50 raisons de célébrer le jubilé de la Faculté Jean Monnet

Par Gaëlle Degrez / Publié le 11 mai 2018

Du 14 au 18 mai 2018, la Faculté Jean Monnet, UFR Droit Economie Gestion de l’Université Paris-Sud, célèbre ses 50 ans sur le campus de Sceaux. Jean-Pierre Faugère, Professeur émérite de Sciences économiques à l’Université Paris-Sud et ancien doyen de la Faculté Jean Monnet de 1998 à 2008 a piloté le groupe de travail chargé de définir le programme des évènements qui vont ponctuer la célébration de ce jubilé. Il revient avec nous sur l’histoire de la Faculté et sur le détail du programme des célébrations.

Dans quel cadre avez-vous été amené à piloter le groupe de travail en charge des célébrations du jubilé ?

Jean-Pierre Faugère : Le Doyen de la Faculté, Antoine Latreille, m’a fait le grand honneur de me contacter en juin dernier pour me faire cette proposition. J’ai pris beaucoup de plaisir à accomplir cette mission. Célébrer un anniversaire permet de se livrer à un bel exercice de mémoire. C’est intéressant de comprendre d’où l’on vient et comment nous avons évolué tout au long de ces cinquante années. L’idée n’est pas de nous conforter dans une vision nostalgique de notre histoire mais plutôt de s’en saisir pour mieux appréhender notre présent et pouvoir nous projeter dans l’avenir. En creux, le fil conducteur de cet exercice c’est la question sous-jacente de notre identité, de notre singularité dans le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Commençons par la question du passé. Quelles sont les grandes étapes qui ont marqué l’histoire de la Faculté ?

L’histoire de la Faculté Jean Monnet s'ouvre en 1968, date de sa création à partir d’une délocalisation de la faculté de Droit de Paris. J’y suis moi-même arrivé comme jeune moniteur en 1969. Il n’y avait que deux bâtiments et cet amphithéâtre pittoresque, installé au milieu du parking, et toujours rempli de moineaux. Le campus était donc beaucoup plus modeste qu’aujourd’hui mais déjà bien sympathique. Les étapes qui m’ont marqué sont en 1970 le rattachement à l’Université Paris-Sud, puis à la fin des années 80, le lancement des travaux d’extension à l’initiative du Doyen Jean-Claude Masclet. C’est à cette époque également que la Faculté a intégré l’économie et la gestion et a ouvert une antenne sur le site d’Orsay. Enfin ce que je retiens des années 90, c’est l’organisation et le développement de la recherche. Et c’est à mon sens une des grandes forces de la Faculté d’avoir choisi de donner autant d’importance à ses activités de recherche, qu’à son offre de formations d’excellence, tout en assurant une très bonne insertion professionnelle à nos étudiants. Enfin, un dernier mot sur un de nos autres grand atout : notre appartenance à l’Université Paris-Sud. Lors de notre rattachement en 1970, le poids de l’Université et notamment des présidents d’université étaient beaucoup moindre qu’aujourd’hui. Etre une des composantes de sciences humaines dans une université à dominante science et santé n’a pas forcément toujours été simple pour faire entendre notre singularité. Mais à force d’écoute réciproque, le dialogue s’est instauré et aujourd’hui les relations sont fluides. Et je vais vous confier une anecdote. En 2007, je suis à l’époque Doyen de la Faculté. Je me rends en Chine pour signer de nouveaux de partenariats et lors de mes rencontres avec mes homologues chinois, je suis chaleureusement félicité pour le Prix Nobel que vient de recevoir Albert Fert, Professeur à l’Université Paris-Sud. Je savais que Paris-Sud était une université d’excellence mais durant ce voyage, j’ai été très fier d’en être partie prenante !

Vous avez parlé de la question d’identité. Comment définiriez vous celle de la Faculté ?

Il faut déjà poser le contexte qui est de fait, une situation extrêmement concurrentielle. En effet, les établissements d’enseignement supérieur les plus réputés dans notre domaine, qui est celui du droit, de l’économie et de la gestion, sont réunis en Ile-de-France. Dans ce contexte, notre Faculté a choisi, dès l’origine, d’appliquer une politique de différenciation ; nous n’avons pas essayé d’être une pâle copie des grandes universités déjà existantes. Nous avons, au contraire, développé des formations qui n’existaient pas ailleurs, à l’image des premiers Masters (anciennement 3èmes cycles) créés à Sceaux en diplomatie, droit de la santé ou encore droit canonique. Nous avons poursuivi dans cette voie et développé de nombreuses spécialités rares, voire uniques en France : droit du patrimoine culturel, droit de l’espace, économie et droit de l’innovation et beaucoup d’autres. Notre deuxième atout réside, je crois, dans la complémentarité des disciplines : droit, économie, gestion, une association assez rare en France et qui n’est pas une simple cohabitation. Il y a en effet, une véritable coopération entre les trois filières et de nombreuses convergences dans la formation et la recherche. C’est une richesse indéniable et une marque forte de notre identité. Impossible enfin de ne pas mentionner la convivialité du site. Nous sommes un petit campus où tout le monde se croise et se rassemble dès qu’il y a un rayon de soleil. La vie y est, somme toute, très agréable et les relations très faciles entre enseignants, étudiants et administratifs.

A la lumière de tout ce que je viens de dire, je ne peux qu’envisager l’avenir de façon sereine et positive. Notre Faculté jouit d’une excellente réputation tant pour la qualité de son corps enseignant que pour celle de la formation de ses étudiants. Cette attractivité est gage de réussite pour son avenir, un avenir qui va bien entendu s’écrire dans le nouveau contexte de Paris-Saclay.

Fort de cette vision, comment avez-vous construit le programme de ce jubilé ?

Comme je vous le disais auparavant, le comité que je pilotais a construit un programme qui permette aux étudiants et personnels (anciens ou actuels), ainsi qu’aux partenaires et aux curieux de poser un regard sur le passé pour construire l’avenir, de se pencher sur l’étendue des formations et des recherches proposées à la Faculté Jean Monnet, mais aussi de participer aux nombreuses activités culturelles et festives organisées. Du lundi 14 mai au mercredi 16 mai, différentes conférences, ouvertes à tous, se dérouleront à la Faculté Jean Monnet. La journée du 18 mai est consacrée aux étudiants qui, par l’intermédiaire de leur association sportive, organisent un Game Day. Le point d’orgue de cette semaine de festivité est le Grand Amphi du jeudi 17 mai, ouvert à tous, et parrainée par Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, ancienne étudiante et ancienne chargée de travaux dirigés de la Faculté. Sont prévus, après l’accueil de la Présidente Sylvie Retailleau, du Doyen Antoine Latreille et du Maire de Sceaux Philippe Laurent, une conférence « Europe, droit et politique » de Francesco Margiotta-Broglio, professeur de l’Université de Florence, des flashes sur la recherche (« ma thèse en 180 secondes ») et une table ronde animée par le juge Garapon réunissant des anciens élèves aux parcours singuliers tous dans l’engagement : engagement contre la corruption (Eric Halphen), pour les droits des malades (Claire Compagnon) pour les victimes du terrorisme (Samia Maklouf) pour le sport de très haut niveau (Anne-Cécile Rohou) pour l’Europe (Gueorgui Ianakiev). Ce thème de l’engagement nous parut naturel car conforme à l’une de nos missions qui est de former des citoyens. Enfin, la célébration de ce jubilé est également l’occasion pour nous de nouer ou de renouer avec les anciens étudiants, pour créer un réseau d’alumni avec le souhait de faire vivre cette communauté.

Retrouvez le programme détaillé et toutes les informations pratiques : http://www.jm.u-psud.fr/fr/la_faculte2/actualites_de_la_faculte2/jubile-jubilons.html

Dernière modification le 11 mai 2018