2006-2016 : L’ICMMO souffle sa dixième bougie

Par Anaïs Vergnolle / Publié le 8 novembre 2016

L’Institut de Chimie Moléculaire et des Matériaux d’Orsay - ICMMO (UPSud/CNRS) fête cette année ses 10 ans. Regroupant près de 300 permanents, doctorants et post-doctorants, l’ICMMO représente l’une des plus importantes structures universitaires de recherche en chimie en France. L’institut est issu d’une histoire riche, qui commence dès le début avec la création du campus d’Orsay.


Photo prise à l'occasion de la célébration du dixième anniversaire en mars 2016. © M. LECOMPT / UPSud

L’arrivée de la chimie sur le campus d’Orsay

Dès 1958, une partie de la chimie-physique parisienne s’installe à Orsay sous l’impulsion d’Yvette Cauchois. Plusieurs laboratoires sont créés et un « igloo » est construit pour abriter une source de cobalt radioactif. Yvette Cauchois fait également bâtir un bâtiment adapté à l’installation d’un accélérateur d’électrostatique électrons d’une hauteur de 10 mètres. Cette installation permettra d’explorer pendant de nombreuses années les problèmes de physique du solide et de chimie sous rayonnement. Les premiers bâtiments destinés à la recherche en chimie voient le jour : le bâtiment 350 pour la chimie-physique d’abord, puis le bâtiment 410 pour la chimie organique et inorganique.

Avec la nomination au début des années 1960 des pionniers qu’ont été les professeurs J. Jullien en chimie structurale et M. Lacombe en métallurgie, deux axes de la chimie prennent leur essor : la chimie organique et la chimie des matériaux solides. Suivent les arrivées de grands noms de la chimie, qui développent de nouvelles thématiques de recherche : Henri Guérin et Maurice Dodé pour la thermodynamique, Fréon pour la synthèse organométallique ; puis dans les années 70 à 80,  Henri Kagan pour la synthèse asymétrique, Serge David en glycochimie, André Lubineau pour la chimie bioorganique, Olivier Kahn pour la chimie inorganique, L. Salem et O. Eisenstein pour la chimie quantique et enfin Florence Fiquet‐Fayard, spécialiste en radiolyse et réactions élémentaires et processus dissociatifs en phase gazeuse.

A cette époque un laboratoire autonome était développé autour de chaque professeur. Il existait donc plusieurs unités de tailles petites ou moyennes.

L’ICMMO, un « M » puis deux « M »

En 1982, sous l’instigation d’Olivier Kahn, différentes unités de la chimie organique et inorganique se regroupent au sein de l’Institut de Chimie Moléculaire d’Orsay - ICMO (avec un seul « M »). Cette fusion permet la mise en commun d’un plateau technique de niveau international. Même si la molécule est au centre de la recherche de l’ICMO, le développement de thèmes transversaux comme l’interface chimie-biologie ou la catalyse et la spectroscopie permettent l’évolution de la chimie sur le campus d’Orsay.

Aujourd’hui, la chimie à la Faculté des Sciences d’Orsay est structurée en trois grandes unités mixtes de recherche (UMR) associées au CNRS : le Laboratoire de Chimie-Physique (LCP), qui explore divers champs scientifiques aux frontières de la chimie, de la physique et de la biologie. L’Institut des Sciences Moléculaires d’Orsay (ISMO), qui étudie la physique moléculaire et ses applications, les nanosciences et la physique pour la biologie Et enfin l’Institut de Chimie Moléculaire et des Matériaux d’Orsay, l’ICMMO, qui en 2006 double son « M » avec les « matériaux ». Les recherches à l’ICMMO portent alors sur des thèmes transversaux tels que la chimie pour la santé, la chimie pour l'énergie, la chimie pour l'information et la chimie pour l'environnement.


L'anniversaire a été l'occasion d'une pause gourmande. © M. LECOMPT / UPSud

Un avenir prometteur

L’ICMMO est donc une jeune unité avec ses 2 « M », mais sa création repose sur une histoire de plus de 50 ans sur le campus d’Orsay. Il participe fortement au rayonnement de la Faculté des Sciences et de l’Université Paris-Sud et joue aujourd’hui un rôle majeur dans la structuration de la stratégie de recherche à l’Université Paris-Saclay.

L’institut est très impliqué dans le département de chimie, le Labex CHARMMMAT et le Labex LERMIT. Il développe également plusieurs interfaces à travers notamment le Labex NanoSaclay et le département d’Ingénierie électrique, optique et électronique. L’ICMMO accorde beaucoup d’importance à la valorisation, avec l’existence d’un service dédié qui permet d’assurer le transfert de ses résultats de recherche. Il est également fortement impliqué dans la formation au niveau de l’ED Sciences Chimiques, ainsi qu’au niveau de la nouvelle mention de Chimie de Paris-Saclay. Enfin, des liens importants sont développés avec nos partenaires de Saclay comme l’ENS de Cachan, l’X et le CEA mais aussi avec ceux de Paris Centre, indispensable pour préparer l’avenir.

En parlant d’avenir, un nouveau bâtiment digne des ambitions scientifiques de l’ICMMO verra le jour en 2021 !

Dernière modification le 10 novembre 2016