Rouges-gorges sur écoute

Par le Service Environnement et Paysages / Publié le 28 mars 2019

Oreilles à l’affût, micro perché, Chloris Maury, doctorante en Sciences de la Vie et de la Santé à l’Université Paris-Sud, arpente le campus en quête d’un passereau commun de nos parcs et jardins. Tellement commun que l’on ne s’imagine pas qu’il puisse encore receler des secrets pour les scientifiques. Erithacus rubecula, plus connu sous le nom de rouge-gorge, figure pourtant parmi les rares espèces des régions tempérées à chanter en toutes saisons et ce quel que soit son sexe à l’instar de certaines espèces tropicales.

A travers son « Etude du chant et du comportement territorial de rouges-gorges mâles et femelles (Erithacus rubecula) durant et hors période de reproduction* », Chloris Maury entreprend d’analyser les processus d’apprentissage du chant, ses mécanismes de production et ses fonctions (reproduction et défense territoriale) en tenant compte des différences sexuelles. De quoi documenter un pan souvent délaissé par la recherche scientifique, celui du chant des femelles chez les Oscines (oiseaux chanteurs).

En collaboration avec l’Institut Max-Planck d’ornithologie de Seewiesen (Bavière, Allemagne), ce travail de thèse s’appuiera sur des études menées auprès de populations naturelles sur le campus d’Orsay-Bures et de groupes captifs en laboratoire. La première étape, débutée à l’automne 2018 et poursuivie cet hiver, a permis à Chloris Maury et son équipe de déterminer les territoires hivernaux, de capturer et baguer les oiseaux des deux sexes. Parallèlement des enregistrements de chants ont été réalisés à des fins d’analyse informatique.

Cette banque de données bioacoustiques permettra de réaliser des expériences de « playback » sur le terrain et de recueillir les réponses à ces stimuli pour mieux appréhender les fonctions du chant mâle et femelle. L’Institut Max-Planck complètera l’étude par des recherches sur les mécanismes hormonaux et neuronaux intervenant dans la production du chant. Une équipe pluridisciplinaire, rien de moins pour percer les mystères de cet oiseau pas si commun.

* Thèse menée sous la direction de Thierry Aubin (CNRS) et Fanny Rybak (Institut des Neurosciences Paris Saclay (NeuroPSI), en cotutelle avec Ludwig Maximilian University of Munich - Max Planck Institute for Ornithology - Department of Behavioural Neurobiology sous la direction de - Mr Manfred Gahr, dans le cadre de l’École doctorale Signalisations et réseaux intégratifs en biologie (Kremlin-Bicêtre, Val de-Marne), en partenariat avec Neuro-PSI - Institut des Neurosciences Paris Saclay (laboratoire) et de Université Paris-Sud (établissement de préparation de la thèse).


Cet article est issu du dernier numéro de l'Echappée verte, le journal du Service Environnement et Paysages, téléchargeable sur la page du jardin botanique de Launay, jardin universitaire.

Dernière modification le 28 mars 2019