Une première pierre pour un centre de premier plan

Par Gaëlle Degrez / Publié le 30 juin 2016

La première pierre du Centre de nanosciences et de nanotechnologies C2N (CNRS/Université Paris-Sud), récemment créé par le regroupement de Laboratoire de photonique et de nanostructures (CNRS) et de l’Institut d’électronique fondamentale (CNRS/Université Paris-Sud), a été posée le mardi 28 juin 2016 en présence de Thierry Mandon secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.


La pose de la première pierre s'est déroulée en présence de Gilles Bloch, président de l'Université Paris-Saclay, Sylvie Retailleau, présidente de l'Université Paris-Sud, Thierry Mandon, secrétaire d'Etat en charge de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Alain Fuchs, président du CNRS. © DR

Créé au 1er juin 2016, le Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies (C2N) est le fruit de la fusion de deux laboratoires aux expertises complémentaires, l’Institut d’Électronique Fondamentale, unité mixte de recherche de l’Université Paris-Sud et du CNRS sur le campus d’Orsay, et le Laboratoire de Photonique et de Nanostructures, unité propre du CNRS sur le site de DATA4, ancien site d’Alcatel, à Marcoussis.

Cette nouvelle structure, qui hébergera la plus grande centrale de nanotechnologie francilienne du réseau national Renatech, se place dans une perspective ambitieuse : constituer, en France, un laboratoire phare de niveau mondial pour la recherche en nanosciences et en nanotechnologies.

Avec pas loin de 400 personnes, dont plus de 200 personnels permanents, reparties sur les deux sites aujourd’hui, l’unité est organisée en 4 départements scientifiques où sont développés des recherches innovantes dans les domaines de la photonique, de la nanoélectronique, des micro- nano- systèmes, de la nano- bio- fluidique, ainsi que des activités de recherches technologiques innovantes dans les nano- technologies et dans l’instrumentation ultime, à l’état de l’art mondial.

Le rassemblement des forces en une seule unité font qu'à l’échelle européenne, le C2N constitue l’un des plus grands centres académiques en nano- photonique et, dans le cadre des collaborations tissées dans l’écosystème local, l’un des consortiums majeurs en spintronique, ou électronique des spin.

Des recherches ambitieuses, du fondamental à l'appliqué


La maquette du futur bâtiment. © atelier d'Architecture Michel Rémon

« L’Université Paris-Sud et la Faculté des Sciences, composante de rattachement du C2N, apportent et apporteront un soutien fort à ce laboratoire qui mène des recherches ambitieuses, du fondamental à l’appliqué, qui se situent à l’état de l’art dans de nombreux domaines innovants dont la science des matériaux, la nanophotonique, la nanoélectronique, les nanobio-technologies et les microsystèmes » s'est réjouit Sylvie Retailleau, Présidente de l'Université Paris-Sud rappelant à cette occasion que c'est dans un contexte où "l'Université Paris-Sud vient d'être reconnue 42e établissement mondial en science des matériaux par le dernier classement de Shanghai en ingénierie ".

De son coté, le Secrétaire d'Etat Thierry Mandon a précisé que construire une science durable était un des objectifs de l'Université Paris-Saclay dont les deux tutelles de C2N, Le CNRS et l'Université Paris-Sud sont membres fondateurs.

Le C2N n'a qu'un petit mois d'existence officielle mais il est en réalité l'aboutissement d'un projet né il y a 10 ans. C'est GianCarlo Faini, Directeur de recherche au CNRS et Directeur du C2N qui en a rappelé la genèse en soulignant que "toute cette histoire est longue et n’a pas toujours coulée de façon douce comme c’est le cas dans la plupart de projets d’envergures tel que celui-ci. Il se concrétise enfin aujourd’hui devant nos yeux, les grues, le béton, nous font prendre conscience de plus en plus que très bientôt nous serons tous réunis dans ce nouveau bâtiment à la technicité qui sera à la hauteur des contraintes sévères inhérentes aux recherches que nous menons. "
Le C2N, avec son bâtiment de 18 000 m², représente le plus grand projet immobilier du CNRS depuis 1973. Conduit conjointement par le CNRS et l'université Paris-Sud depuis 2009, ce projet s'inscrit dans l'opération d'intérêt national Paris-Saclay portée par l’Établissement public d'aménagement Paris-Saclay.  Les travaux ont débuté en novembre 2015 et se termineront à l'automne 2017.

Petit rappel de l'historique du projet - extraits du discours de GianCarlo Faini Directeur de recherche au CNRS et Directeur du C2N

Nous sommes en 2006 et pour des raisons différentes mais concomitantes, le CNRS prend la décision de relocaliser le LPN sur un site moins isolé et plus proche de l’Université, de l’Institut d’Optique, de Thalès et de l’école polytechniques où se trouvent pas mal de collaborateurs naturels des chercheurs. C’est également lié à la crise télécom et ses conséquences sur l’évolution du site de Marcoussis.

Au même moment, l’Université Paris-Sud et le CNRS sont en pleine réflexion d’une évolution de l’IEF vers un centre nano plus important, notamment plus ouvert vers les sciences du vivant. C’est donc tout naturellement qu’en 2007 CNRS et UPSud sont en pleine concertation sur une co-localisation des deux laboratoires avec une mise en commun des salles blanches.

Avec le lancement de l’opération nationale NanoInnov, décision est alors prise vers fin 2008 de regrouper les deux unités près du centre NanoInnov de Saclay sur le quartier ouest de l’école polytechnique, cette action s’inscrivant à part entière dans le plan Campus de Saclay.
(...)

Jean-Yves Marzin, alors directeur du LPN, et Jean-Michel Lourtioz, alors directeur de l’IEF, sont à l’origine et les initiateurs du projet de fusion des deux unités. En effet, plutôt que de partir sur une co-localisation avec le partage d’une centrale de technologie, il leur semblait plus pertinent de tirer profit des complémentarités et des expertises des deux laboratoires en les fusionnant en une seule unité. Ils défendent ainsi l’idée de création d’un grand Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies dotant le plateau de Saclay d’un laboratoire phare de niveau mondial dans le domaine des nanosciences et des nanotechnologies et en y concentrant les moyens technologiques lourds du réseau Renatech pour l’Ile-de-France. Une première version préliminaire du projet scientifique est alors élaborée sous le pilotage de Jean-Yves Marzin et de Jean-Michel Lourtioz fin 2008 pour appuyer cette proposition de fusion.

L’idée est validée par les tutelles et la genèse du projet du C2N démarre réellement en 2009, orientée par un Comité de Pilotage présidé par Michel Lannoo, ancien directeur scientifique de département du CNRS, et composé des deux directeurs des instituts de Physique et des Sciences de l’Ingénierie et des Systèmes du CNRS, du Président de l’Université Paris-Sud et du Directeur Général de l’école Polytechnique.

Dernière modification le 1 juillet 2016