Réussite en licence : une journée de réflexion introduite par Geneviève Fioraso

Par Caroline Lucas / Publié le 4 juin 2014

Une journée régionale de réflexion sur la réussite en Licence s’est tenue hier, mardi 3 juin 2014, à l'Université Paris-Sud.


© M.LECOMPT/PSud

Organisée par le Service Commun Universitaire d'Information et d'Orientation  (Scuio) de la Maison des Etudes de l’Université Paris-Sud, en lien avec le réseau des SCUIO-IP des 17 universités d’Ïle-de-France, une journée régionale de réflexion sur la réussite en licence a permis à quelques 120 participants de confronter leurs expériences, d’échanger sur les problèmes rencontrés et les solutions mises en œuvre avec comme objectif de mutualiser les bonnes pratiques.

Réussite en licence : une priorité de la loi

En préambule aux débats, Jacques Bittoun, Président de l’Université Paris-Sud, a salué l’initiative d’une telle rencontre et l’importance du travail en réseau sur des problématiques aussi importantes que complexes. Rappelant que Paris-Sud comme d’autres universités, a déjà mis en place un certain nombre de dispositifs pour accompagner ses étudiants tout au long de leur parcours de formation (tutorat, accompagnement personnalisé ou encore possibilités de passerelles), le Président a reconnu que si « les étudiants ont le droit d’entrer à l’université dès lors qu’ils ont le bac en poche, cela ne suffit pas en soi. Il faut qu’ils en sortent avec un diplôme ». Attention néanmoins, a-t-il cependant tenu à prévenir, il ne faut pas que cet objectif soit visé au détriment de la qualité de diplômes validés.


© Gaëlle Degrez

La Secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, Geneviève Fioraso, a ensuite ouvert les débats en rappelant d’emblée que « la réussite en licence a été énoncée comme une priorité de la loi du 22 juillet 2013 et comme une priorité du gouvernement ». Après avoir regretté que « 21% des étudiants sortent de l'enseignement supérieur sans diplôme », la Secrétaire d’Etat a souligné l’importance d’inverser la tendance car «  c'est une exigence pour le parcours individuel de chaque étudiant. C'est aussi une exigence pour notre pays, car dans une société mondialisée de la connaissance, plus les jeunes sont qualifiés, plus on a de chance de développer une économie compétitive et plus ces jeunes ont une chance de trouver une insertion professionnelle. »

Geneviève Fioraso a détaillé un certain nombre de pistes à explorer : mieux gérer l’information sur les formations, notamment dans les filières scientifiques, technologiques et tout particulièrement chez les jeunes filles ; développer la pédagogie numérique et notamment les MOOC ou encore améliorer  les conditions de vie des étudiants, etc. « Nous devons faire en sorte que les jeunes aient tous le désir et la volonté et les conditions de réussir, parce que l'université offre les formations les plus diversifiées, les plus utiles pour leur propre formation d'individu et de citoyen, et pour leur insertion professionnelle » a plaidé Geneviève Fioraso, avant de conclure : « c’est cette vision globale de l’étudiant tout au long de la vie, du lycée, à l’entrée dans l’enseignement supérieur, jusqu’à la sortie et à la formation continue, qui est au coeur de nos priorités et que nous allons amplifier».

L’importance du lien Bac-3/Bac+3

Après ces discours d’introduction, le Président du Conseil Supérieur des programmes, Alain Boissinot est intervenu dans un exposé sur la problématique du lien aujourd’hui insuffisamment tissé entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. Les personnes présentes étaient ensuite conviées à participer à l’un des sept ateliers thématiques proposés. Après un déjeuner convivial organisé au PROTO 204 , la journée s’est poursuivie par une table ronde animée par Anne Aubert, Présidente de la COURROIE .

Analyse des enjeux et des perspectives et partage d’expériences ont nourris de fructueux débats entre Isabelle This Saint-Jean, vice-présidente du Conseil régional d'Ile-de-France en charge de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Guillaume Houzel, Directeur du CNOUS, Baptiste Laget, Président de la FAPS (Fédération des associations de Paris-Sud) et Vice-Président Etudiant de l’Université Paris-Sud, Sandrine Nicourd, Maître de conférences à l’UVSQ, Florent Chenu, chercheur en Sciences de l'éducation à l’Université de Liège et enfin Cécile Lecomte, chargée de mission liaison Lycée-Université et Réussite en licence, et directrice du SOIE de l’Université de Rennes 1. La journée s’est conclue sur une passionnante conférence de François Sarfati, sociologue, chercheur au Centre d’Etudes et de l’Emploi, lors de laquelle il a livré des clés d’analyse des raisons de l’échec en licence, défendant notamment l’idée qu’il ne faut pas se contenter de s’intéresser aux étudiants décrocheurs, il faut aussi s’efforcer plus généralement d’«accrocher » les jeunes à l’université.

70% de réussite en licence à Paris-Sud
A Paris-Sud, près de 70% des étudiants présents aux examens réussissent leur première année de licence. Les taux de réussite ainsi que les taux de présence ou d’ « assiduité » (taux d'étudiants qui se présentent aux épreuves obligatoires) sont variables selon les filières et les formations d’origine.
Retrouver d’autres chiffres clés : http://www.u-psud.fr/fr/lyceens/les_taux_de_reussites.html

 

Dernière modification le 5 juin 2014