Eco-pâturage : paître, partez

Par Delphine Albert / Publié le 8 avril 2016

Clôtures installées, abris nettoyés, tout est prêt pour les accueillir ! Comme chaque printemps depuis trois ans, le Service Environnement et Paysages a préparé l’arrivée de locataires pas comme les autres. Dès avril, chèvres et vaches investissent le Jardin universitaire et botanique de Launay dans le cadre de la politique de gestion différenciée des espaces évoquant le passé de terre d’élevage et de pâtures du site.


© Service Environnement et Paysage

Expérimenté depuis 2013, l’éco-pâturage s’est avéré être une alternative précieuse à la tonte et au fauchage dans l’entretien de zones semi-naturelles et autres prairies. Respectueuse de l’environnement, cette pratique s’entend comme un pâturage extensif à l’aide d’animaux herbivores (ovins, bovins, caprins) afin d’assurer le maintien ou la restauration d’une flore et d’une faune variées.

L’éco-pâturage revêt ainsi de nombreux intérêts : diminution du coût de gestion (par rapport à deux fauches/an), diversification du travail des agents d’entretien, limitation de plantes pionnières (ronces), lutte contre des espèces invasives. « Afin de contenir la Renouée du Japon (Fallopia japonica), une plante invasive, le broutage par les chèvres s’avère particulièrement efficace. Ces dernières limitent sa propagation en l’empêchant d’accomplir un cycle végétatif complet », explique Céline Riauté, chef du Service Environnement et Paysages.

Cette année encore, l’Université Paris-Sud a renouvelé son partenariat avec l’agriculteur-paysagiste Alain Divo, fondateur de la société Ecoterra, précurseur de l’écopastoralisme en France et ardent défenseur de la sauvegarde des races rustiques (cf. «L’éco-pâturage participe à la conservation de races locales » interview à lire dans la newsletter en téléchargement ci-dessous). En concertation avec l’éleveur, trois sites ont été retenus pour cette saison afin d’accueillir le cheptel de six chèvres et deux vaches, le choix et le nombre d’animaux étant dictés par le profil, la nature et les problématiques écologiques des sites.


© Service Environnement et Paysage

Une parcelle sera confiée aux vaches , près de l’UFR des STAPS (bât. 335), pour l’entretien de la roselière en bordure de l’Yvette. Une Bretonne Pie Noir et une Pie Noir couleur Bleu (ou Glazig), petits gabarits adaptés aux milieux humides, limiteront la repousse de rejets de ligneux qui tendent à assécher le site. A proximité, deux enclos attendent les Chèvres des Fossés avec au menu, broutage de Renouée du Japon et débroussaillage. Même mission pour les terrains situés en contrebas du verger conservatoire René-Nozeran et derrière le château de la Présidence (bât. 300) qui ont vu leur surface s’étendre par rapport à l’an passé. Le cheptel caprin assurera une rotation permanente entre les différents enclos en fonction de la croissance de la végétation.

Réaffirmer la présence de l’animal d’élevage en milieu urbain ou périurbain procède par ailleurs d’un intérêt pédagogique et social non négligeable. « C’est une stratégie très efficace pour revaloriser un espace non fréquenté. Elle a permis de redonner une vocation de promenade à certaines parties du jardin délaissées par les usagers ».

Afin d’assurer une cohabitation heureuse, étudiants, personnels de l’Université et visiteurs seront sensibilisés par le biais de panneaux pédagogiques : informations sur l’écopâturage et règles de bon comportement envers les animaux (respect de leur quiétude et de leur régime alimentaire). Nourri par le succès de ces expériences, le service souhaite poursuivre son approche de l’éco-pâturage en testant le pâturage itinérant de prairies et zones de sous-bois par des moutons accompagnés de leur berger.

Cet article est publié dans le Numéro 2 de l'Echappée Verte, le journal de Service Environnement et Paysage à télécharger ici ou sur la page web du jardin botanique de Launay - jardin universitaire.


© Service Environnement et Paysage

Dernière modification le 8 avril 2016