Quel avenir pour la pratique sportive à Paris-Sud ?

Par Marie Beuneu / Publié le 19 septembre 2017

Vecteur de cohésion, de vie de campus et de développement personnel, le sport tient une place importante à l’Université, qui est étroitement associée au développement des infrastructures sur le plateau de Saclay. Cet entretien mené avec Patrick Maupu, directeur du SUAPS et chargé de mission Vie de campus auprès de la présidence de Paris-Sud a été publié dans le numéro 26 de la newsletter Projet Campus.


Patrick Maupu, directeur du SUAPS et chargé de mission Vie des campus.

Comment s’organise la pratique sportive à l’Université Paris-Sud ?

L’UFR STAPS a en charge la formation initiale des étudiants et la recherche dans les domaines des activités physiques, sportives et artistiques (APSA). Parallèlement, le SUAPS a pour missions d’organiser, enseigner et promouvoir les APSA, en formation qualifiante (UE Sport) et en formation personnelle (loisirs), pour les étudiants et les personnels de Paris-Sud. Il joue également le rôle de support et de conseil pour les associations. Enfin, il encadre les équipes de compétition et crée de l’évènementiel ou accompagne des initiatives associatives.

Les associations étudiantes sont nécessaires pour permettre aux étudiants de participer à des compétitions universitaires dans le cadre de la FFsportU (1). Il y a ainsi à Paris-Sud cinq associations sportives (AS) étudiantes : l’ASESCO, l’AS Pharma, l’AS Jean Monnet, l’AS STAPS et l’AS KB. Nous travaillons d’ores et déjà sur une AS Paris-Saclay, mais il faudrait commencer par unifier les AS de Paris-Sud.

Le PSUC (2) a l’intérêt d’inscrire l’Université dans son territoire : il permet aux voisins, aux habitants des communes voisines, de venir pratiquer une activité sportive à l’Université. Le PSUC étant affilié aux fédérations des activités qu’il propose, il permet également aux étudiants et personnels de participer à des compétitions civiles.

En 2010, nous avons créé le portail sport qui rassemble l’ensemble des activités proposées par le SUAPS, l’ASESCO et certaines du PSUC, avec l’objectif d’être complémentaires pour offrir une palette de choix la plus large possible.

Le sport à Paris-Sud en chiffres
59 activités physiques et sportives proposées
206 créneaux de pratique
19,17% de la population de Paris-Sud adhère à une des trois structures sportives
20% objectif de pratique à terme

 

Quel impact aura le développement des infrastructures sportives du plateau de Saclay pour les étudiants et personnels de Paris-Sud ?

Pour le moment, il y a de grandes disparités en terme d’installations sportives, entre les campus de Paris-Sud mais également entre le plateau et la vallée d’Orsay – Bures – Gif-sur-Yvette. L’ouverture partielle du Lieu de Vie de Moulon, à la rentrée dernière, a permis de combler en partie cet écart et de fournir enfin une infrastructure sportive, avec une salle de musculation, une salle de danse – fitness et deux terrains de basket, à nos étudiants sur le plateau. Ces équipements se trouvent dans un bâtiment du CROUS, mais le SUAPS en porte la responsabilité pédagogique.

A la rentrée 2017, de nouveaux équipements sportifs mutualisés vont ouvrir : deux terrains synthétiques (un de football et un mixte football/rugby, avec des vestiaires et des sanitaires provisoires) sur la plaine des sports, ainsi que 2 gymnases et 2 salles de 200m² chacune dans le bâtiment B de CentraleSupélec. Nous travaillons actuellement à transformer notre portail sport Paris-Sud en un portail Paris-Saclay pour le secteur de Moulon, en ouvrant certains créneaux aux partenaires. L’outil est prêt, il faut à présent que chacun mutualise certaines activités pour que les étudiants et les personnels du plateau aient un large choix sans avoir besoin de descendre dans la vallée.
Fin 2018, deux nouveaux terrains synthétiques et un complexe d’athlétisme ouvriront sur la plaine des sports avant le centre omnisports en lui-même, attendu pour la rentrée 2020. A terme avec la piscine, nous aurons sur ce secteur des installations sportives à la hauteur d’une Université de rang mondial.

Y a-t-il des projets liés au sport dans la vallée d’Orsay – Bures-sur-Yvette ?

Nous recherchons des financements pour deux projets dans la vallée : remplacer la surface actuelle du terrain de football du bâtiment 225 pour une pratique plus sûre et plus régulière, et mettre à couvert les trois terrains de tennis du bâtiment 335. Chacun de ces projets coûte 600 000 € environ. Ces projets sont d’autant plus opportuns que le bâtiment 220 devrait, à terme, accueillir des logements étudiants. Le terrain de football, juste en face, devient dangereux au bout de quelques heures de pratique ; la pose d’une surface synthétique permettrait d’élargir la pratique, d’accueillir des compétitions universitaires, voire de réfléchir à permettre aux étudiants qui sont présents le week-end d’y accéder librement.

A côté de ces deux projets, nous avons d’autres idées et préoccupations, comme la réhabilitation énergétique du bâtiment 225 qui est très froid en hiver, l’installation d’un city park accessible librement, la création d’un parcours naturel avec peut-être des rochers pour la varappe, la circulation en vélo sur le campus…

Comment les campus de la Vallée Scientifique de la Bièvre (3) sont-ils impactés ?

Les campus situés dans la VSB peuvent actuellement pratiquer des activités sportives au sein du CSU (4) de Châtenay-Malabry, mais ce pôle est vieillissant et sera quitté en 2022, avec le départ de la Faculté de Pharmacie. Une de mes missions consiste à trouver des solutions de remplacement pour les installations que nous quittons.

En gardant à l’esprit une logique de proximité pour éviter les longs déplacements, l’idéal serait de créer deux pôles, l’un à Sceaux et l’autre à Cachan. Plusieurs pistes de réflexion sont envisageables, dans des locaux et terrains vierges ou libérés dans les années à venir : les anciens locaux de l’ENS à Cachan, un terrain vierge en face de l’IUT de Sceaux, certains niveaux des parkings de la Faculté Jean Monnet qui sont vides, des salles à réaménager sur le campus de Fontenay-aux-Roses…

Les réflexions sont en cours, et nous sommes très attentifs à la question des infrastructures sportives au sein de la VSB. La présidence s’est saisie de la question.

Comment le sport peut-il être vecteur de cohésion au sein du Campus Paris-Saclay ?

Les infrastructures mutualisées vont permettre aux publics des différents établissements de se croiser et de se rencontrer. Comme pour l’hébergement et la restauration, le sport, en créant de la mixité, peut nous permettre d’apprendre à nous côtoyer et à travailler ensemble. A la rentrée 2016, nous avons pu ouvrir plusieurs créneaux au Lieu de Vie de Moulon ; des élèves de CentraleSupélec ont fréquenté nos cours, aux côtés d’étudiants de Paris-Sud, et ça s’est très bien passé. Je crois que le sport peut permettre à la communauté d’apprendre à se connaître. C’est un travail de tous les jours, qui fait partie intégrante de ma mission auprès de la présidence.

Il a par ailleurs été très motivant de travailler sur ces sujets, avec l’ENS Paris-Saclay et CentraleSupélec, au sein de la commission technique de l’EPAPS sur la plaine des sports. Nous avons vraiment été écoutés et entendus, et nous sommes impatients de voir le résultat.

Les évènements sportifs seront-ils partagés au sein de Paris-Saclay ?

Nous avons d’ores et déjà décidé de mutualiser tous nos évènements. Au Tri-Relais de Paris-Sud, par exemple, nous avons invité les autres établissements. Mais le meilleur exemple d’évènement sportif partagé au sein de Paris-Saclay reste le Basket Trophée Paris-Saclay. Il a été initié par l’IUT d’Orsay, l’UFR STAPS et CentraleSupélec et s’est créé dans le cadre de Paris-Saclay. La troisième édition a eu lieu en mai dernier, et c’est un véritable succès.

Nous devrions également programmer un évènement fédérateur au moment de l’inauguration de la plaine des sports, à l’horizon 2020. Avec le centre omnisports, nous aurons sur le Moulon un bel outil permettant, avec ses 600 places de tribune et sa salle d’honneur, d’accueillir des championnats universitaires et de créer des évènements de renom.

Notes :

1.  Fédération Française du sport Universitaire
2.  Paris-Sud Université Club
3.  Pôle métropolitain et territoire scientifique, la Vallée Scientifique de la Bièvre (VSB) comprend les campus de Châtenay-Malabry, de Sceaux, de Cachan et du Kremlin-Bicêtre de l’Université Paris-Sud.
4.  Centre sportif universitaire

Cet article est publié dans le n°26 de de la Newsletter Projet Campus, la lettre d'informations de la Mission Campus dont le dossier est consacré au sport à Paris-Saclay

Dernière modification le 19 septembre 2017