Ces étudiants de l'IUT de Cachan qui vont envoyer leur satellite en orbite

Par Aubéri André / Publié le 23 mars 2015

Parce que l’IUT de Cachan privilégie la pédagogie par projet, des étudiants des trois départements, Génie Electrique et Informatique Industrielle 1 et 2 et Génie Mécanique et Productique ont la chance de participer à la conception d’un satellite avec différents partenaires dont le CNES. Baptisé EYE-SAT, ce satellite sera lancé sur une fusée Soyouz fin 2016 depuis la base de Kourou en Guyane.


L'équipe du projet au CNES, à Toulouse. © UPSud

L’IUT de Cachan a fait le choix d’une pédagogie innovante en intégrant l’apprentissage par projets dans ses cursus de formation. Parmi les projets proposés aux étudiants des trois départements de l’IUT de Cachan, (Génie Informatique et Informatique Industrielle 1 et 2 et Génie Mécanique et Productique) la création d’un satellite en partenariat avec le Centre National d'Etudes Spatiales (CNES) - et notamment le Centre spatial de Toulouse pour la conception des systèmes orbitaux - l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC), l’Université Paul Sabatier de Toulouse, Supaéro, l’ICAM et l’ESTACA, une école d'ingénieurs. Au sein du projet, les étudiants de l'IUT de Cachan sont en charge de la conception et de réalisation de la structure. Les premiers essais d’éjection de la structure ont été validés en 2014. Des résultats positifs qui ont permis aux étudiants du département GMP d'être responsables de la structure de vol pour le lancement en 2016.

Pédagogie par projet

Pour les étudiants de l’IUT de Cachan, tous départements confondus, il s’agit ici de travailler sur l’électronique et la structure du satellite. En plus de renforcer leurs acquis, ils sont aussi sensibilisés sur des compétences techniques très poussés (thermique, vibrations, …) et acquièrent de l’expérience en gestion de projet. Lors des revues de projet à Toulouse, ils sont notamment amenés à présenter les avancées du projet devant une assemblée d’ingénieurs et de professeurs participant à cette mission.

Une dizaine d’étudiants, majoritairement de 2ème année, travaille chaque année sur ce satellite, une nouvelle promotion remplaçant la précédente afin de faire évoluer le travail déjà fourni. Au total, sur la France entière, c’est plus d’une cinquantaine de personnes (étudiants, professeurs et ingénieurs) qui travaillent à ce projet d’envergure national.

Pour les étudiants, c’est également l’occasion de développer des partenariats avec des structures qui par la suite les accueillent en stage ou lorsqu’ils entrent sur le marché du travail. Ainsi, deux étudiants en semestre décalé en Génie Electrique et Informatique Industrielle ont  décroché en janvier 2015 un CDD au Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales  (LATMOS – CNRS/UVSQ/UPMC) après y avoir fait leur stage de deuxième année.


Un module développé par les étudiants de Cachan. © UPSud

Le satellite EYESAT

EYE-SAT sera lancé sur une fusée Soyouz fin 2016 depuis la base de Kourou en Guyane. Positionné à 700 km de la terre, sa mission sera de réaliser des images de la lumière zodiacale et de la voie lactée dans le visible et le proche infrarouge. Ces images seront ensuite analysées par le LATMOS, Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales qui est spécialisé dans l'étude des processus physico-chimiques fondamentaux régissant les atmosphères terrestres et planétaires et leurs interfaces avec la surface, l’océan, et le milieu interplanétaire.

Auto-alimenté grâce à ses quatre panneaux solaires, le satellite rechargera ses batteries en faisant 15 fois le tour de la terre par jour, à une vitesse de 8 km par seconde. Ce satellite agile pourra également gérer lui-même son positionnement dans l’espace grâce au Système de commande d'attitude et d'orbite, ou SCAO, un ensemble d'équipements et de logiciels de bord qui assure la fonction de pilotage d'un engin spatial en vue de l’orienter selon l'altitude voulue pour répondre aux exigences de sa mission.

EYESAT pourra à tout moment indiquer clairement sa position dans l’espace, grâce à un récepteur GPS et à un senseur stellaire.

Quant à son avenir, la loi sur les opérations spatiales impose que tout satellite se trouvant en orbite basse soit rentré dans l’atmosphère avant un quart de siècle. En 2041, l’EYESAT sera donc détruit par combustion lors de son retour vers la Terre.

Pour le grand public

S’il est possible d’envoyer des commandes, de piloter et de contrôler l’état du satellite depuis la Terre et les centres de contrôles installés à Toulouse et prochainement au sein même de l’IUT de Cachan, le grand public peut également participer à cette opération. En effet, les bandes-radios utilisées pour communiquer avec EYESAT appartiennent à la communauté des radios amateurs. Chaque personne disposant d’un récepteur pourra donc recevoir les données et l’état de santé du satellite à un instant t, et les transmettre ensuite aux personnes responsables du pilotage du satellite.

La prochaine étape

Les nano-satellites de part leur taille et leur procédé de développement sont pour les industriels et les laboratoires scientifiques une occasion très peu coûteuse de tester les composants électroniques en environnement spatial, où les gradients de températures peuvent atteindre 100°C et dans lequel ils sont bombardés en permanence par des rayonnements ionisants. Cette prise de risque permet donc avant tout d’apprendre et de faire évoluer les connaissances et les techniques employées pour la création d’un satellite.

Les maquettes montées à l’IUT de Cachan vont maintenant être soumises à différents tests, de vibration et de chaleur notamment, grâce à des essais en vol zéro gravité ou en vide thermique.

Fort de cette expérience particulièrement positive, l'IUT souhaite capitaliser sur ces projets qui s'inscrivent dans une démarche Innov lab en créant une structure dédiée.

 

Quelques chiffres sur EYESAT
 
•    Poids : 4 kg
•    Dimensions : 34 cm de hauteur pour 10 cm de côté
•    Envergure : 70 cm
•    Nombres de panneaux solaires : 4
•    Vitesse : 8 km par seconde
•    Nombre de révolutions en 24h : 15 fois le tour de la terre
•    Orbite : 700 km au-dessus de la terre.
•    Environnement spatial : évoluant entre -50° et +150°.

 

Lexique

Orbite : courbe fermée représentant la trajectoire que dessine, dans l’espace, un objet céleste sous l’effet de la gravitation et de forces d’inertie.

Domaine du visible : seule fenêtre du spectre électromagnétique perceptible par l’œil humain et qui permet de visualiser les couleurs.

Proche infrarouge : partie du spectre électromagnétique qui vient juste après le visible et qui correspond au rayonnement solaire réfléchi à la surface terrestre.

Vol zéro gravité : permet de créer une situation de micropesanteur en Airbus A300 Zéro G.

Vide thermique : permet de vérifier le fonctionnement des équipements dans des gammes de températures extrêmes et de reproduire ainsi les conditions de l’environnement spatial.

 

Contacts

Denis PENARD
Responsable Projet
Enseignant GEII 1
01 69 15 38 08
denis.penard @ u-psud.fr

Pascal MARTINELLI
Responsable Bureau d’Etudes
Enseignant GMP
01 69 15 38 07
pascal.martinelli @ u-psud.fr

Auberi ANDRE
Chargée de Communication
01 41 24 11 27
auberi.andre @ u-psud.fr

Dernière modification le 31 mars 2015