Fraîchement diplômés de la VAE : ils témoignent

Par Anaïs Vergnolle / Publié le 1 février 2015

Le 15 décembre 2015, l’UFR Sciences a organisé sa troisième cérémonie de remise des diplômes obtenus par la VAE (Validation des Acquis de l'Expérience). Les candidats de l’année 2014/2015 ont reçu leurs diplômes en présence de leurs familles, leurs enseignants et les représentants du service de Formation continue et VAE. Plusieurs entreprises dans lesquelles certains diplômés sont salariés étaient également présentes.

Depuis 2002, le dispositif VAE se développe régulièrement à l’Université Paris-Sud. Des événements tels que la remise des diplômes VAE sont donc importants pour mettre en valeur la réussite des candidats, la diversité de leurs profils et de leurs parcours. Ces cérémonies montrent que la VAE est désormais considérée comme une voie d’accès normale au diplôme.

Reconnaître l’expérience professionnelle

La Validation des Acquis de l'Expérience, créée en 2002 par la loi de Modernisation sociale, permet à toute personne d'obtenir tout ou partie d'un diplôme par la reconnaissance des compétences et des connaissances acquises lors de son activité professionnelle et/ou extra-professionnelle.

C’est un droit ouvert à tous : toute personne, quelque soit son âge, sa nationalité, son statut face à l’emploi, qu’elle possède ou non un (ou des) diplôme(s) peut postuler, si elle justifie de 3 années (équivalent temps plein) d’expériences professionnelles et/ou extra professionnelles en adéquation avec le contenu du diplôme visé.

Afin d’obtenir le diplôme, le candidat devra démontrer que ses compétences professionnelles sont bien en adéquation avec le diplôme visé. Pour cela, il devra rédiger un dossier « rapport de preuves » et s’entretenir avec un jury de VAE composé d’enseignants et de professionnels. A l'issue de cet entretien, le candidat obtiendra ou non tout ou partie du diplôme.

Favoriser le rapprochement entre formations universitaires et qualifications professionnelles

Avant la VAE, il existait à l’Université Paris-Sud d'autres dispositifs de validation d'acquis. L'existence de services de VA est donc ancienne et en 2002, la VAE a été intégrée au dispositif de l'activité de validation d'acquis existant. Aujourd’hui, il existe une cellule VAE dans chacune des composantes de l’université.

Afin de répondre au mieux aux attentes des candidats, des entreprises et de la société, l’université propose une offre variée de cursus diplômants ouverts à la VAE.

Chaque année, près de 150 candidats entreprennent cette démarche en vue d’obtenir un diplôme de l’Université Paris-Sud ou d’accéder à une formation sans les pré-requis. Les profils des postulants sont très différents puisqu’ils peuvent être salariés, non-salariés, demandeurs d’emploi ou encore bénévoles. Le nombre de candidats présentés en jury varie ensuite entre 40 et 50 selon les années. Le taux moyen de validation totale est de plus de 90%.

La démarche de VAE peut être financée à titre individuel ou faire l’objet d’une prise en charge financière par les organismes et institutions participant au financement de la formation professionnelle continue : Etat, Région, entreprises, organismes qui collectent et gèrent les obligations financières des entreprises au titre du plan de formation et/ou du congé individuel de formation (Opca, Opacif).

Accompagner au mieux les candidats

L’Université Paris-Sud propose un parcours individualisé et assure un suivi des candidats à la VAE. Les différents services VAE réalisent un travail important d’accompagnement sous forme d’entretiens individuels et/ou ateliers collectifs, de suivi des dossiers et d’organisation des jurys.
Cet accompagnement se décline en deux parties : un accompagnement méthodologique et un accompagnement disciplinaire par le responsable du diplôme ou un enseignant de la formation visée.

Pour plus d’informations :
Service commun de Formation Continue, VAE et Alternance
validation.acquis @ u-psud.fr
Maison des études - Bâtiment 311
www.u-psud.fr/fr/formations/vae.html

Ils témoignent

Stéphane Falleri, 44 ans, militaire dans la Marine nationale et diplômé du Master Nuclear Energy de l’Université Paris-Sud, nous livre ses impressions sur sa VAE.

Pour quelles raisons avez-vous engagé une démarche de VAE ?
Je travaille actuellement à l’Autorité de Sûreté Nucléaire de Défense, où je contrôle les activités d’exploitation dans le domaine du nucléaire et de la marine. Militaire d’active depuis 20 ans, j’arrive à la fin de ma carrière dans un an et demi. Je commence donc à réfléchir à ma reconversion dans le civil.

Quand je suis entré dans la Marine, j’étais titulaire d’un DEUG obtenu à l’Ecole des officiers. Depuis, j’ai exercé des activités professionnelles avec des compétences de plus en plus élargies et des responsabilités toujours plus importantes. Pour ma reconversion, je souhaitais donc faire coïncider mon niveau de diplôme avec mon niveau de responsabilité. C’est dans ce cadre que j’ai décidé d’entreprendre une démarche VAE.

Pourquoi avoir choisi cette formation à l’Université Paris-Sud ?
J’ai longtemps réfléchi pour savoir dans quel domaine et dans quelle université je souhaitais obtenir un diplôme. J’aurais pu choisir une formation certifiée par la Marine mais les enseignements étaient trop généralistes et trop éloignés de ce que je faisais dans la réalité. En même temps, ce n’est jamais facile de reprendre un diplôme civil quand on a acquis toutes ses connaissances dans l’univers si particulier de l’armée.

Lorsque j’ai appris que Frédérico Garrido, responsable du Master « Nuclear Energy » avait visité l’Ile Longue qui sert de base sous-marine à la Marine nationale, je me suis rapproché de lui. J’ai compris que les enseignements du Master correspondaient parfaitement à mes compétences et qu’ils pouvaient se traduire en terme d’expérience. Je me suis donc lancé dans une VAE à l’Université Paris-Sud.

Comment s’est déroulé votre parcours jusqu’à l’obtention du diplôme ?
J’ai un travail à responsabilité et je n’avais pas d’adaptation de mon emploi du temps. Il fallait donc que je travaille mes cours les soirs et les weekends. La VAE demande un investissement personnel très important. Un investissement financier d’abord, mais aussi humain. Il m’a fallu une année pour obtenir mon diplôme, depuis les premiers entretiens, la constitution du dossier, la rédaction du rapport, les ateliers méthodologiques jusqu’à la soutenance orale. Le moment le plus éprouvant a d’ailleurs été cette soutenance, en anglais puisqu’il s’agit d’un master international. Face à 5 jurés enseignants et professionnels, j’étais aussi stressé que pour un entretien d’embauche !

Heureusement, j’ai été très bien accompagné par l’équipe VAE tout au long de l’année. L’ambiance au sein de la promo était également très bonne, nous nous sommes beaucoup entraidés entre candidats. Je pense qu’on gardera tous un excellent souvenir de cette année.

Que ressentez-vous maintenant que vous êtes diplômé ?
Ce diplôme est très important pour mon travail, ma carrière et donc ma vie. Il valorise mon expérience, mes compétences et va me permettre de commencer une deuxième carrière dans le civil. Je vais à présent pouvoir m’orienter vers les domaines de l’industrie nucléaire.  
La VAE est définitivement une voie qui mérite d’être suivie. Cela nécessite de la motivation et de l’endurance, mais les efforts consentis paient et vous ouvrent de nouvelles opportunités !

 

 

Hervé Rota, technicien informatique à l’Université de Pau et diplômé de la Licence professionnelle Administrateur de Parc Informatique (API) de l’Université Paris-Sud, témoigne de son parcours VAE.

Pourquoi avoir engagé une démarche VAE à ce moment de votre carrière ?
Cela fait 15 ans que j’ai quitté mes études, j’ai considéré que c’était le moment ou jamais pour les reprendre. J’ai désormais un background d’informaticien, je me sentais prêt à postuler pour une Licence. Je sais qu’avec mes connaissances actuelles, je peux valoriser au mieux mes compétences. Et puis je ne sais pas de quoi demain sera fait et avoir un Bac+3 me permet de passer un concours d’Ingénieur d’Etudes. Tout était donc réuni pour débuter cette VAE.

Comment avez-vous orienté vos recherches dans le choix de l’Université ?
Lorsque j’ai commencé mes recherches sur la Licence que je voulais obtenir, mon choix s’est tout de suite porté sur l’Université Paris-Sud. Il existait des Licences proches de chez moi à Bayonne, Bordeaux, mais la Licence « API » était celle qui me correspondait le mieux. J’étais déjà titulaire d’un DEUG « Administrateur de parc informatique et réseaux », le choix de cette Licence à Paris-Sud était donc logique, dans la continuité de ma formation initiale.

Comment s’est déroulé votre parcours jusqu’à l’obtention du diplôme ?
Nous avions rendez-vous une fois par mois avec nos référents, pour des ateliers VAE. Même si cela me demandait une certaine logistique, je faisais tous les déplacements à Paris-Sud. Ces réunions étaient très utiles car cela nous donnait une idée de ce qu’il fallait dire ou ne pas dire. Quand on débute une démarche VAE, on sait ce qu’on veut, un diplôme, mais on ne sait pas comment l’obtenir. Si je n’avais pas eu cette aide, j’aurais retracé ma vie depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui ! Ces ateliers nous cadrent et nous permettent de de valoriser les compétences qui correspondent à la formation suivie. 

Ce que je retiens aussi de ce parcours, c’est la bonne entente qui régnait dans la promo. Toute l’année, on a échangé pour partager nos difficultés, nos avancées. Nous venions d’horizons très différents mais nous étions tous solidaires. Dans une promo de VAE, chacun a sa vie, son expérience, ses connaissances, il n’y a aucune compétition.

Accordez-vous de l’importance à cette remise des diplômes ?
Je trouve ça primordial. Jusqu’ici, j’avais toujours été chercher mon papier attestant du diplôme à la scolarité. Cette remise des diplômes traduit une vraie reconnaissance de mon expérience professionnelle. Ma famille était présente, j’ai revu tous mes camarades, mes référents. Pour moi, la boucle est bouclée.

Souhaitez-vous poursuivre vos études par la VAE ?
Je souhaiterais continuer avec un Master, mais cela demande encore réflexion. Pour obtenir cette Licence, j’ai engagé une VAE sur mes fonds propres. Cela m’a coûté plusieurs milliers d’euros, sans compter les billets de train pour venir à Orsay. C’est aussi un investissement personnel très important puisque je travaillais tous les soirs, en plus de mon activité professionnelle. J’étais stressé, les nuits étaient courtes. Mais je ne le regrette absolument pas. Cette Licence m’a remotivé sur tous les plans. A présent, je me dis que j’ai travaillé quinze années pour quelque chose. J’ai moins le regret d’avoir quitté les études tôt, ce que j’ai fait ensuite n’est pas perdu. C’est ce qui me donne donc envie de poursuivre avec un Master. Il faut encore que j’acquière de nouvelles compétences, de nouvelles connaissances, mais je vais m’en donner les moyens.

Dernière modification le 3 février 2016