgarisation, proposée aux étudiants du L3 de Physique Fondamentale. Ils y apprennent à se saisir de divers outils de communication, tels que le stop motion, la vidéo 20, la photographie, la mise en scène de saynètes, etc... pour parler de physique avec des mots simples.
Chaque groupe d’étudiants définit son projet et le mène dans un temps limité : ils doivent apprendre  s’organiser et à se répartir le travail, faire preuve de créativité et d’originalité. A la fin de l’option, les étudiants organisent une restitution de tous leurs projets devant l’ensemble des promotions de L3 et de M1 sous la forme d’un “Show” d’une heure dont ils doivent assurer la logistique. Ce “Show” est un moment important pour eux, car il valorise leurs projets et leur permet de tester pour la première fois l’interaction avec un public nombreux (mais heureusement bienveillant). (http://www.actu.u-psud.fr/fr/science-et-societe/actualites-2016/ils-ont-fait-le-show.html?search-keywords=bobroff)
Utiliser des dessins plutôt que des équations, mettre en scène des particules élémentaires, concevoir le script d’un petit film, recréer une expérience historique ou rechercher la vie d’un scientifique sont autant de moyens de renforcer leurs capacités de communication et de pédagogie.

Cet enseignement est très prisé des étudiants qui y voient une manière de faire de la physique autrement et, notamment pour ceux qui se destinent aux métiers de l’enseignement, de se confronter à la difficulté d’expliquer simplement des concepts parfois complexes. Cet enseignement par projet a également pour vertu de valoriser des compétences différentes de celles qui sont usuellement requises dans les filières scientifiques : travail en équipe, ingéniosité, diffusion des savoirs ou même capacités artistique.

Se confronter à des problèmes non résolus
L’International Physicist Tournament est un tournoi international de physique ouvert aux étudiants du L3 au M2, dans lequel ils se confrontent à 17 problèmes non résolus de physique, renouvelés chaque année. L’objectif est de mener, en groupe, un travail analogue à un travail de recherche, que les équipes nationales présentent à l’occasion d’un tournoi les opposant les unes aux autres. Les problèmes sont volontairement ouverts, permettant aux équipes d’avoir des approches différentes et originales. Chaque équipe ne doit pas uniquement restituer son propre travail, mais doit également comprendre, commenter et critiquer le travail des autres équipes. Le tournoi français, le French Physicist Tournament (FPT), organisé par la Commission Jeunes de la Société Française de Physique, est la sélection nationale la plus importante au niveau mondial : en 2017, 9 équipes représentant des Universités ou Grandes Ecoles s’y sont rencontrées. Présente pour la première fois, une équipe d’étudiants du Magistère, soutenue par l’équipe technique et enseignante du Magistère,  s’est classée 3ème (http://www.actu.u-psud.fr/fr/formations/actualites-2017/ces-etudiants-du-magistere-de-physique-sont-montes-sur-le-podium.html). Outre cette performance enthousiasmante, cette pédagogie par projets qui a donné aux étudiants un sens à la démarche expérimentale, qui leur échappait auparavant souvent, s’est révélée extrêmement fructueuse et va donc être renouvelée.

Dernière modification le 29 septembre 2017