Le garage de Paris-Sud devient solidaire

Par Anaïs Vergnolle / Publié le 18 septembre 2017

Le 21 septembre 2017, un garage solidaire ouvre ses portes sur le campus d’Orsay. Situé au bâtiment 309 A, à proximité de l’activité vélos de l’association Solicycle, ce garage s’inscrit dans une réflexion générale sur les modes de déplacement des usagers sur le campus d’Orsay.


Réparations en cours au garage solidaire. © M. LECOMPT / UPSUD

Ateliers mécano et bourse aux vélos

A l’occasion de cette journée « portes ouvertes » du garage solidaire, les visiteurs pourront participer à de nombreux ateliers de 9h à 17h. Ils pourront ainsi s’initier à l’auto-réparation de vélos et autos, découvrir les transports doux et mécaniques et assister à des démonstrations de vélos à assistance électriques et de scooters !

Une grande bourse aux vélos sera également organisée. Les personnels et étudiants de l’université auront la possibilité d’acheter un vélo à un prix raisonnable, avec une possibilité de rachat par l’association à la fin de l’année universitaire.

La mobilité sur le campus au cœur des réflexions

Le garage solidaire et les ateliers vélos de Solicycle sont des activités de la plateforme Essonne Mobilités et de l’association Études et Chantiers, qui recherchent et mettent en œuvre des solutions de mobilité individualisées et durables destinées aux personnes les plus défavorisées résidentes sur le territoire de l’Essonne.


Loïc Morin, vice-doyen infrastructures de la Faculté des Sciences. © UPSUD

Loïc MORIN, Vice-Doyen Infrastructures de la Faculté des Sciences, revient sur les enjeux de ce nouveau partenariat et évoque les futurs projets « mobilité » de l’université.

Comment s’est décidée la mise en place d’un garage solidaire sur le campus d’Orsay ?

Depuis plusieurs mois, nous étions en contact avec Etudes et chantier Île-de-France, une association d'éducation populaire et de l'Économie Sociale et Solidaire, pour démarrer une action de recyclage et de promotion du vélo. En septembre 2016, Solicycle a ainsi ouvert une activité d’entretien, de location et de réparation de vélos sur le campus, à destination des personnels et des étudiants. Forts de cette collaboration, nous avons réfléchi à d’autres actions à mener, sur les thématiques de la mobilité et de la solidarité. L’université Paris-Sud a récemment défini un protocole pour s’engager dans des actions de développement durable et de responsabilité sociétale (DDRS). C’est comme cela que le projet de garage solidaire, qui rentre parfaitement dans cette activité, a été initié.

Il existait déjà un garage à l’université, quelle est son articulation avec le garage solidaire ?

Le garage était en effet un service de la Faculté des Sciences. Il était cependant voué à disparaitre pour plusieurs raisons : d’une part à cause des directives réglementaires qui imposent que les services administratifs externalisent la gestion de la flotte automobile. D’autre part parce qu’il ne restait plus qu’un agent qui se retrouvait dans une situation de travailleur isolé, pour un métier à risque. Les procédures mises en place pour éviter ce problème n’étaient pas satisfaisantes. L’occasion s’est donc présentée de faire reprendre le garage par la plateforme Essonne Mobilités. Avec son directeur Guillaume GARSON, nous avons élaboré un partenariat pour qu’Essonne Mobilités puisse s’installer dans le bâtiment existant et y exercer ses activités. L’agent qui travaillait seul a été recruté par l’association pour encadrer et former les salariés aux connaissances et compétences techniques de la mécanique automobile. Ces derniers seront également accompagnés pour l’acquisition de compétences transversales leur permettant d’atteindre un objectif d’insertion.

Quels sont les services dont pourront bénéficier les personnels et les étudiants ?

Dans cette opération, l’université met gratuitement le garage et tout son équipement à disposition de l’association. En échange, une journée par semaine, tous les étudiants et personnels pourront venir entretenir leurs véhicules et participer à des ateliers d’auto-réparation. Ils seront accompagnés par les différents mécaniciens et techniciens du garage. L’organisation sera commune avec l’association Solicycle. Cela concerne donc les vélos, les scooters et les automobiles.

L’association s’engage également à s’occuper gratuitement de l’entretien de la flotte automobile thermique résiduelle de l’université. L’université a en effet comme projet de remplacer la majeure partie de sa flotte automobile par des véhicules électriques.

Des véhicules électriques seront donc disponibles sur le campus ?

Nous sommes actuellement en négociation avec l’Établissement Public d'Aménagement Paris-Saclay (EPAPS) pour établir le cahier des charges de cette opération. L’EPAPS installera gratuitement des bornes électriques sur le campus d’Orsay et financera l’achat de véhicules. C’est un partenaire extérieur qui s’occupera de la gestion et l’entretien des véhicules électriques. Dans l’appel d’offre, nous souhaitons ajouter une clause sociale et demanderons que l’entretien se fasse au garage solidaire. De manière plus générale, l’université souhaite mettre en place à terme une stratégie de déplacement sur base d’un système d’autopartage, dans lequel les véhicules ne font pas forcément un aller-retour de leur point de départ à leur point d’arrivée. Ce système doit être mis en route dans les mois qui viennent.

Quels sont les autres projets « mobilité » en cours à l’université ?

Une étude appelée « Schéma urbain et paysager de la vallée » a été lancée sur la reconfiguration du campus. Elle est pilotée par l’EPAPS, avec la participation de l’université, la Communauté Paris-Saclay et les mairies de Bures et d’Orsay. L’objectif est de rendre le campus disponible et accessible pour les activités cyclopédiques. Par exemple, nous souhaitons développer de manière significative le système de vélos électriques.

Une réflexion globale sur la mobilité est en cours. Le Plan de déplacement campus lancé par l’université vise à faire un état des lieux et à proposer des solutions sur les stratégies de déplacement domicile-travail et travail-travail, sur le site élargi du campus. Nous réfléchissons par exemple à la création d’une sortie de RER directement sur le campus. A la gare « Orsay Ville », la RATP a entamé des travaux pour créer une voie de retournement, en prolongeant le quai afin de permettre une meilleure fluidité des RER et diminuer les temps d’attente. Dans le cadre de ces travaux qui vont durer 4 ans, l’université, avec le soutien de la mairie d’Orsay, a entamé des négociations pour avoir une sortie directe de ce quai sur le campus.

En parallèle, l’université et Ile-de-France Mobilités (anciennement STIF) travaillent sur l’installation d’un téléphérique, qui partirait de la gare d’Orsay avec un terminus à l’IUT d’Orsay, à côté de du futur métro. Cela permettrait de réguler les flux d’étudiants et de personnels, en connectant directement le RER B et le futur métro.

Ces différents projets s’inscrivent donc dans un nouveau schéma de déplacement sur le campus, défendu par l’université Paris-Sud. Cela réduirait probablement l’utilisation des véhicules automobiles personnels, tout en permettant un confort de déplacement des usagers, qu’il ne s’agit pas de pénaliser.

Dernière modification le 18 septembre 2017