« L’évaluation ouvre à la réflexion pédagogique et invite à l’innovation »

Par Véronique Depoutot / Publié le 13 octobre 2015

Impulsée par la mission « Evaluation des enseignements » (Maison des Etudes - UPSud), l'Université Paris-Sud a organisé le 6 octobre 2015 une journée de réflexion autour des « Problématiques de l’évaluation ». Retour sur des échanges stimulants.


Une des présentations de la journée de l'évaluation. © M. LECOMPT / UPSud

Les problématiques de l’évaluation sont centrales pour orienter nos modalités d’action en matière de formation, et rejoignent notre cœur de métier, qu’il s’agisse de l’évaluation des travaux étudiants ou des enseignements. L’évaluation, réfléchie à la lumière des projets, éclaire les pratiques et en retour évolue pour correspondre à des repères eux-mêmes en mutation. En somme, l’évaluation ouvre à la réflexion pédagogique et invite à l’innovation, tel était le point de départ de cette journée de réflexion à laquelle ont assisté près de 120 personnes, jeunes enseignants fraîchement diplômés en collège et lycée, et inscrits en Master MEEF à l’université Paris-Sud, enseignants, enseignants-chercheurs, conseillers pédagogiques de différents établissements membres de la COMUE Université Paris-Saclay ou d'autres d’établissements (Paris III Sorbonne-Nouvelle,  CNAM…).

Après une introduction de la journée par Colette Voisin, Vice-Présidente du Conseil des Études et de la Vie Universitaire de l'Université Paris-Sud, trois conférences ont successivement abordé l’évaluation sous différents angles, rappelant les cadres théoriques et l’importance de questionner les modèles, et proposant des applications tout en nourrissant la réflexion méthodologique. Elles ont été données le matin par Pascal Detroz, professeur à l’Institut de Formation et de Recherche en Enseignement Supérieur (IFRES), directeur scientifique du Système Méthodologique d’Aide à la Réalisation de Tests (SMART) de l’Université de Liège, Caroline Ladage, enseignant-chercheur à l'Université Aix-Marseille (laboratoire Apprentissage, Didactique, Évaluation, Formation – ADEF), puis en début d’après-midi par Jean-Marc Braibant, Service d’Evaluation en Appui à la qualité, (EVA) – Université Catholique de Louvain.

Un atelier animé par Marie-Joëlle Ramage, enseignant-chercheur à l'UFR de Sciences de l'Université Paris-Sud et Isabelle Bournaud enseignant-chercheur à l'IUT de Sceaux de l'Université Paris-Sud a ensuite permis d'explorer la notation avec les grilles critériées. En parallèle, deux communications étaient consacrées à l’évaluation de dispositifs pédagogiques. La première concernait l’institut Villebon Georges Charpak, IDEFI présenté par la directrice Bénédicte Humbert et par Isabelle Demeure, directrice de la Formation. Enfin, lors d'une seconde communication, Hélène Pasquier et Marion Woytasik, toutes deux enseignant-chercheurs à l'Université Paris-Sud se sont attachées à décrire la démarche d’enquêtes articulées qu'elles ont mises en œuvre tout au long de l’année à l’IUT d’Orsay.

L'humain au cœur des débats


Véronique Depoutot, organisatrice de l'événement et chargée de mission Evaluation des enseignements par les étudiants. © M. LECOMPT / UPSud

L’humain est-il un bon évaluateur ? demande Pascal Detroz. Cette activité si naturelle, si courante, requiert pourtant des compétences que le terrain ne suffit pas à acquérir. Le terme de « qualité » est ainsi souvent revenu dans la réflexion, pointant la recherche d’amélioration.
L’activité est d’autant plus difficile que l’enseignant est pris entre sa responsabilité vis-à-vis de l’institution, vis-à-vis de sa pratique enseignante, mais aussi de ses affects et du retour en miroir que procure la réussite – ou l’échec – des étudiants.

Pour encourager notre réflexion et notre vigilance, Caroline Ladage nous a montré l’importance de reconnaître les différents modèles que nous utilisons ou pourrions utiliser, ne serait-ce que pour les questionner, et attire notre attention sur un point fondamental : mesurer n’est pas évaluer.

La question des biais liés à l’évaluation a été largement évoquée, aussi bien dans leur cause, leur nature que différents moyens d’y remédier. Jean-Marc Braibant nous a livré nombre de conclusions méthodologiques sur la rédaction et l’exploitation des QCM, un sujet qui fait débat. On ne peut évaluer que du décidable par les QCM…

Le numérique prend une place nouvelle, et agit comme révélateur des modèles et de certitudes, sans pour autant pouvoir se substituer à tout autre outil : si l’on peut questionner les modèles de l’évaluation à partir du numérique, tout autant peut-on questionner le numérique à partir des modèles de l’évaluation.

La réflexion méthodologique est au cœur du projet d’évaluation, avec en amont celle qui porte sur les objectifs et les niveaux attendus, dans une prise en compte des contextes, des parties prenantes et des interactions contextuelles.

Conférences, communications et interventions ont placé l’humain au centre de l’activité d’évaluation, outil au service de la communauté éducative. Pourrait-on arriver à des indicateurs qui prennent en compte le bonheur d’étudier ?

Pour retrouver le résumé des présentations de cette journée, rendez-vous sur la page évaluation des enseignements du site de l'Université Paris-Sud

Dernière modification le 13 octobre 2015