Quand l’art s’invite sur le campus de l’IUT de Sceaux

Publié le 2 octobre 2019

En ce bel après-midi du vendredi 20 septembre, l’IUT de Sceaux a connu une certaine effervescence. La sculpture Flower de Emile Gilioli a été restaurée et son inauguration a réunit notamment dans le jardin-bassin qui cerne l’œuvre, Alain Sarfati, Président de l’Université Paris-Sud, Sylvie Retailleau, Présidente de l’Université Paris-Saclay et Sophie Morin-Delerm, Directrice de l’IUT de Sceaux.

Créée en 1972, cette sculpture abstraite retrouve sa blancheur originelle par les soins du restaurateur-conservateur Hugues de Bazelaire. Cette action s’inscrit dans la politique de restauration de la direction du patrimoine de l’université Paris-Sud, mise en oeuvre par Patrice Godard, responsable de la valorisation du patrimoine culturel.

La mairie de Sceaux a manifesté son intérêt pour cet objet d’art situé dans un jardin ouvert au public. Chantal Brault, 1ere adjointe au Maire, a souligné la qualité de l’œuvre et de la restauration sous l’œil expert de Jean-Philippe Allardi, 2eme adjoint au Maire, en charge de la culture et commissaire-priseur.

Entourée d’étudiants du bureau des arts, Sophie Morin-Delerm a fait remarquer la proximité entre le travail du pédagogue et celui du sculpteur, tous deux créateurs à leur manière. Patrice Godard a fait observer que les fleurs de pierre abstraites sont les seules à ne pas faner. Un entretien régulier devrait les empêcher de noircir.

Sylvie Retailleau souhaite poursuivre cet effort pour le futur. Elle a rendu hommage à l’artiste : « Emile Gilioli évoque un art entièrement nouveau qui sera ce que la musique est à la littérature. Il s’inscrit dans cette révolution de l’esthétique moderne en devenant l’un des chefs de file de la sculpture abstraite. Il recourt à la spontanéité du geste, la fantaisie, l’improvisation et l’aléatoire. Avec lui et depuis Cézanne, la contemplation devient complice au lieu d’être juge. Blaise Pascal écrivait déjà : Quelle vanité que la peinture (ou la sculpture) qui attire l’attention par la ressemblance des choses dont on n’admire pas les originaux ! Avec cette sculpture abstraite, nous quittons donc l’âge classique de l’imitation. »

Alain Sarfati conclut la cérémonie d’inauguration  en retraçant la carrière du sculpteur : « Encouragé par l’amitié de Poliakoff et Brancusi, il va connaitre des années difficiles dans un atelier d’un mètre sur trois Rue de Seine, surnommé « La Bohème ».  La reconnaissance vient avec de nombreuses commandes de sculpture à la gloire de la Résistance en Isère. La plus célèbre est le monument de Glières, sculpture architecture de 10 mètres de haut pour 20 mètres de large qu’André Malraux inaugura en 1973 par ces mots : « Le grand oiseau blanc de Gilioli a planté ses serres ici. Avec son aile d’espoir, son aile amputée et entre elles, son soleil levant. »

Consécration suprême pour une carrière jalonnée de 30 expositions particulières et de 245 salons et expositions de groupe. Son recueil de pensées « Sculpture » publié en 1968 nous rappelle que Emile Gilioli était aussi un écrivain qui pensait la sculpture comme une irradiation de la matière qui éclate comme un fruit mûr. Notre Flower ressemble un peu à une pomme croquée où se rencontrent sphère et diagonale. Il rêvait d’un art aussi pur que le ciel, les montagnes, les galets récoltés dans les torrents. Son art abstrait a bien sûr connu quelques déconvenues : un Christ sans croix refusé par l’Eglise, un monument des déportés du Vercors déplacé par le préfet. Mais son obstination, son talent l’ont imposé comme un des chefs de file de la sculpture abstraite. La ville de Saint Martin de la Cluze a fait de son atelier un musée-bibliothèque, et sa maison de la rue Gager- Gabillot à Paris recèle encore de nombreuses et belles œuvres.

Pour lui, une sculpture doit être comme un arbre qui se développe avec une part de mystère qui échappe même au sculpteur. Si Giacometti réduisait son œuvre sans cesse, Gilioli l’augmentait. »
Une plaque commémorative de l’événement a été dévoilée par Alain Sarfati, Sylvie Retailleau et Sophie Morin-Delerm.

Contact : Patrice Godard – Direction du Patrimoine – patrice.godard @ u-psud.fr

Dernière modification le 2 octobre 2019