Deux journées scientifiques en hommage à Jacques Friedel

Par Gaëlle Degrez / Publié le 14 janvier 2016

Le Laboratoire de Physique des Solides et l'Académie des Sciences vont rendre hommage au grand physicien Jacques Friedel, Professeur émérite de l'Université Paris-Sud et scientifique pionnier, disparu en août 2014. Les 25 et 26 janvier 2016, deux journées scientifiques sont organisées sur le thème de « La physique de la matière condensée au XXIème siècle : l'impact de Jacques Friedel.


Photographie de Jacques Friedel. © DR

Par ses travaux scientifiques pionniers, son rôle déterminant lors de la création du Laboratoire de Physique des Solides d’Orsay (LPS) et son impact auprès des nombreux étudiants qu'il a formés, il aura beaucoup contribué à hisser l’Université Paris-Sud parmi les acteurs de premier plan de la recherche mondiale et marqué durablement notre établissement.

Ancien élève de l'École polytechnique et de l'École des Mines, Jacques Friedel a préparé sa thèse de doctorat sur la structure électronique des impuretés dans les métaux à l'université de Bristol, dans le laboratoire de Nevill Francis Mott, de 1949 à 1952. Il s'établit sur le site d'Orsay de la Faculté des Sciences d'Orsay comme professeur de physique des solides et y fonde en 1959, avec André Guinier et Raimond Castaing le Laboratoire de Physique des Solides de la nouvelle Université Paris-Sud, laboratoire que rejoindra deux ans plus tard Pierre-Gilles de Gennes.

« Le plus sûr garant de l’authenticité d’une science est le talent de ceux qui la construisent. » Cette phrase d’Hubert Curien, prononcée à l’occasion de la retraite de Jacques Friedel en 1989, célèbre à bien des égards l’impact de ce grand académicien, disparu il y a un an, sur la physique du solide, devenue physique de la matière condensée.

Qu'est-ce que l'étude de la matière condensée ?

L’étude de la matière condensée est une branche de la physique qui demande, sans doute plus que toute autre, des collaborations étroites entre différentes disciplines et la mise en jeu de plusieurs domaines d’expertises. C’est ainsi que les aspects structuraux et électroniques de la physique et de la chimie du solide sont étroitement imbriqués, tout comme le sont les aspects expérimentaux et théoriques, fondamentaux et appliqués.

Les grands instruments - synchrotrons, réacteurs à neutrons pour l’étude des structures, champs magnétiques intenses, etc. - sont essentiels à la recherche sur la matière condensée, et le soutien constant que Jacques Friedel leur a porté illustre le rôle stimulant qu’il a joué dans les décisions de politique scientifique. Les développements récents, quant à eux, montrent que chaque fois que les conseils de Jacques Friedel ont été suivis, le succès était au rendez-vous.

Les 25 et 26 janvier 2016

Les journées scientifiques du 25 janvier, au Laboratoire de Physique des Solides, et du 26 janvier à l'Académie des Sciences, présenteront à un public large l’état de l’art de sujets tels que l’ordre et le désordre, et l’existence d’impuretés chargées ou magnétiques dans des systèmes extrêmement variés - métalliques, supraconducteurs ou isolants, durs ou mous, macroscopiques ou nanoscopiques -, sur lesquels Jacques Friedel a directement travaillé, mais aussi dans des matériaux nouveaux, dits « exotiques », dont l'exploration fait intervenir des concepts dont il a, il y a longtemps déjà, posé les jalons.

Inscription pour la journée du 25 janvier au LPS
Inscription pour la journée du 26 janvier à l'Académie des Sciences

Contacts :
Les organisateurs : Dominique Chandesris, Hélène Bouchiat, Sylvain Ravy, Denis Jérome
Secrétariat : Sophie Tourlet

Dernière modification le 14 janvier 2016